M.O.
: Vous avez consacré votre vie au fixateur externe ?
F.B.
: Non, bien sûr, je n'ai pas entièrement consacré ma vie au fixateur
externe, mais je m'y suis intéressé depuis le début des années 60, à
une époque où ce matériel était très peu utilisé. Le fixateur externe
est un excellent moyen de communication entre l'os et le monde extérieur,
propice à certaines mesures. C'est ce qui nous a intéressé.
Nous voulions
mesurer la consolidation des fractures et nous avons commencé, en 1965,
une étude en posant une jauge de contrainte sur une barre de fixateur
de Hoffmann. La jauge de contrainte est un système qui permet de mesurer
une déformation. Pour une sollicitation mécanique donnée, la déformation
de la barre est proportionnelle à la consolidation de la fracture :
si la barre pour un effort donné ce jour, le poids du membre par exemple,
se déforme moins que la semaine ou les deux semaines précédentes, cela
signifie que la fracture a progressé en qualité mécanique. Nous avons
développé ce système qui a été, en 1976, le thème principal de notre
thèse.
Cette recherche
nous a conduit à étudier la mécanique du fixateur externe, réservé à
l'époque aux fractures ouvertes ou aux fractures très comminutives.
Cette étude nous a incité à l'utiliser aussi pour des fractures plus
simples. Contrairement aux idées bien ancrées, la fixation externe,
si elle est utilisée selon certains principes mécaniques, nous avons
pu nous en rendre compte, n'est pas responsable de retards de consolidation
ou de pseudarthroses. Elle permet, au contraire, une consolidation rapide,
avec cal périosté. Nous l'avons utilisée au départ pour des fractures
diaphysaires du tibia, ensuite pour des fractures de l'humérus, de l'avant-bras,
du bassin, parfois du fémur et, depuis le milieu des années 1970, nous
l'avons utilisée au niveau du poignet et de la main.
M.O.
: Au départ, aviez-vous des reproches à faire à la plaque vissée et
au clou ?
F.B.
: Nous n'avons aucun grief contre la plaque ni contre le clou mais,
simplement, ils ne permettaient pas de faire les mesures de consolidation
osseuse que nous souhaitions faire. C'est pour cette raison que nous
sommes venu à la fixation externe qui nous a conduit à d'excellent résultats.
Nous nous sommes rendu compte très vite que la fixation externe pouvait
être utilisée tout aussi bien qu'une plaque ou que tout autre matériel
de fixation.
M.O.
: Il y a quand même beaucoup d'avantages à utiliser les systèmes d'ostéosynthèse
interne...
F.B.
: Oui, mais il y a aussi les partisans du plâtre. Il y a des partisans
du clou, et des partisans des plaques et des vis. Nous avons fréquenté
l'école française de Merle d'Aubigné en 1968-69 où la tendance était
à l'enclouage. Nous avons eu de grosses discussions avec l'école suisse
qui, à l'époque, défendait les plaques. Bien qu'à Bruxelles nous soyons
à l'école du cal primaire, avec Robert Danis, nous avons constaté que
les plaques posaient des problèmes, notamment de refracture et de résorption
osseuse sous l'implant. Notre intention était d'obtenir un cal périosté,
et pour cela de construire un montage dont nous pouvions contrôler la
rigidité, ce qui n'est possible ni avec une plaque ni avec un clou.
Différentes écoles représentent différentes tendances, nous avons décidé
de développer la fixation externe.
M.O.
: Vous étiez déjà sensible aux problèmes de rigidité des montages ?
F.B.
: Oui et non. Tout au début oui, lors de notre étude mécanique du fixateur
externe. Nous avons constaté qu'en changeant très peu les caractéristiques
du montage nous améliorions considérablement la rigidité, passant d'une
mobilité facteur 50 à un facteur 5. Ensuite, en augmentant le nombre
de composants du fixateur externe, comme le fera plus tard l'école de
Montpellier, le gain de rigidité devenait minime, passant d'un facteur
5 à un facteur 2, mais suffisant pour empêcher la formation périostée.
