INTRODUCTION
Le champ
d'action de l'arthroscopie du coude a considérablement évolué
dans le traitement des différentes pathologies du coude. Ces
interventions sont maintenant réalisées par un nombre
croissant de chirurgiens pour une large variété d'indications
(3, 4, 7, 12, 17, 22, 24, 27, 34, 39, 41, 52). L'arthroscopie,
utile pour le daignostic et le traitement est cependant difficile et
elle présente des risques vasculo-nerveux dont il faut tenir
compte (4, 12, 24, 39, 49). Du fait du plus grand rôle
de l'arthroscopie du coude dans le diagnostic et la prise en charge
des problèmes du coude, de nouvelles indications continuent d'émerger.
INDICATIONS
/ CONTRE-INDICATIONS
Les indications
de l'arthroscopie du coude comportent : l'ablation d'ostéophytes
responsables de conflits (2, 32, 33, 37), la synovectomie
pour les arthrites inflammatoires (2, 12, 13, 52), l'arthrolyse
(5, 18, 19, 28, 50), la résection de plicae symptomatiques
(7, 8), l'ablation de corps étrangers (4, 10,
23, 27, 31, 38), l'évaluation pour des patients avec douleurs
chroniques (34). Elle a été aussi utilisée
pour traiter des patients présentant une ostéochondrite
disséquante (12, 17, 43, 52), les arthrites infectieuses
(34, 47), les épicondylites (11) et les
fractures du coude (2, 34, 52).
TECHNIQUE
GÉNÉRALE
Les techniques
opératoires ont généralement été
bien décrites dans le passé (27, 34-36). Je
préfère le décubitus latéral avec l'avant-bras
ballant. Une bande élastique est serrée autour de la main
et de l'avant bras jusqu'à 10 centimètres en-dessous de
l'olécrane. Le garrot qui est utilisé systématiquement
est gonflé à 250mm/Hg. La bande élastique est laissée
en place jusqu'à la fin de l'intervention. Quand le bandage et
le garrot sont ôtés, le peu d'dème résiduel
est dissipé dans le bras et l'avant-bras.
Avec
la complexité augmentant des interventions réalisées,
le nombre de points d'entrée a considérablement augmenté
(Figure 1). De plus, l'utilisation de points plus proximaux s'est avéré
important (l'antéro-interne et l'antéro-externe proximal).
 |
| Figure 1 : Graphique
montrant l'augmentation des points d'entrée utilisés
au cours du temps. |
La méthode
et la séquence de ces points d'entrée a varié et
évolué au cours des années. Généralement,
nous commençons avec le point "midlateral", et établissons
ainsi un accès en même temps à travers les points
postérieurs. La sortie libre de l'eau au travers d'un ou plusieurs
points d'entrée est immédiatement instaurée et
maintenue pendant toute l'intervention. Le compartiment postérieur
est généralement traité en premier, puis les points
d'entrée antérieurs sont faits afin de traiter le compartiment
antérieur. Le positionnement est déterminé prudemment
par la palpation des reliefs osseux, sans se préoccuper des repères
cutanés, car ces derniers n'indiquent pas correctement les structures
profondes après que le gonflement ait commencé. Nous utilisons
maintenant souvent des écarteurs (intra-articulaires) pour améliorer
la vue par distension dans le compartiment antérieur plutôt
que la pressurisation. Ceci réduit l'dème et augmente
par ailleurs la complexité des interventions chirurgicales qui
peuvent être réalisées à l'intérieur
du coude.
Les points
d'entrée antérieurs ont été pratiqués
par les techniques du dehors en dedans, et aussi par les techniques
de dedans en dehors, mais au cours du temps, la technique du dehors
en dedans est devenue notre préférée. Au départ,
nous pensions que l'dème pouvait être minimisé
en plaçant une canule dans chaque voie d'abord, en les laissant
en place pendant toute la durée de l'intervention, mais nous
avons changé nos habitudes. Habituellement, les canules ne sont
utilisées que dans un ou deux points d'entrée. Le point
d'entrée antéro-externe proximal est habituellement utilisé
pour un écarteur et l'antéro-externe distal ainsi que
l'antéro-interne proximal pour le scope et les instruments de
travail. La grosseur de la canule peut alourdir ses avantages à
l'exception du point d'entrée de travail proprement dit. Dans
les interventions plus compliquées, comme celles ou beaucoup
de gestes sur l'os et la capsule sont nécessaires, la canule
peut être ôtée au fur et à mesure que l'dème
augmente. Cet dème permet de garder intact l'accès
de la porte d'entrée et permet de placer et de retirer les instruments
rapidement et fréquemment, ce qui est souvent nécessaire.
Un système
d'irrigation pressurisé est fréquemment utilisé
et recommandé (36). Le système est un système
de lavage pulsatile qui est utilisé pour le lavage du fut fémoral
dans les prothèses et aussi pour les fractures ouvertes. Le bec
est coupé de sa tubulure, celle-ci est connectée à
l'arthroscope par l'intermédiaire d'une simple tubulure de perfusion.
La pression d'utilisation est réglée à 50 mm/Hg,
et le flux est contrôlé par l'aide, utilisant le clip de
coupure. Le feed-back auditif ("putt-putt") du système de lavage
pulsatile est d'une grande aide au chirurgien en lui permettant d'apprécier
la quantité de liquide entrant dans l'articulation sans l'aide
d'autrui ou d'un panneau de contrôle. L'dème est
contrôlé en maintenant toujours la sortie du flux par les
points d'entrée et par le shaver. Nous ne mettons aucune tubulure
de recueil de flux que ce soit aux canules ou au shaver, et l'eau s'écoule
simplement sur le sol où elle est aspirée.
L'entrée
dans une articulation serrée est facilitée par l'utilisation
d'un guide de trocart qui est aplati et affiné à son extrémité.
