Michael
Saleh exerce à lhôpital Universitaire de Sheffield en Angleterre.
Il sest beaucoup investi dans létude de la fixation externe
en traumatologie des membres.
A partir du concept dIlizarov, il a été amené à
développer un dispositif
qui cumulerait les avantages biomécaniques des systèmes existants
: le fixateur de Sheffield.
M.O.
: Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la fixation externe ?
M.S. : J'étais
en formation chez Monsieur John Sharrard qui par la suite est devenu Professeur
d'Orthopédie Pédiatrique. Personne à Sheffield n'était particulièrement intéressé
par la fixation externe et John au cours de l'un de ses nombreux voyages à l'étranger
découvrit le fixateur Orthofix. C'était lors d'une visite à Vérone où il avait
été impressionné par le fait que des patients étaient capables de déambuler
dans les rues avec ce fixateur. A son retour il a manifesté le souhait que l'un
de ses Chefs de Clinique se consacre à cette technique. C'est ainsi que j'ai
été impliqué dans ce domaine et comme c'est souvent le cas, il s'agit d'une
simple coïncidence.
M.O.
: Quelle méthode d'ostéosynthèse courante utilisiez-vous alors ?
M.S. : Nous commencions
tout juste à utiliser l'enclouage intra-médullaire pour les fractures de jambe
et nous sortions d'une longue période d'utilisation de plaque vissée. Dans l'ensemble
nous étions très conservateurs à Sheffield et nos maîtres nous recommandaient
d'utiliser un plâtre chaque fois que possible. En ce qui me concerne, je venais
de Dundee en Ecosse où il y avait une solide école de biomécanique et le concept
de fixation externe est une application logique de la biomécanique.
M.O.
: Avez-vous profité de l'expérience de l'école italienne de Vérone ?
M.S. : Effectivement.
Deux chirurgiens de Vérone nous ont bientôt visité et je me suis lié d'amitié
avec eux. Puis je suis moi-même allé passer quelque temps chez eux. J'ai été
très étonné par la rapidité avec laquelle ils traitaient des traumatismes complexes
grâce à ce fixateur externe. A titre de comparaison ils faisaient à Vérone en
3 heures ce qui nous aurait pris une journée entière à Sheffield.
M.O.
: Et quels résultats avez-vous obtenus avec cette technique ?
M.S. : Des résultats
très satisfaisants. Bien entendu, comme avec toute nouvelle technique, l'expérience
venant, on commence à se rendre compte des limites de la méthode mais précisément,
ce qui rend l'orthopédie passionnante c'est ce besoin constant de repousser
les limites. Ainsi, quand je suis devenu chirurgien titulaire et que j'ai pu
utiliser cette méthode pour autre chose que la traumatologie fraîche, c'est-à-dire
pour ce que nous appelons la chirurgie reconstructrice qui comprend les pseudarthroses,
les cals vicieux et les raccourcissements, j'ai ressenti le besoin de dispositifs
nouveaux.
M.O.
: Vous appliquiez la fixation externe dans tous les cas ?
M.S. : Non, nous
avions des indications sélectives. Mais compte tenu du fait que dans mon recrutement
de pseudarthrose, 60% étaient suppurées, il est évident que j'étais plus enclin
à recourir à la fixation externe plutôt qu'interne. Globalement et de manière
assez constante, je fais une fixation interne pour deux fixations externes.
M.O.
: On a beaucoup reproché au fixateur externe de favoriser les pseudarthroses...
M.S. : Oui et
c'est pourquoi j'étais très intéressé par ce que De Bastiani appelait la dynamisation
de son fixateur. Nous pourrions aujourd'hui contester son approche théorique
mais il n'y a pas de doute que le système marche et qu'il n’y a finalement qu'un
faible pourcentage de pseudarthrose. Les détracteurs du fixateur externe n'en
ont pas une grande expérience et l'utilisent dans les pires situations ce qui
inévitablement les renforcent dans leurs convictions. Mais cette situation est
en train de changer et dans les cas difficiles, les chirurgiens ont aujourd'hui
tendance à adresser le patient à un collègue qui s'est spécialisé dans ce domaine.