Cela dit,
on discutait encore très peu de problèmes de rigidité à l'époque. C'est
seulement au début des années 70 que nous avons été confronté aux résultats
de l'école suisse et nous avons constaté que les résultats que nous
obtenions avec la fixation externe et la consolidation périostée pouvaient
être supérieurs à la consolidation primaire obtenue avec des plaques.
C'est essentiellement une comparaison fixations externes plaques que
nous avons réalisé ou plus exactement montage élastique versus montage
rigide, et son effet sur la consolidation de la fracture. Le résultat
nous a encouragé à poursuivre les techniques de fixation externe, suivant
le mode élastique.
M.O.
: Néanmoins la surveillance clinique d'un fixateur externe est plus
compliquée que celle d'une d'ostéosynthèse interne...
F.B.
: C'est possible, mais cela ne nous a posé aucun problème particulier.
Nous avons envisagé très tôt, à la fin des années 60, l'organisation
d'une consultation de suivi des patients porteurs de fixateur externe,
toutes les deux semaines. Elle a pour but de contrôler l'aspect des
fiches et, une fois par mois, la consolidation radiologique. Cette approche
nous a permis de maîtriser très bien le problème. En 1974 nous avons
commencé une étude prospective sur la tolérance des fiches, qui a récolté
12 ou 13 mille observations, selon un premier protocole. Cette étude
n'a pas montré de problème majeur lié à l'utilisation des fiches. En
1983, nous avons changé le protocole d'étude clinique et nous avons
réuni quelques sept mille observations de fiches. Encore une fois les
problèmes liés aux fiches ne sont pas apparus insurmontables. Cette
étude est présentée dans la thèse de Yves Andrianne, en 1993.
En 1983
aussi, avec les usines Jaquet Orthopédie de Genève, nous avons réalisé
une étude expérimentale qui a conduit à la réalisation de nouveaux types
d'implants qui sont les fiches Apex®. C'est un exemple de
collaboration Industrie-Université, tel que recommandé à ce jour par
la Communauté Européenne.
Nous avons
pu montrer que ces fiches aux caractéristiques mécaniques de coupe très
améliorées, ont entraîné une amélioration significative du résultat
clinique global et de la tenue osseuse mais pas de l'infection. Il semble
que l'infection dépende plus du patient ou du chirurgien que de la fiche
elle-même. C'est à dire qu'il y a d'une part des patients qui développent
de manière aléatoire une infection de fiche, qui se traite très bien.
D'autre part certains patients développent une infection de toutes leurs
fiches. Il s'agit probablement alors soit d'un problème de suivi chirurgical,
soit d'un problème d'hygiène du patient.
Pour résumer,
nous nous sommes beaucoup intéressés au problème des fiches qui nécessite
un suivi particulier, tous les 15 jours ou tous les mois, avec des recommandations
aux patients. Dans l'ensemble deux pour-cent de patients requièrent
une nouvelle hospitalisation, pour des problèmes de fiche.
M.O.
: Avez-vous connaissance de travaux sur la jonction fiche-peau ?
F.B.
: Des revêtements d'argent ont été essayés sans que, à notre connaissance,
les résultats ne soient significatifs. Des revêtements d'hydroxyapatite
sont utilisés, chez l'animal avec peut-être des résultats, mais ces
implants ne sont pas largement utilisés en clinique. Nous avons pensé
à un certain moment à des dérivés ammoniaqués pour un revêtement de
fiche mais les études sont restées au stade expérimental et n'ont jamais
été exploitées.
M.O.
: Que pensez-vous de l'encombrement spatial du fixateur externe par
rapport à l'ostéosynthèse interne ?
F.B.
: C'est un problème qui nous a interpellé évidemment. Nous avons à ce
propos conduit une étude avec un psychologue et une infirmière. Il apparaît
que le patient est plus préoccupé par son accident et sa fracture que
par son fixateur externe. Par contre la famille, les proches du patient
sont relativement impressionnés.
Bien sûr,
certains patients rejettent leur traitement, quel qu'il soit. Mais ils
ne peuvent pas retirer leur clou ou leur plaque. Par contre ils peuvent
s'attaquer à un plâtre ou à un fixateur externe.
Le poids
des montages a une importance qui est bien apparue lors d'une étude
comparative entre le Hoffmann classique et le Hoffmann II qui est plus
léger, parce que construit en partie en aluminium et utilisé avec des
barres en carbone.