Celui-ci est en fait usiné à partir d'une broche de Steinman
dont la pointe est émoussée pour ne pas couper dans les
tissus, mais assez affinée pour pénétrer la capsule
sans riper sur elle. Quand ce Steinman émoussé a été
placé, le trocart de l'arthroscope est ainsi glissé dans
l'articulation, guidé par la broche qui est ensuite retirée.
Nous pensons que c'est plus facile, plus prudent et plus efficace que
d'essayer de placer directement le trocart avec son obturateur. De plus,
cela permet de contourner le problème de la distension capsulaire
dans les coudes raides, distension qui permet de déplacer le
nerf radial des instruments dans un coude normal (Figure 2).
 |
| Figure 2 : Importance
de la distension capsulaire. Les structures neuro-vasculaires antérieures
sont proches des points d'entrée antérieur. "Le nerf
radial qui peut siéger sur la capsule elle-même, est
en moyenne à 4 mm de l'arthroscope et du trocart quand celui-ci
entre dans l'articulation non distendue (24). Avec la
distension articulaire et le coude à 90 degrés de
flexion, les structures neuro-vasculaires se déplacent antérieurement
et sont protégées. La distance entre le nerf radial
et le scope augmente à 11 avec l'articulation distendue,
le mettant plus à l'abri. Dans les articulations raides,
cette distension n'est pas possible. |
A un
certain moment, j'avais l'habitude d'établir le point d'entrée
antéro-externe en premier, d'y placer une canule et ainsi de
favoriser la distension capsulaire et donc de protéger la branche
profonde du nerf radial. En fait, ce n'est plus tellement d'actualité,
parce que nous avons plus d'expérience, et parce que le temps
antérieur est fait en dernier. Les canules ont par ailleurs tendance
à glisser dans les parties molles et favoriser ainsi la suffusion
du liquide. Il y a donc des avantages et des inconvénients dans
l'établissement premier du point d'entrée antérieur.
Ablation
de corps étrangers
L'ablation
de corps étrangers a été considérée
comme la première indication de l'arthroscopie du coude. Le taux
de succès a été constamment rapporté autour
de 90% ou plus (4, 25, 29, 31, 38). Les pinces qui sont lisses
sur leur surface externe sans irrégularité de surface
avec des coins mousses sont plus faciles d'utilisation car elles ne
se prennent pas dans les parties molles à leur sortie du coude.
Il faut toujours saisir le corps étranger de façon à
le sortir longitudinalement plutôt qu'obliquement ou transversalement,
ce qui implique souvent qu'ils aient pu être tournés en
bonne position. Il faut les saisir fermement, les faire tourner complètement
de façon à s'assurer qu'ils ne sont pas rattachés
à des parties molles. Il faut observer constamment le fragment
jusqu'à sa sortie de la capsule de façon à pouvoir
le récupérer s'il s'échappe des dents de la pince.
Vous devez vérifier chacun d'entre eux après extraction,
afin de s'assurer qu'un fragment ne s'est pas cassé dans les
tissus mous. En tournant le corps étranger lors du passage des
parties molles, l'accouchement est plus aisé. Les gros corps
étrangers dans le compartiment antérieur peuvent être
expulsés à l'aide du trocart du scope (faites reculer
le scope dans son trocart de quelques millimètres afin de protéger
l'optique) pendant que vous les tractez avec la pince. Et enfin, n'hésitez
pas à élargir la porte d'entrée plutôt que
risquer de perdre le corps étranger.
Synovectomie
La synovectomie
est une intervention difficile. L'idée même de réaliser
une synovectomie arthroscopique peut être angoissante. Tout d'abord
à cause du nerf radial qui est contre ou seulement à quelques
millimètres de la capsule antéro-externe. Deuxièmement,
le nerf cubital qui est adjacent à la gouttière. Ajouter
à cela qu'une synovite diffuse comme on peut la voir dans la
polyarthrite rhumatoïde peut sérieusement diminuer la vision
de l'articulation.
D'abord,
considérons le problème de la visualisation. Cela relève
de l'exploit chirurgical mais peut être surmonté de façon
reproductible. Il faut commencer dans un espace de travail peu risqué,
par exemple dans la fossette olécranienne, et la nettoyer. Le
travail initial peut être fait avec une vision limitée
si le shaver et le scope sont dans la fossette. Puis travaillez vers
la gouttière interne. De petites pinces mangeuses sont utiles
pour commencer dans la gouttière interne. La synoviale est saisie
sans fermer complètement les dents de la pince de façon
à ne pas prendre la capsule ou le nerf cubital. Au fur et à
mesure que la vue s'améliore, un shaver 3,5 peut être utilisé,
avec le côté coupant opposé au nerf et regardant
le scope, et avec une sortie d'eau sans aspiration. Dans le compartiment
antérieur, on doit utiliser un 3e point d'entrée,
comme par exemple le point antéro-externe proximal de façon
à y faire pénétrer un écarteur.
Une spatule
d'Howarth est facile à placer et assez large pour être
efficace dans le soulèvement de la capsule antérieure.
Commencer alors à travailler avec le shaver contre l'humérus
et progresser de proximal en distal et d'interne en externe. Là
encore, avec le shaver laissant s'évacuer l'eau et en plaçant
la face ouverte du couteau à distance la capsule (Figure 3),
de façon à enlever la synoviale sans risquer de perforer
la capsule. Cependant, la capsulectomie est habituellement nécessaire,
non seulement pour rétablir une bonne mobilité mais aussi
pour éliminer la douleur aux limites de mobilité.
 |
 |
 |
 |
 |
| Figure 3 : La synovectomie
et la capsulectomie postéro-interne (A). Les repères
anatomiques sont parfois difficiles à reconnaître lorsqu'il
existe une importante synovite. Une petite pince peut être
utilisée pour commencer à enlever gentiment de la
synoviale (sans serrer complètement les mâchoires),
puis est relayé par le shaver (B). La capsule doit être
maintenue intacte le temps de l'excision de la synoviale (C, D,
& E). Parfois, il peut être nécessaire de visualiser
le nerf cubital afin de réaliser la capsulectomie postéro-interne
en toute sécurité. Dans ce cas, avec une importante
perte de la flexion, une capsulectomie complète postéro-interne
est nécessaire et le nerf cubital a du être bien exposé.