M.O.
: Vous sembliez satisfait du fixateur de De Bastiani ; pour quelles raisons
avez-vous changé ?
M.S. : C'est le
fruit d'un certain nombre d'observations. Lorsque j'ai été confronté avec la
méthode d'Ilizarov j'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'une méthode archaïque
et plutôt sévère pour les patients. Mais Ilizarov réussissait avec ses broches
sous tension des choses que nous ne pouvions pas obtenir avec le fixateur monolatéral.
Nous avions avec nos fiches une très mauvaise prise métaphysaire sur des os
porotiques. Il est donc apparu évident qu'il fallait utiliser le système circulaire
et de nombreux systèmes dérivés du principe d'Ilizarov ont été commercialisés.
En France on peut citer le Séquoia. Avec l'expérience clinique, les avantages
et les faiblesses des appareils monotubes de type Orthofix et ceux circulaires
de type Ilizarov sont devenus patents et plusieurs chirurgiens ont eu l'idée
de combiner les avantages des deux méthodes. C'est ce qui a donné naissance
aux fixateurs hybrides qui combinaient les broches et les fiches.
M.O.
: En France, il semble qu'il y ait eu des déceptions avec la méthode d'Ilizarov...
M.S. : En Grande-Bretagne
la fixation interne est préférée chaque fois que possible mais ce n'est pas
toujours possible. Lorsqu'une déformation nécessite une correction très progressive,
quand il faut prendre une articulation et quand il y a infection, la fixation
interne donne de mauvais résultats et c'est particulièrement vrai pour les clous
dans les lésions métaphysaires.
M.O.
: Pensez-vous que ce genre de méthode doit être réservé à certains centres spécialisés
?
M.S. : Cela a
été la tendance jusque récemment mais la situation change car nous voyons de
plus en plus de traumatismes à haute énergie, de plus en plus de pertes de substances
et de lésions juxta-articulaires. A Sheffield où la campagne environnante est
très agréable, il y a beaucoup de randonneurs et de grimpeurs le week-end et
les chutes avec fracture complexe du pilon tibial ne sont pas rares. Autrefois
ils auraient été réparés par une fixation interne et avec de gros problèmes
cutanés. A présent nous pouvons les prendre en charge de manière à ce qu'il
n'y ait pratiquement aucun problème infectieux et tout cela grâce aux abords
percutanés et à de bonnes techniques de fixation externe. Les résultats sont
de cette façon tellement satisfaisants que cela doit devenir la méthode de base
et que tous les hôpitaux généraux confrontés à la traumatologie devraient les
appliquer et non uniquement les centres spécialisés.
M.O.
: Où avez-vous appris la méthode d'Ilizarov ?
M.S. : J'ai essayé
sa méthode tout seul sur quatre cas puis j'ai été à Kurgan passer deux semaines
dans le centre où Ilizarov travaillait. Plus tard j'ai passé quelque temps à
Brive dans le centre de la France avec Jean-Marie Hardy et j'ai été tellement
impressionné par son travail que je l'ai invité chez nous. J'ai aussi visité
Spinelli à Rome. J'ai donc tiré des enseignements de tous ces centres.
M.O.
: Combien de temps cela vous a pris pour venir au fixateur hybride ?
M.S. : Assez longtemps.