M.O.
: Certains patients doivent être inhibés par leur appareil...
F.B.
: Une mobilisation précoce et des articulations du membre est entreprise
le plus tôt possible. Il peut arriver qu'un patient ait très "peur"
du membre fracturé et évite de le bouger. Il est certain que si on ne
mobilise pas une jambe ostéosynthésée, si on ne mobilise pas la cheville,
si on ne mobilise pas le genou, le retour veineux, la circulation, seront
diminués. La stase va provoquer une certaine acidification du foyer
de fracture. Une mauvaise circulation sanguine peut favoriser le retard
de consolidation, voire une pseudarthrose. Cette complication n'est
pas propre à la fixation externe et peut s'observer avec tous les systèmes
de traitement.
M.O.
: Que pensez-vous du phénomène Ilizarov ?
F.B.
: Il faut distinguer le concept d'Ilizarov et la fixation externe circulaire.
J'ai rencontré à plusieurs reprises Ilizarov avec qui j'ai eu d'excellents
contacts. Laissez-moi vous raconter deux anecdotes amusantes ! En 1977,
à Budapest, j'ai souhaité poser une question à la fin d'une conférence
d'Ilizarov. Aussitôt un des organisateurs m'a dit : "Monsieur Burny
ici il est préférable de ne pas poser de question". Plus tard, à Cuba,
en 1986 j'ai levé le bras pour poser une question et Ilizarov d'enchaîner
immédiatement : "Puisqu'il n'y a pas de question, on clôture la séance".
Il n'empêche qu'en privé nous sympathisions.
Monsieur
Ilizarov a eu l'idée géniale de l'ostéogenèse en distraction, personne
ne le contestera. Beaucoup de chirurgiens et de chercheurs ont cru que
l'os ne se développait que soumis à des contraintes de compression,
dans des conditions mécaniques particulières. Je crois qu'il est le
premier à avoir montré de façon évidente, en clinique, que l'os pouvait
se former en distraction. C'est un apport très original mais qui ne
nécessite pas une fixation circulaire. Nous faisons la même chose avec
un cadre unilatéral.
On peut
penser au "phénomène" fixateur circulaire comme à un phénomène de mode.
Le plus souvent le fixateur externe circulaire ne sert souvent à rien
si ce n'est à encombrer le patient sans, pour nous, apporter d'avantage
significatif. Nous n'utilisons pas de fixations circulaires dans le
service ; nous en avons quelques-uns dans le musée.
M.O.
: N'êtes vous pas un peu sévère ?
F.B.
: Je connais bien les systèmes russes, presque tous circulaires. Avant
le système Ilizarov, un des plus connus était le fixateur de Volkov-Oganesyan.
Le Volkov était circulaire, l'Ilizarov est circulaire, le Kalnberz est
circulaire. Kalnberz comparait d'ailleurs le Hoffmann à la Rolls-Royce
et projetait en congrès une diapositive de lui-même dans une Rolls-Royce.
Son fixateur était comparé à une robuste Lada, avec la photo d'un assistant
au volant.
M.O.
: Pourquoi avoir choisi au début le Hoffmann ?
F.B.
: La fixation externe est pratiquement née en Belgique avec Albin Lambotte,
qui a développé le premier fixateur externe d'application courante,
en 1902. Quand la première réunion sur la fixation externe a été organisée,
en 1965, à l'Hôpital Brugmann, le fixateur de Lambotte était encore
couramment utilisé en Belgique. Le Hoffmann n'a été introduit chez nous
qu'en 1958, le seul fixateur externe "moderne" présent en Belgique.
M.O.
: Mais progressivement, d'autres options sur la fixation externe sont
apparues ; pourquoi êtes-vous resté fidèle à la vôtre ?
F.B.
: Je ne suis pas tout à fait d'accord. Jusqu'en 1980 il y avait très
peu d'autres options. Après 1980 on a vu fleurir les fixateurs externes,
en raison du succès du Hoffmann. Beaucoup de ces fixateurs externes
étaient moins performants que le fixateur de Hoffmann. Je ne vois pas
pourquoi changer, même s'il y a aujourd'hui, comme c'est vraisemblable,
des fixateurs équivalents au Hoffmann sur le marché.