Ce patient présentait par ailleurs une ossification derrière
l'épitrochlée, nécessitant son ablation (haut
de la figure). |
L'arthrolyse
La réalisation
d'une arthrolyse est conduite de la façon suivante. La première
étape est la synovectomie et l'ablation de -tous les tissus qui
peuvent limiter la mobilité par encombrement comme par exemple
le tissu cicatriciel de la fosse olécranienne. La seconde étape
est l'ablation des ostéophytes de l'olécrane et de la
coronoïde, ainsi que le creusement des fossettes (olécranienne,
radiale et coronoïdienne). Si la mobilité est encore limitée,
et c'est presque tout le temps le cas, l'étape finale est la
capsulectomie.
Les nerfs
peuvent être visualisées de l'intérieur de l'articulation,
ce qui permet la résection de la capsule en toute sécurité
sous contrôle visuel direct des instruments coupant et des nerfs.
Une complète description de l'exploration arthroscopique des
nerfs n'est pas possible dans ce papier. La localisation des nerfs derrière
la capsule s'appuie d'abord sur la connaissance anatomique en 3 dimensions
et aussi par l'incision de la capsule à l'aide d'une pince basket.
Dans le cas du nerf cubital, le nerf est aussi palpé à
l'aide d'un crochet avant que la capsule ne soit ouverte (Figure 3).
Les parties molles derrière la capsule sont éloignées
de la capsule afin de créer un plan de dissection avant d'inciser
la capsule. Le nerf est alors gentiment palpé au travers de la
capsule et sa dissection continue jusqu'à la visualisation de
sa graisse. Le nerf est alors visualisé, et quand il est directement
visible, le reste de la capsule est incisé et excisé.
 |
Figure
4 (A & B) : Détachement capsulaire. La capsule antérieure
peut être détachée de l'humérus par une
spatule. |
 |
La libération
capsulaire peut être réalisée de 3 façons.
Le détachement de la capsule de l'humérus par une spatule
(Figure 4). C'est probablement le mois risqué. Par contre, cela
ne semble pas être aussi efficace que la capsulotomie ou la capsulectomie.
L'étape suivante serait la capsulotomie ou division capsulaire
(Figure 5). Cela est réalisé au mieux par une pince basket.
La capsule antérieure est coupée dans sa partie moyenne,
partant du côté interne et rejoignant le côté
externe. Le plan de dissection entre la capsule cicatrisée et
le muscle brachial est plus facile en interne qu'en externe. Et enfin,
la capsulectomie peut être réalisée après
les deux précédentes étapes (Figure 5). Cette dernière
est réalisée au mieux avec un shaver sans aspiration,
laissant partir l'eau sur le sol. On doit progresser de la partie proximale
et interne à la partie distale et interne puis de la partie externe
et proximale à la partie externe et distale. Cette dernière
partie représentant le plus grand risque de lésion nerveuse.
 |
 |
 |
| Figure 5 : Capsulotomie
/capsulectomie (A). La capsulotomie est réalisée par
une pince basket.(B). Si la capsulectomie est réalisée,
le shaver ne doit pas être dirigé vers le muscle brachial
ou les nerfs. L'aspiration n'est pas utilisée (C). Dans certains
cas, il peut être nécessaire d'identifier le nerf radial
afin d'exciser la capsule en toute sécurité. |
La capsulectomie
sous arthroscopie est une intervention qui requière un haut niveau
de compétence arthroscopique, mais ceci est vrai également
de la chirurgie à ciel ouvert. Elle ne doit pas être tentée
dans d'autres circonstances, sous peine d'avoir un très grand
risque de lésion nerveuse.
L'arthroplastie
ostéocapsulaire
 |
| Figure 6 : Les signes
radiographiques de l'arthrose du coude (A). La radio de face montre
un aspect flou de la coronoïde et de la fossette olécranienne
en raison de la formation d'ostéophytes (B). La radio de
profil retrouve les ostéophytes sur l'olécrane (flèche).
Les ostéophytes antérieurs sont parfois difficiles
à retrouver (C). La tomographie latérale est l'examen
de choix pour visualiser les ostéophytes de l'olécrane,
de la coronoïde (flèche pleine), ainsi que ceux oblitérant
les fossettes olécranienne et coronoïdienne (flèche
discontinue). |
L'une
des plus récentes interventions arthroscopiques est l'arthroplastie
dans le cadre de l'arthrose (32, 37). Cette intervention
implique 4 phases pour traiter les changements pathologiques dus à
cette pathologie (Figure 6) (1), retirer tous les corps étrangers,
y compris ceux qui ne sont pas perdus mais bloqués dans la synoviale
(2), retirer tous les ostéophytes de l'articulation
huméro-ulnaire, incluant ceux sur l'olécrane, la coronoïde,
la partie interne de la trochlée, et dans les 3 fossettes-olécraniennes,
coronoïdienne et radiale (3) réaliser une synovectomie
totale (4) et enfin, pratiquer la capsulectomie antérieure
et postérieure, avec capsulectomie postéro-interne et
postéro-externe chez ces patients ayant perdu de la flexion.
Chez les patients avec une neuropathie cubitale pré-existante
et ceux qui ont une sérieuse perte de flexion, le nerf cubital
est transposé en sous cutané dans le même temps
(Figure 7).
 |
| Figure 7 : Dans
les cas d'arthrose (primitive ou post-traumatique), avec une importante
perte de flexion, il peut être nécessaire de transposer
antérieurement le nerf cubital afin de prévenir son
étirement et l'apparition d'une neuropathie. Dans ces cas,
la transposition est réalisée en premier et ainsi,
l'incision est utilisée pour certains des points d'entrée
arthroscopiques. Le nerf cubital est sous contrôle direct
en permanence. |
Il y a
3 options pour la libération capsulaire, avec une difficulté
croissante mais aussi une efficacité croissante (Figures 4 &
5). La technique la moins dangereuse, mais aussi la moins efficace est
de soulever la capsule de l'humérus à l'aide d'une spatule.