J'ai commencé à utiliser le système monolatéral d'Orthofix en 1987 et les anneaux
d'Ilizarov en 1988. En pratique, en cours d'utilisation de chacun des systèmes,
il m'arrivait de regretter de ne pas disposer des avantages de l'autre. Jusqu'au
jour où j'ai réalisé que l'on pouvait combiner les deux harmonieusement. Les
broches étaient plus performantes au niveau métaphysaire mais pas faciles à
placer au niveau diaphysaire. L'efficacité des broches est liée à leur angle
de croisement qui doit être suffisamment grand ce qui est difficile à réaliser
en toute sécurité à la partie moyenne de la jambe. De plus, les broches placées
au niveau diaphysaire sont souvent en conflit avec les muscles. En revanche
les fiches de 6mm de l'Orthofix étaient bien tolérées en diaphysaire parfois
jusqu'à 18 mois sans lâcher prise. On avait donc le cahier des charges suivant
: les broches qui marchent bien en métaphysaire et les fiches qui marchent bien
en diaphysaire. Beaucoup de chirurgien ont dû arriver à la même conclusion si
l'on en croit le nombre de système hybride qui ont vu le jour.
M.O.
: Pourquoi dites-vous que les broches sont plus efficaces en zone métaphysaire
que les fiches ?
M.S. : J'ai réalisé
cela à la suite du cas clinique suivant. Nous avions une femme hospitalisée
depuis 18 mois avec une fracture fémorale distale et j'avais demandé à Jean-Marie
Hardy de m'assister pour lui poser un fixateur externe Séquoia. A la pose de
la première broche, je me suis rendu compte qu'elle entrait dans l'os pratiquement
sans faire tourner le moteur. J'ai dit à Jean-Marie "Ca ne marchera pas et il
m'a répondu "Attends un peu, mets les broches en tension et tu verras. "C'est
ce que nous avons fait et nous avons placé quatre broches fémorales distales.
Deux jours après cette femme marchait et elle a consolidé sa pseudarthrose en
quatre mois. C'est ainsi que je me suis interrogé sur l'efficacité des broches
et les ingénieurs que j'ai interrogé sur la question n'avaient pas d'explications
satisfaisantes et au contraire, prétendaient que les fiches de 6 mm devaient
faire mieux que les broches.
M.O.
: Qu'en pensez-vous ?
M.S. : Nous avons
avancé sur la question. La fiche a une très forte prise sur un os cortical diaphysaire,
mais placée dans un environnement de type "cellulaire" comme c'est le cas dans
l'os spongieux métaphysaire sa prise est médiocre. En plus de cette prise médiocre,
la fiche d'un fixateur de type monolatéral est soumise à de très fortes contraintes
en porte-à-faux. Sous l'effet de sollicitations répétitives elle finit par lâcher
prise. Au contraire, une broche transfixiante reliée de chaque côté à un anneau,
réparti de façon plus homogène les contraintes et son module d'élasticité est
plus proche de celui de l'os métaphysaire. Il y a donc avec les broches une
plus grande compliance entre l'os et le métal et le montage est plus performant.
Le problème c'est
que lorsque vous associez les fiches sur tube à des broches sur anneaux le dispositif
global ne donne pas toujours de bons résultats et c'est ce que nous voulions
éviter. Nous voulions que les contraintes soient transmises de façon homogène
de part et d'autre du foyer de fracture. Et nous sommes arrivés à la conclusion
que le seul moyen que nous avions d'y parvenir c'est d'avoir des anneaux dans
les deux cas : pour fixer les broches et pour fixer les fiches. C'est notre
véritable innovation et c'est la raison d'être du Fixateur Hybride de Sheffield.
M.O.
: Mais pourquoi un dispositif avec anneau métaphysaire relié par deux barres
à des fiches diaphysaires ne donnent-ils pas satisfaction ?
M.S. : Nous avons
fait toute une série d'études biomécaniques comparatives de différents montages.
Parmi toutes les variantes mises au banc d'essai il y avait en particulier un
montage Ilizarov idéal et un montage Sheffield hybride. Le montage Ilizarov
idéal comportait quatre anneaux et des broches placées entre elles parfaitement
à angle droit d'une façon impossible à faire en clinique en raison des risques.