M.O.
: Qu'est-ce qui vous a séduit dans le Hoffmann ?
F.B.
: Sa polyvalence s'est encore améliorée avec le Hoffmann II. Les matériaux
utilisés dans le Hoffmann classique n'étaient pas aussi performants
que les matériaux actuels. Le Hoffmann II permet plus de liberté, étant
moins limité au niveau des articulations et des étaux.
Je suis
bien sûr contre les fixateurs externes type monotube, difficiles d'utilisation
au voisinage d'une articulation, qui nécessitent une pré-réduction,
qui sont beaucoup trop volumineux et qui coûtent très cher. Le fixateur
de Hoffmann, que ce soit l'ancien ou le nouveau, permet n'importe quel
type de montage, et donne droit à l'erreur. Si le chef de clinique ou
l'interne n'aligne pas tout à fait bien les fragments en urgence, le
lendemain la réduction peut être améliorée sans difficulté. Le Hoffmann
II offre tous les degrés de liberté. Je n'aime pas du tout qu'on réduise
ma liberté et je suis contre les contraintes que le matériel va m'imposer
!
M.O.
: Que vous apporte de plus le Hoffmann II ?
F.B.
: C'est la continuation du Hoffmann original, qui ne modifie pas la
conception que nous avons de la fixation externe, sa prolongation par
quelques possibilités nouvelles qui sont agréables et efficaces. Ce
que l'on appelle les "clics" a particulièrement facilité le maniement
des barres et des fiches indépendantes. Grâce à leur mécanisme d'encliquetage
par ressort, les assemblages sont modifiables, sans nécessité de démontage
complet. Les barres ont acquis de plus amples possibilités de mouvement,
les fiches Apex® sont plus simples à implanter et plus performantes,
l'ensemble du montage est plus léger.
M.O.
: Est-ce que le débat sur la rigidité des synthèses il y a 20 ans se
posait dans les mêmes termes qu'aujourd'hui ?
F.B.
: Il ne me semble pas. La rigidité d'un montage est une notion qui a
été introduite par les travaux de Robert Danis et de l'école suisse
qui recherchaient le cal primaire, l'apparition de cal périosté étant
considérée comme un échec. L'école suisse a imposé ses vues pendant
longtemps et a convaincu beaucoup de monde. Vous devez vous souvenir
qu'il y a vingt ans, il fallait que tout soit rigide. Aux chirurgiens
utilisant la fixation externe, on disait : "elle doit être rigide",
pour favoriser la consolidation. D'où l'utilisation des "double cadres"
et les montages en chalet suisse chers à l'école de Montpellier. Ils
ne nous paraissent justifiés ni d'un point de vue théorique, ni expérimental,
ni surtout clinique. On peut admettre à la rigueur de la rigidité avec
une plaque qui peut rester implantée plusieurs années. Mais le fixateur
externe, lui, ne peut rester implanté ; il faut l'enlever ! Nous avons
besoin de cal périosté.
En situation
très rigide, tout se passe comme si l'os ne comprenait pas qu'il est
cassé. Il va se remanier à son rythme, c'est à dire lentement. En plus
il va se résorber parce qu'il est peu sollicité mécaniquement. A l'ablation
du fixateur externe la fracture ne sera pas ou mal consolidée. C'est
ainsi qu'on a accusé le fixateur externe d'être responsable de pseudarthroses
alors qu'en réalité c'est le chirurgien qui a induit la pseudarthrose
en construisant un montage trop rigide. J'en suis convaincu après avoir
observé en clinique et dans la littérature, sur un grand nombre de patients,
que la fracture consolide plus vite sous un montage élastique qu'avec
une fixation par plaque.
Je voudrais
à ce propos insister sur la différence qu'il y a entre stabilité et
rigidité. Très souvent les chirurgiens confondent ces deux notions.
La stabilité permet lors d'une mise en charge raisonnable, le maintien
de la géométrie imposée par le chirurgien lors de la réduction de la
fracture. Il est important, en clinique, de définir la stabilité d'une
synthèse qui va empêcher le collapsus du système lors de sa mise en
charge. Le degré d'élasticité, l'inverse de la rigidité, va permettre
certains micro-mouvements au foyer de fracture, stimuler le périoste
et être à l'origine du cal périosté.