L'étape suivante est la capsulotomie ou division de la capsule.
Et enfin, la capsulectomie comprend l'excision de toute la capsule et
de ses tissus cicatriciels. La libération capsulaire (c'est-à-dire
la capsulectomie dans mon expérience) est un élément
à part entière de l'arthroplastie ostéocapsulaire.
L'arthroplastie
ostéocapsulaire est une opération lourde, demandant une
certaine habilité et expérience. La phase impliquant l'ablation
des corps étrangers et la synovectomie est comme décrite
ci-dessus. L'ablation des ostéophytes est accomplie à
l'aide de plusieurs instruments en particulier les fraises. Les ostéotomes
peuvent être utiles, mais l'ablation des fragments ostéotomisés
peut se heurter à quelques difficultés lors de leur ablation
compte tenu du passage de leurs arêtes dans les parties molles.
Le shaver, plutôt que la fraise, peut être utilisé
une fois que l'os spongieux est exposé. Un shaver a moins tendance
que la fraise à riper dans les parties molles et à mettre
les nerfs en péril.
 |
Figure 8 :
(A) Dans l'arthrose, le compartiment antérieur comporte souvent
de nombreux corps étrangers. 5 sont retrouvés sur
la coronoïde (C) et la trochlée (T) (B). Après
avoir enlevé les corps étrangers, l'ablation d'un
ostéophyte de la coronoïde est réalisé
à l'aide d'une fraise et d'un ostéotome (C/D). La
fossette coronoïdienne en cas d'arthrose est habituellement
comblée par un ostéophyte. Elle doit être recréée
à l'aide d'une fraise. |
Pour accomplir
efficacement et en toute sécurité les plus complexes interventions
ostéocapsulaires, il faut procéder de manière logique.
D'abord, avoir une bonne exposition et placer un ou deux écarteurs
dans l'articulation. Deuxièmement, nettoyer l'articulation en
retirant les corps étrangers et en réalisant une synovectomie.
Retirer de la capsule tous les tissus cicatriciels qui sont indurés.
Retirer les ostéophytes et les débris osseux (Figures
8 & 9). Détacher la capsule de l'humérus si ce n'est
pas encore fait (parfois, il est plus simple de la faire plus tôt
quand l'articulation est tendue) (Figure 4). Couper la capsule avec
la pince basket (Figure 5). Exciser la capsule avec le shaver. Puis,
inciser et réséquer la capsule juste devant les ligaments
internes et externes. En suivant ces différentes séquences,
on peut progresser tout en restant en deçà de ses limites
techniques afin de ne pas courir de risques de complications.
 |
Figure 9 :
(A) De multiples corps étrangers doivent être enlevés
chez ce patient, avec une taille allant de quelques millimètres
à 2 cm. Différentes tailles de pinces ont été
nécessaires. Sur la partie droite de la photo, fragments
d'ostéophytes qui sont retirés à l'aide d'ostéotome
et de pinces
(B). Radiographie pré-opératoire du même patient.
De nombreux corps étrangers sont vus devant et derrière.
Les ostéophytes (flèches sombres) sont vus sur l'olécrane
et la coronoïde. La trochlée a des ostéophytes
à la limite des fossettes coronoïdienne et olécranienne,
lui donnant la forme d'un "U" plutôt que du "O" habituel.
Cela doit être enlevé pour éliminer un conflit
et gagner de la mobilité
(C). En post-opératoire, il n'existe plus d'ostéophytes
et de corps étrangers. |
Les suites
post-opératoires
Un pansement
compressif est confectionné autour du coude et le patient est
autorisé à utiliser son coude autant qu'il peut le tolérer.
Il est surélevé quand il n'est pas utilisé pour
diminuer le gonflement. Si l'intervention avait pour but d'améliorer
la mobilité ou de traiter l'arthrose, un bloc plexique est réalisé
après avoir vérifié l'absence de complications
neurologiques dans la salle de réveil, et ensuite le patient
commence sa rééducation en mobilité maximale sur
kinetec le même jour. Dans ce cas, les pansements circonférentiels
sont retirés pour éviter des lésions cutanées.
Juste une petite gaine en toile élastique est utilisée
pour maintenir un pansement absorbant.
Résultats
Durant
les dernières années, la complexité et les limites
des interventions ont considérablement progressé. La figure
10 montre que la complexité moyenne des interventions arthroscopiques
a augmenté exponentiellement entre 1980 et 1998, particulièrement
ces 6 dernières années (R2 = 0.96 ; p < 0.0001). La
figure 10 montre le nombre croissant de points d'entrée utilisés.
De 1980 à 1992, le nombre moyen de points d'entrée utilisés
était moins de 3. Cependant, de 1993 à 1998, il est passé
de 3 à 5.
 |
| Figure 10 : Le graphique
montre l'augmentation exponentielle de la complexité des
interventions au cours du temps. |
Malgré
une augmentation importante de la complexité moyenne des interventions
réalisées, notre expérience a montré une
plus faible augmentation des complications (R2 = 0.13 ; p < 0.05
; Figure 11). Plus important, la figure 12 montre que le taux de complications
n'a pas augmenté autant que la complexité des interventions
(R2 = 0.002; p = 0.48). En fait, le taux de paralysie nerveuse a même
diminué pendant la même période.
 |
| Figure 11 : Graphique
montrant la faible augmentation du taux annuel de complications
suivant une arthroscopie du coude. |
O'Driscoll
et Morrey ont évalué le diagnostic et l'utilité
thérapeutique de l'arthroscopie. Un diagnostic arthroscopie était
considéré comme bénéfique si les suites
du patient étaient influencées positivement par l'intervention.