Le montage Sheffield hybride comprenait un anneau métaphysaire avec broches
et un anneau diaphysaire avec fiches, les deux anneaux étant solidarisés par
des haubans. Dans les autres systèmes hybrides, l'anneau métaphysaire était
relié aux fiches diaphysaires par différentes dispositions de barres. Il est
apparu que l'Ilizarov idéal et le Sheffield hybride se démarquaient de tous
les autres montages. Les autres lorsqu'ils étaient mis en charge axiale présentaient
une déformation angulaire qui était le reflet de contraintes en porte-à-faux.
L'Ilizarov idéal et le Sheffield hybride ne présentaient aucune bascule lors
de la mise en charge et manifestaient au contraire une répartition homogène
des contraintes que nous qualifions de contraintes en faisceau. Ainsi les systèmes
hybrides qui relient les broches métaphysaires à des fiches diaphysaires par
des tubes ou des barres obliques n'échappent pas aux contraintes en porte-à-faux.
M.O.
: Et en pratique
clinique ?
M.S. : C'est tout
à fait concordant. Les patients qui avaient eu d'autres fixateurs avant le Sheffield
nous disaient que ce dernier était moins lourd. Cela nous a troublé au début
car les poids étaient identiques mais en fait la meilleure répartition des contraintes
donne une impression de légèreté et de plus grand confort.
M.O.
: Vous pensez que les bons résultats cliniques sont liés à une meilleure répartition
des contraintes ?
M.S. : Dans les
fixateurs classiques, le montage peut-être tellement rigide que toutes les contraintes
passent dans le cadre et qu'il n'y a aucune stimulation du foyer de fracture.
Cependant les montages de type Ilizarov peuvent être également très rigides
et néanmoins parfaitement consolider. Cette rigidité de l'Ilizarov semble liée
à la déformation des broches. Plus le montage est en charge et plus les broches
ont tendance à se déformer et ceci provoque une augmentation de rigidité de
système et une plus grande stabilité de la fracture. C'est ce que nous appelons
l'auto-rigidité. Le problème est de savoir quelle est la bonne dose de rigidité.
Il est possible que dans les montages de type Ilizarov, dans la mesure où la
rigidité augmente avec la charge, il y ait une régulation de type feed-back
qui fait régler au patient, à son insu, la charge qui passe par le foyer de
fracture. En tout cas, expérimentalement, seuls les montages de type Ilizarov
et Sheffield manifestent cet effet d'auto-rigidité qui n'existe pas avec les
autres systèmes hybrides. Avec les autres systèmes hybrides la rigidité diminue
avec la charge. En fait, la magie de l'Ilizarov repose à mon avis, sur la répartition homogène des
contraintes, c'est-à-dire en faisceau, et sur l'effet d'auto-rigidité du montage.
M.O.
: Que pensez-vous des "ascenseurs" ?
M.S. : Vous voulez
parler des transferts osseux ? C'est une technique qui dérive des concepts d'Ilizarov
sur les allongements de membre. Puisque l'on peut allonger les os en les distractants
pourquoi ne pas appliquer ce principe pour combler les pertes de substance osseuse
d'un membre ? Par comparaison aux autres possibilités, cette méthode est très
attrayante et a soulevé beaucoup d'enthousiasme, mais la maîtrise d'une telle
technique est longue. Je m'y suis consacré et je l'utilise comme méthode de
sauvetage dans des situations cliniques qui auparavant auraient conduit à l'amputation.
M.O.
: Avez-vous connu Ilizarov ?
M.S. : Je l'ai
rencontré à maintes reprises. D'abord à l'occasion de congrès internationaux
où je n'étais pas près à accepter les choses étonnantes qu'il nous montrait.
Puis à Kurgan où c'était plus convaincant de le voir dans son hôpital. Je me
rappelle particulièrement les journées opératoires quand tous les blocs fonctionnaient
avec Ilizarov qui n'opérait pas lui-même mais qui allait de salle en salle donner
des conseils. Il approuvait souvent avec des "Da, da" mais il y avait aussi
des "Niet, niet" devant des montages tantôt trop chargés tantôt insuffisants.