M.O.
: Quand est-ce qu'un montage est trop rigide ou trop élastique ?
F.B.
: On ne peut pas chiffrer l'élasticité désirable pour un foyer de fracture.
Des notions empiriques, l'observation clinique, ont démontré que certaines
configurations permettent le développement d'un cal périosté et que
d'autres configurations, comme les cadres multiples ou les plaques à
compression, retardent l'apparition du cal. La consolidation étant un
problème plurifactoriel, il nous est impossible de prévoir avec certitude
comment elle va évoluer.
M.O.
: Quelle est l'activité de votre service en dehors du fixateur externe
?
F.B.
: L'activité du service est assez polyvalente et concerne la traumatologie,
la chirurgie de la main, du rachis, les remplacements prothétiques et
la chirurgie pédiatrique. La fixation externe représente 10 % environ
de l'activité chirurgicale du service. C'est-à-dire que nous posons
250 fixateurs par an, en traumatologie ou en orthopédie pour certaines
arthrodèses par exemple.
M.O.
: Et vous, que faites-vous particulièrement ?
F.B.
: J'ai à l'origine une formation de chirurgie générale. J'ai beaucoup
fait de traumatologie. Je fais beaucoup trop d'administration, mais
aussi de la recherche, de l'enseignement et au niveau orthopédique,
de la prothèse, peu de rachis et peu d'orthopédie infantile.
M.O.
: Avez-vous fait toute votre carrière à Erasme ?
F.B.
: Avant d'être affecté à l'hôpital Erasme en 1977, je travaillais à
l'hôpital Brugmann, en chirurgie générale, avec déjà une orientation
orthopédie-traumatologie très marquée.
L'hôpital
Erasme est le premier hôpital académique de l'Université Libre de Bruxelles.
Il dispose d'environ 900 lits, dont 60 lits d'orthopédie-traumatologie.
L'hôpital d'Erasme est un hôpital jeune. Il a été pensé vers les années
1968-69 et inauguré le 3 octobre 1977. D'autres hôpitaux universitaires
sont l'hôpital Brugmann, l'hôpital Saint-Pierre, et l'Institut Jules
Bordet, le centre des tumeurs de l'Université. Il y a par ailleurs un
réseau d'hôpitaux de stage non universitaires, mais comptant des lits
universitaires. Je n'irai pas plus loin dans cette tentative d'explication
de notre système belge !
M.O.
: Donc vous avez un recul d'environ 20 ans sur votre activité de traumatologie...
F.B.
: Un peu plus car nous avons conservé certains dossiers de l'hôpital
Brugmann, en particulier tous les dossiers de fixation externe, qui
ont été posés depuis le début des années 60, jusqu'en 1980.
M.O.
: Comment nettoyez-vous les fiches de fixateurs ?
F.B.
: Après mise en place du fixateur, il est normal d'observer un léger
saignement qui ira en diminuant. Un écoulement de liquide clair (sérosités)
peut persister. En postopératoire, on entoure une compresse sèche autour
des fiches. Il faut surveiller journellement l'état des compresses,
pour éviter tout durcissement pouvant être responsable d'escarre au
bout d'un certain temps. Dès que les orifices de fiches sont fermés,
le bain, la douche sont autorisés de même que la natation.
Des soins
de fiches journaliers sont indispensables pour éviter toute infection
; ils sont réalisés une fois par jour. Les croûtes doivent être ôtées
pour permettre le libre écoulement des sérosités. Si un écoulement persiste
un frottis sera réalisé, pour analyse. Il y a lieu aussi de nettoyer
le montage métallique.
M.O.
: Où est-ce que les patients se baignent quand ils ont un fixateur ?
F.B.
: Dans une piscine ou dans la mer, aucun problème. J'ai un gars qui
a fait de la planche à voile avec son fixateur externe. Je recommande
à mes patients de se laver et de sécher ensuite les orifices de fiches
avec de l'alcool. Pas de bétadine, pas d'iode qui peuvent entraîner
des réactions cutanées.
Maïtrise
Orthopédique n°85 - Juillet 1999