Ainsi, le diagnostic final était (a) c'est-à-dire modifié
par rapport au pré-op et et confirmé par la suite, (b)
si le diagnostic ne pouvait être fait en pré-op, et (c)
si le diagnostic incomplet en pré-opératoire était
affirmé ou confirmé. L'intervention était dite
thérapeutiquement efficace si elle était (a) complètement
une réussite sans nécessité de chirurgie ultérieure
complémentaire, (b) partiellement une réussite avec un
patient amélioré et ne nécessitent pas d'autres
chirurgies, ou (c) si une importante partie de l'intervention avait
été réalisée par arthroscopie et que celle-ci
avait orienté d'une façon importante le traitement chirurgical.
Des 71 arthroscopies de la série, 31% représente un bénéfice
diagnostic, 24% un bénéfice diagnostic ou thérapeutique
et 24% un bénéfice thérapeutique uniquement.
 |
| Figure 12 : Graphique
montrant la diminution du taux moyen annuel de paralysie nerveuse
transitoire suivant une arthroscopie du coude. |
Jusqu'à
maintenant, l'indication idéale a été l'ablation
de corps étrangers, avec plus de 90% de succès. Actuellement,
notre impression est que le traitement de l'arthrose par arthroplastie
capsulaire, qui comporte l'excision de corps étrangers et d'ostéophytes
de l'olécrane et de la coronoïde, sur chaque fossette, ainsi
que la libération capsulaire est une des plus gratifiantes interventions
puisque son efficacité est constante et bénéfique
en terme de douleur et de restauration de la mobilité.
Redden
et Stanley ont rapporté 12/12 patients ayant été
amélioré par l'ablation d'ostéophytes et de corps
étrangers pour arthrose. Ils réalisaient une fenestration
à la partie distale de l'humérus au travers de la fossette
olécranienne et coronoïdienne. Ils n'ont cependant noté
aucune amélioration de la mobilité, probablement parce
qu'ils n'ont pas réalisé une libération capsulaire.
Le succès
arthroscopique du traitement des plicae a été rapporté
(7). Cette pathologie dont la symptomatologie peut se confondre
avec celle d'un tennis elbow récalcitrant ou de corps étrangers
est diagnostiquée et traitée par arthroscopie.
Peu de
données existent en ce qui concerne la synovectomie. Cela est
dû au fait que nous ne sommes devenus à l'aise avec cette
intervention que récemment. L'amélioration de la douleur
est obtenue dans 75% à 90% des cas. La mobilité est améliorée
si on s'attache à exciser la capsule rétractée
et les tissus cicatriciels autour du coude.
Le rôle
de la résection de la tête radiale dans ce cas n'est pas
clair. Normalement, le risque de détérioration du à
la surcharge biomécanique de l'articulation huméro-ulnaire
est important en cas de résection de la tête radiale. La
tête radiale doit certainement être laissée en place
en dehors des indications ci-dessous, et son rôle de stabilité
est encore plus grand dans le coude rhumatoïde chez qui il existe
une perte osseuse et des tissus endommagés.
Lee et
Morrey ont rapporté 14 synovectomies chez 11 patients avec une
polyarthrite rhumatoïde (21). Ils ont obtenu 93% de
succès, qui diminue à 57% à 3,5 ans, mais ont conclu
que cette perte de bons résultats était due à la
limitation des techniques arthroscopiques. Il ne s'agissait pas en fait
de synovectomie totale, ni de libération capsulaire. L'expérience
actuelle dans notre institution suggère que ces deux facteurs
sont importants. Un plus long recul sera nécessaire pour apprécier
le bénéfice à long terme. De plus, le rôle
de l'arthroscopie dans des phases plus avancées de cette pathologie
reste à déterminer. Notre expérience nous fait
penser que l'on peut tirer un avantage de cette technique quelle que
soit la phase de cette pathologie.
L'arthrolyse
arthroscopique est actuellement de plus en plus réalisée.
Son efficacité a été démontrée par
plusieurs auteurs (18, 40), mais des complications à
type de sections nerveuses ont été aussi reportées
(18, 40). Malgré le caractère peu dangereux
de cette technique qui reste à confirmer, il semble que la diminution
de la morbidité et le plus important accès chirurgical
aux tissus devant être excises peuvent en faire le goldstandart
du traitement de l'enraidissement du coude (30). Mon impression,
après avoir traité un grand nombre de coudes enraidis
par chirurgie à ciel ouvert et par arthroscopie est que cette
dernière est aussi efficace que la première si ce n'est
pas plus (Figure 13). L'intérêt de la capsulectomie par
rapport à la capsulotomie reste à clarifier.
 |
 |
 |
 |
| Figure 13 (A, B,
C, D) : Photo pré-op et post-op du bras gauche d'un patient
avec un important enraidissement du coude à la suite d'une
fracture ouverte, traité précédement chirurgicalement
à 3 reprises dont une tentative d'arthrolyse à ciel
ouvert. Deux mois après une capsulectomie totale par arthroscopie,
sa mobilité est presque complète. Il a repris son
travail manuel et physique avec une fonction complète de
son bras. |
COMPLICATIONS
A la révision
de plus de 500 arthroscopies du coude par Kelly et al., 11% ont été
suivies de complications. Il s'agit :
- Un écoulement
persistant des points d'entrées,
- une infection profonde,
- un
enraidissement mineur, généralement en rapport avec
la pathologie sous jacente (comme par exemple une arthrite inflammatoire),
- paralysies
transitoires par extravasion d'anesthésiques locaux, un traumatisme
direct par le trocart, par compression secondaire au garrot ou la
bande serrée de l'avant-bras, ou l'utilisation d'un bloc analgésique
post-opératoire.