Il avait un charisme et semblait comprendre instantanément la nature du problème
et sa solution. Quand j'y pense avec le recul, je réalise à quel point les montages
instables à l'origine d'infection sur broches, ont été responsables de la mauvaise
réputation du fixateur externe. Si l'on maîtrise les choses aussi bien qu'Ilizarov
le faisait, les montages sont stables et les infections sur broches deviennent
rares.
M.O.
: Avez-vous eu la confirmation de tout ce qu'Ilizarov présentait à ces congrès
?
M.S. : J'ai vu
pas mal de cas cliniques qui confirmaient ses présentations orales lors des
congrès européens. J'ai également vu des travaux expérimentaux de haut niveau
qui auraient mérité d'être publiés dans la presse médicale occidentale. Cela
dit, les conditions d'exercice en Sibérie sont particulières et pas toujours
transposables à nos pays. Les cadres de fixateur étaient souvent sources de
douleurs ; les patients restaient très longtemps à l'hôpital et pratiquaient
une sorte de thérapie de groupe avec des exercices en commun, adulte et enfant,
permettant de supporter leur appareil. Je ne pense pas que nos patients, à domicile,
pourraient supporter la même situation.
M.O.
: Vous n'avez pas de problème de tolérance avec le Sheffield ?
M.S. : Nous avons rapidement constaté avec notre fixateur que les patients utilisaient
moins d'antalgiques qu'avec les cadres d'Ilizarov et cela est sûrement lié aux
fiches diaphysaires qui ne transfixient pas les muscles. Puis nous avons eu
des patients qui faisaient du vélo avec leur montage et qui ne s'en plaignaient
pas. L'un d'eux revint me voir six semaines après en me disant que j'allais
le gronder parce qu'il avait heurté son fixateur et qu'il n'y avait plus l'espace
entre l'anneau et la peau comme quand il avait quitté l'hôpital. Je savais qu'en
cas d'échec du fixateur l'anneau se déplaçait et comprimait la peau, mais en
essayant de mobiliser l'anneau je n'y arrivais pas. Je lui demandais ce qu'il
avait fait durant ces semaines et il m'a dit que comme le vélo lui convenait
bien, il en avait fait de plus en plus et en allant de plus en plus vite jusqu'à
son accident et son choc sur le fixateur. Et c'est alors que j'ai réalisé que
l'espace entre la peau et le fixateur avait disparu à cause de l'hypertrophie
musculaire. Je n'avais jusqu'alors jamais été confronté à une hypertrophie musculaire
sous fixateur externe. Depuis, mis à part les cas de fracture articulaire, nous
autorisons les patients à reprendre leur activité habituelle. Nous avons plein
d'histoire de ce type. Par exemple celle de ce grimpeur qui s'était fait une
très vilaine fracture du pilon tibial et à qui, devant l'étendue des dégâts,
je proposais une arthrodèse de la cheville. Je ne savais pas que la flexion
dorsale de la cheville était si importante chez les grimpeurs et le patient
a refusé l'arthrodèse en me demandant ce que j'aurais fait si la fracture n'était
pas si comminutive. Je lui ai expliqué que j'aurais alors fait un abord pour
restaurer le plafond tibial et que j'aurais neutralisé ma synthèse avec un fixateur
hybride de Sheffield. Il me dit d'essayer ce programme sur sa fracture et je
le fais. Je l'ai ensuite revu avec des photos de lui, grimpant avec son fixateur.
Il a consolidé en cinq mois et repris son escalade au même niveau qu'avant sa
fracture. Ses radios ne sont pas très belles mais la fonction est excellente.
Ces anecdotes ne visent pas à vous prouver que je suis bon chirurgien mais elles
montrent que lorsque la fixation est bonne, les patients peuvent faire leur
rééducation durant la consolidation. C'est vraiment cela le défi chirurgical
du 21ème siècle, c'est de redonner au traumatisé leur fonction et leur métier.
Le problème ce n'est pas seulement de plier son genou à 90°, c'est de pouvoir
retravailler sans se préoccuper de sa fracture et pendant qu'elle consolide
sans problème.