Lésion
nerveuse permanente
La prévalence
rapportée de complication neurologique va de 0 ) 14% (2,
12, 19, 34, 45-48, 51). Dans le rapport de nos patients revus
par Kelly et al, il n'y avait pas de lésions neurologiques permanentes,
alors que 10 des 473 (2,5 %) ont souffert de paralysies transitoires.
La distance entre les points d'entrée et les nerfs augmentent
avec la distension capsulaire, alors que le nerf ne s'éloigne
pas de la capsule. De plus, la distension capsulaire n'est pas souvent
possible dans les coudes enraidis, en raison d'une diminution en moyenne
de 6 mm de leur capacité intracapsulaire (9).
Les lésions
nerveuses retrouvées dans l'arthroscopie du coude ont été
rapportées comme étant le résultat de compression
(24, 39), d'anesthésie locale (2, 27),
de traumatisme direct (6, 24, 44, 49), d'injection intra
articulaire d'anesthésique local, de garrots prolongés,
ou par une compression trop serrée de l'avant-bras. Malgré
notre absence d'expérience dans les lésions nerveuses
permanentes ou vasculaires, le risque de lésions de ces structures
est réelle et a été reporté. Les points
d'entrée antéro-externe et antéro-interne sont
les plus à risques en raison de leur proximité avec le
nerf radial, le nerf interosseux, le nerf cubital et médian (3,
22, 24, 39).Ces structures sont au mieux évitées
par une technique prudente et une constante vigilance. Les distances
entre ces nerfs et les points d'entrée sont augmentées
en fléchissant le coude à 90 degrés et en le distendant
par du sérum sale (39). Le déplacement antérieur
des points d'entrée est entraîné par la distension
capsulaire avec 15 à 25 ml de sérum sale, mais la capacité
intra capsulaire moyenne d'un coude enraidi est de 6 ml (Figure 2).
Ainsi, la capsule ne peut pas être écarter des instruments
dans les coudes enraidis.
DISCUSSION
Si on
considère le futur de l'arthroscopie du coude, deux éléments
ressortent. D'abord, l'arthroscopie du coude apparaît pour être
particulièrement utile dans le traitement de l'arthrose et des
enraidissements. Deuxièmement, le rôle ultime que cette
technologie dépendra principalement de notre succès à
éviter les nerfs.
Il est
connu que les lésions nerveuses sont plus liées au mode
d'utilisation des instruments plutôt qu'à leur sélection.
En général, nous utilisons un arthroscope de 4,0 mm et
de shavers allant de 3,5 à 5,5mm. L'aspiration est évitée
au contact des nerfs, et les instruments motorisés sont orientés
en direction inverse de celle des nerfs.
Une capsule
rétractée augmente la difficulté de l'intervention.
Kim et co-auteurs ont reporté des paralysies transitoires du
médian après capsulectomie chez des patients enraidis
(19). Jones et Savoie ont aussi reporté une section
du nerf interosseux postérieur sur un coude enraidi chez qui
a été réalisé une capsulectomie. Haapaniemi
et ses collègues ont reporté un cas de complète
section du nerf médian et radial sur un coude post-traumatique
enraidi qui a eu une arthrolyse par arthroscopie (14).
La littérature
reporte au moins deux cas de section nerveuse complète pendant
une synovectomie d'une polyarthrite rhumatoïde qui est réputée
pour avoir un risque de lésions nerveuses plus importantes (44).
Rush et Poehling ont noté que les patients avec une polyarthrite
rhumatoïde ont une capsule. N fine. Nous sommes d'accord, et nous
ajoutons que les modifications osseuses gênent le chirurgien dans
la reconnaissance de la localisation nerveuse en raison de la perte
de repères normaux intra-articulaires. Dans notre série,
7 des 10 patients avec des complications nerveuses avaient une polyarthrite
rhumatoïde, même si la PR était présente dans
seulement 75 des 449 patients. Cependant, il n'a été mis
en évidence aucune section nerveuse chez nos patients qui ont
subi ces interventions complexes.
Il est
devenu courant dans ma pratique de libérer la capsule chez les
patients rhumatoïdes qui ont une perte de mobilité. Ainsi,
les indications d'arthrolyse dans la population rhumatoïde est
la même que dans la population générale (perte de
la fonction empêchant les activités quotidiennes). Basé
sur l'expérience que nous avons avec ce genre d'intervention,
nous attribuons notre relative absence de complications nerveuses sérieuses
due au temps attribué à l'identification des nerfs avant
la résection des tissus qui leur sont proches. Les lésions
du nerf cubital peuvent par exemple être évitées
en réalisant la synovectomie et l'ablation des ostéophytes
avant l'incision de la capsule postéro-interne. L'exception de
cette règle inclut les patients avec une importante synovite
et une fine capsule, les reprises dans lesquelles la capsule a déjà
été excisée.
Au cours
des années, la complexité de nos interventions a remarquablement
augmenté et continue encore (Figure 10). La figure 11 montre
la faible augmentation des complications au cours des années.
De façon plus importante, la figure 12 démontre que l'incidence
des complications nerveuses n'a pas autant augmenté que la complexité,
et a même légèrement diminué au cours du
temps. De plus, aucune d'entre elles n'ont été permanente.
Ces données indiquent qu'un chirurgien devient plus habile et
habitué à un type d'intervention, lui permettant de s'attaquer
à des interventions plus difficiles sans pour cela augmenter
nécessairement le risque de complications. En d'autres mots,
le risque de lésions nerveuses n'est pas seulement déterminé
par le type d'intervention, mais aussi par le chirurgien, en dehors
des autres facteurs. Il a bien été montré dans
la littérature que le taux de complication varie en fonction
du chirurgien et des centres dans lesquels sont réalisées
les interventions allant de la PTH (20) à l'angiographie
coronarienne (15, 16).
Le plus
important facteur que je crois important dans la prévention des
lésions nerveuses est l'utilisation d'un écarteur. J'utilise
maintenant couramment un ou deux écarteurs dans les coudes ou
je réalise une synovectomie, une capsulectomie ou des interventions
complexes. Celui-ci améliore considérablement l'exposition
ainsi et réduit le risque iatrogène.
Actuellement,
mon avis est (et je crois qu'il est partagé par d'autres) que
la capsulectomie antérieure et postérieure doit être
pratiquée uniquement par des chirurgiens qui ont l'expérience
de ces techniques à ciel ouvert et qui ont une bonne habitude
de l'arthroscopie. Le chirurgien doit être capable d'identifier
à la fois le nerf radial ou cubital respectivement lors du temps
antérieur et postéro-interne ou bien connaître parfaitement
la relation entre les nerfs et la capsule et les structures intra-articulaires
de façon à ce que la visualisation directe des nerfs ne
lui semble pas nécessaire. C'est une intervention qui ne devrait
pas être mise dans les mains d'un arthroscopiste occasionnel.
Cependant, avec le temps, des avancées significatives devraient
accroître la familiarité avec l'anatomie normale ou perturbée
du coude ainsi qu'avec les interventions à ciel ouvert et par
arthroscopie. On peut ainsi s'attendre à ce que la capsulectomie
sous arthroscopie devienne une intervention standard.
Une véritable
compréhension de l'anatomie en 3 dimensions du coude, des nerfs
l'entourant, des effets de la distension, du bon placement des points
d'entrée, de la reconnaissance des cas à haut risque et
une excellente maîtrise de l'arthroscopie sont nécessaires
pour éviter de sérieuses complications, spécialement
quand des interventions difficiles sont réalisées. Le
chirurgien doit toujours se juger lui-même et connaître
ses limites afin de rester en deçà de celle-ci avec une
marge de sécurité adaptée. C'est pour nous en dehors
des facteurs qui peuvent intervenir, la principale raison de l'absence
de sérieuse complication nerveuse dans notre série. Ainsi
en étant conscient qu'il peut exister une différence entre
ce qui peut être fait (par d'autres) et ce qu'on est capable de
faire, le risque de complications sérieuses peut être maintenu
à son plus bas.
| Bibliographie |
|
1. ADOLFSSON
L. Arthroscopy
of the elbow joint: a cadaveric study of portal placement.
J Shoulder Elbow Surg. 3: 53-61, 1994.
2. ANDREWS
JR, CARSON WG. Arthroscopy of the elbow. Arthroscopy. 1: 97-107,
1985.
3. ANDREWS
JR, ST. PIERRE RK, CARSON WG. Arthroscopy of the elbow. Clinics
Sport Med. 5: 653-662, 1986.
4. BOE S.
Arthroscopy of the elbow. Diagnosis and extraction of loose bodies.
Acta Orthop Scand. 57: 52-53, 1986.
5. BYRD JW.
Elbow arthroscopy for arthrofibrosis after type I radial head
fractures. Arthroscopy. 10: 162-165, 1994.
6. CASSCELLS
SW. Editor's Comment. Neurovascular anatomy and elbow arthroscopy:
Inherent risks. Arthroscopy. 2: 190, 1986.
7. CLARKE R.
Symptomatic, lateral synovial fringe (plica) of the elbow joint.
Arthroscopy. 4: 112-116, 1988.
8. COMMANDRE
F, TAILLAN B, BENEZIS C, FOLLACCI F, HAMMOU J.
Plica
synovialis (synovial fold) of the elbow. Report on one case. J
Sports Med Phys Fit. 28: 209-210, 1988.
9. GALLAY SH,
RICHARDS RR, O'DRISCOLL SW. Intraarticular capacity and compliance
of stiff and normal elbows. Arthroscopy. 9: 9-13, 1993.
10. GREIS PE,
HALBRECHT J, PLANCHER KD. Arthroscopic removal of loose bodies
of the elbow. Orthop Clin North Am. 26: 679-89., 1995.
11. GRIFKA
J, BOENKE S, KRAMER J. Endoscopic therapy in epicondylitis
radialis humeri. Arthroscopy. 11: 743-8., 1995.
12. GUHL J.
Arthroscopy and arthroscopic surgery of the elbow. Orthopedics.
8: 1290-1296, 1985.
13. GUHL J.
"Arthroscopic
surgery of the elbow."
Arthroscopic Surgery. Parisien J ed. 1988 McGraw-Hill. New York:
249-258.
14. HAAPANIEMI
T, BERGGREN M, ADOLFSSON L. Complete transection of the median
and radial nerves during arthroscopic release of post-traumatic
elbow contracture. Arthroscopy. 15: 784-7, 1999.
15. HANNAN
EL, O'DONNELL JF, KILBURN H, JR., BERNARD HR, YAZICI A. Investigation
of the relationship between volume and mortality for surgical
procedures performed in New York State hospitals. Jama. 262: 503-10.,
1989.
16. HANNAN
EL, RACZ M, RYAN TJ, McCALLISTER BD, JOHNSON LW, ARANI DT, GUERCI
AD, SOSA J, TOPOL EJ. Coronary angioplasty volume-outcome
relationships for hospitals and cardiologists. JAMA. 277: 892-898,
1997.
17. JACKSON
D, SILVINO N, REIMAN P. Osteochondritis in the female gymnast's
elbow. Arthroscopy. 5: 129-136, 1989.
18. JONES GS,
SAVOIE FH, III. Arthroscopic capsular release of flexion contractures
(arthrofibrosis) of the elbow. Arthroscopy. 9: 277-283, 1993.
19. KIM SJ,
KIM HK, LEE JW. Arthroscopy for limitation of motion of the
elbow. Arthroscopy. 11: 680-3., 1995.
20. KREDER
HJ, DEYO RA, KOEPSELL T, SWIONTKOWSKI MF, KREUTER W. Relationship
between the volume of total hip replacements performed by providers
and the rates of postoperative complications in the state of Washington.
J Bone Joint Surg. 79A: 485-494, 1997.
21. LEE BPH,
MORREY BF. Arthroscopic synovectomy of the elbow for rheumatoid
arthritis. J Bone Joint Surg. 79: 770-772, 1997.
22. LINDENFELD
TN. Medial approach in elbow arthroscopy. Am J Sports Med.
18: 413-417, 1990.
23. LOKIETEK
JC, DE CLOEDT P, LEGAYE J, LOKIETEK W. [Extraction of a foreign
body from the elbow using arthroscopy]. Rev Chir Orthop Reparatrice
Appar Mot. 74: 93-8, 1988.
24. LYNCH G,
MEYERS J, WHIPPLE T, CASPARI R. Neurovascular anatomy and
elbow arthroscopy: Inherent risks. Arthroscopy. 2: 191-197, 1986.
25. McGINTY
J. Arthroscopic
removal of loose bodies. Orthop
Clin N Amer. 13: 313-328, 1982.
26. MILLER
C, JOBE C, WRIGHT M. Neuroanatomy in elbow arthroscopy. J
Shoulder Elbow Surg. 4: 168-74, 1995.
27. MORREY
BF.
Arthroscopy
of the elbow. Instructional
Course Lec. 35: 102-107, 1986.
28. NOWICKI
KD, SHALL LM. Arthroscopic release of a posttraumatic flexion
contracture in the elbow: a case report and review of the literature.
Arthroscopy. 8: 544-547, 1992.
29. O'DRISCOLL
S. "Elbow arthroscopy: loose bodies." The Elbow and its Disorders.
Morrey B ed. 2000 W.B. Saunders Company. Philadelphia: 510-514.
30. O'DRISCOLL
S. "Elbow arthroscopy: the future." The Elbow and its Disorders.
Morrey B ed. 2000 W.B. Saunders Company. Philadelphia: 522.
31. O'DRISCOLL
SW. Elbow arthroscopy for loose bodies. Orthopedics. 15: 855-859,
1992.
32. O'DRISCOLL
SW. Arthroscopic treatment for osteoarthritis of the elbow.
Orthop Clin North Am. 26: 691-706, 1995.
33. O'DRISCOLL
SW. Operative treatment of elbow arthritis. Curr Opin Rheum.
7: 103-106, 1995.
34. O'DRISCOLL
SW, MORREY BF. Arthroscopy of the elbow: Diagnostic and therapeutic
benefits and hazards. J Bone Joint Surg. 74-A: 84-94, 1992.
35. O'DRISCOLL
SW, MORREY BF. "Arthroscopy of the elbow." The elbow and its
disorders. Morrey BF ed. 1993 W.B. Saunders Company. Philadelphia:
120-130.
36. O'DRISCOLL
SW, MORREY BF. "Arthroscopy of the elbow." Master techniques
in orthopedic surgery: The elbow. Morrey BF ed. 1994 Raven Press.
New York: 21-34.
37. OGILVIE-HARRIS
DJ, GORDON R, MacKAY M. Arthroscopic treatment for posterior
impingement in degenerative arthritis of the elbow. Arthroscopy.
11: 437-43, 1995.
38. OGILVIE-HARRIS
DJ, SCHEMITSCH E. Arthroscopy of the elbow for removal of
loose bodies. Arthroscopy. 9: 5-8, 1993.
39. PAPILION
J, NEFF R, SHALL L. Compression neuropathy of the radial nerve
as a complication of elbow arthroscopy: A case report and review
of the literature. Arthroscopy. 4: 284-286, 1988.
40. PHILLIPS
BB, STRASBURGER S. Arthroscopic treatment of arthrosibrosis
of the elbow joint. Arthroscopy. 14: 38-44, 1998.
41. POEHLING
G, WHIPPLE T, SISCO L, GOLDMAN B. Elbow arthroscopy: A new
technique. Arthroscopy. 5: 222-224, 1989.
42. REDDEN
JF, STANLEY D. Arthroscopic fenestration of the olecranon
fossa in the treatment of osteoarthritis of the elbow. Arthroscopy.
9: 14-16, 1993.
43. RUCH DS,
POEHLING GG. Arthroscopic treatment of Panner's disease. Clin
Sports Med. 10: 629-36., 1991.
44. RUCH DS,
POEHLING GG. Anterior interosseus nerve injury following elbow
arthroscopy. Arthroscopy. 13: 756-8., 1997.
45. SAVOIE
FH, 3rd, FIELD LD. "Complications
of elbow arthroscopy." Arthroscopy
of the elbow. Savoie FH, 3rd, Field LD ed. 1996 Churchill Livingston
Inc. New York: 178.
46. SCHNEIDER
T, HOFFSTETTER I, FINK B, JEROSCH J. Long-term results of
elbow arthroscopy in 67 patients. Acta Orthop Belg. 60: 378-383,
1994.
47. SHEPPARD
J, MARION J, HURST D. Arthroscopic elbow surgery: five year
experience and observations in 48 cases. Am J Arthroscopy. 1:
13-19, 1991.
48. SMALL NC.
Complications
in arthroscopic surgery performed by experienced arthroscopists.
Arthroscopy. 4: 215-221, 1988.
49. THOMAS
M, FAST A, SHAPIRO D. Radial nerve damage as a complication
of elbow arthroscopy. Clin Orthop. 215: 130-131, 1987.
50. TIMMERMAN
LA, ANDREWS JR. Arthroscopic treatment of posttraumatic elbow
pain and stiffness. Am J Sports Med. 22: 230-235, 1994.
51. WARD WG,
ANDERSON TE. Elbow arthroscopy in a mostly athletic population.
J Hand Surg. 18A: 220-224, 1993.
52. WOODS G.
Elbow arthroscopy. Clinics Sport Med. 6: 557-564, 1987.
|
Maîtrise
Orthopédique n°115 - Juin 2002