|
Prévention
Thromboembolique en chirurgie
orthopédique prothétique du membre inférieur
*Nadia Rosencher, **Jeanne Barré, *Marian Osman, ***Marc Samama
* Hôpital Cochin - Paris
** Hôpital Maison Blanche - Reims *** Hôpital Avicenne - Bobigny
Les anti-thrombotiques ont pour rôle de
s’opposer à la naissance et/ou l’extension des thromboses
veineuses profondes (TVP). L’arrivée prochaine de nouveaux
traitements anti-thrombotiques a relancé de nombreuses
controverses et polémiques sur la prévention thromboembolique
en chirurgie orthopédique. En effet, comment expliquer
les disparités entre certains pays Européens qui
prolongent la prophylaxie 4 à 6 semaines tout en l’initiant
en préopératoire et les pays d’Amérique
du Nord qui arrêtent la prophylaxie thromboembolique à
la sortie du patient et qui commencent la première injection
d’anticoagulant en postopératoire ? Que faut-il accorder
comme crédit aux thromboses veineuses phlébographiques
? En France, la fréquence de ces actes chirurgicaux est
importante (1) : en effet, il y a actuellement, par an, plus de
105 000 PTH, 45 000 PTG et 60 000 fractures du col du fémur.
A travers ces controverses et ces différences, il est important
de faire le point pour essayer de mieux comprendre. |
ETAT
DES LIEUX
| Abréviations |
| PTH
= Prothèse Totale de hanche
PTG = Prothèse Totale
de Genou
Fr Col fém = Fracture
du col du fémur
TVP = Thrombose Veineuse Profonde
EP = Embolie Pulmonaire
ETE = évènements
Thromboemboliques
HBPM = Héparine Bas Poids
Moléculaire
HNF = Héparine Non Fractionnée
AVK = Antagoniste de la Vitamine
K
AAP = Agents Anti Plaquettaires
MTE = maladie thromboembolique
IDM = Infarctus du myocarde
|
1.1 Le risque clinique
La mortalité postopératoire a notablement diminué
au cours des dernières décennies, grâce aux progrès
des différentes spécialités médicales ;
la part revenant à la prévention de la maladie thromboembolique
ne peut en être isolée car les études avec placebo
ne sont plus réalisables actuellement.
Actuellement, le risque de décès après chirurgie
prothétique de hanche et de genou est à 30 jours de 0,5%.
(Il a été évalué sur 10 244 patients à
la Mayo Clinic dans le Minesotta entre 1986 et 1995). Le risque de TVP
symptomatiques est selon les études entre 1,5% à 3,2%
et pour l’EP = 0,7%. Le risque thromboembolique veineux a très
peu évolué pendant ces dernières années,
alors que l’infarctus du myocarde est passé de 0,2% en 1987 à
0,6% en 1995. Cependant le collège Américain de Cardiologie
estime le risque d’IDM après chirurgie orthopédique entre
1 et 5%. Il est important de noter la grande influence de l’âge
dans l’évolution de tous ces risques: cf fig. 1. (2).
 |
| Figure 1 : fréquence des événements
thrombotiques sur 10 244 patients. D’après Carlos B Mantilla
and coll Anesthesiology 2002 May;96(5):1140-1146. |
1.2 Le risque de TVP phlébographiques totales
(proximales et distales) est cependant beaucoup plus élevé
atteignant en moyenne 16.1% dans la PTH et 30.1% dans la PTG malgré
une prophylaxie avec HBPM (cf fig 2)(3)
 |
Fig 2 : Persistance de TVP phlébographiques
malgré une prophylaxie avec HBPM.
Geerts WH et al. CHEST 2001 ; 119 : 132 S-175 S |
Le risque des TVP proximales (dangereuses car pouvant entraîner
une embolie pulmonaire), en fonction des différents traitements
anti-thrombotiques commercialisés en France, est différent
allant de 4% sous hirudine (Revasc®) à 11% sous aspirine
(cf fig. 3)(3).
 |
| Figure 3 :
Risque de TVP proximales en fonction du traitement anticoagulant
prescrit à dose prophylactique. Geerts WH et al. CHEST 2001
; 119 : 132 S-175 S |
1.3 Le risque chirurgical (tableau 1)
 |
Le risque chirurgical domine le risque médical. Plus le risque
chirurgical est élevé, plus il gomme les facteurs liés
au patient. En orthopédie, seul l’âge (multiplié
par 1,1 par tranche de 10 ans au-dessus de 50 ans) apparaît comme
facteur indépendant, parfois associé au sexe et à
l’obésité(4, 5) ; le risque chirurgical est chirurgien-dépendant
avec des effets pays (4) et centres. Ces différences sont d’ordre
technique, comme la durée et le degré de luxation de hanche
lors de la PTH ou la pose et la repose du garrot en fin de PTG. En revanche,
en chirurgie digestive, les facteurs liés au patient tels le
cancer, l’âge, les antécédents de MTE et l’obésité
se maintiennent (6) ; la durée opératoire a aussi une
influence. Le risque chirurgical est temporaire, ce qui influence la
durée du traitement curatif des TVP postopératoires, alors
que le risque médical est permanent. Les études épidémiologiques
n’ont pas pu jusqu’alors individualiser des opérés à
risque au sein d’un groupe et la biologie ne sait pas repérer
les sujets à risque de TVP sans prévention ou ceux faisant
une TVP, malgré la prévention. Cependant, une thrombophilie
est à rechercher lorsqu’un opéré jeune, appartenant
à un groupe à risque faible, fait une TVP.
LE
MECANISME ET LA NAISSANCE DE CES TVP SONT DIFFERENTS SELON LA CHIRURGIE
2.1
Pour la fracture du col du fémur,
la TVP se fait en préopératoire, tout de suite après
le traumatisme expliquant la mortalité et morbidité supérieure
quand le délai entre le fracture et l’intervention est supérieure
à 48 heures. Plus de 26% des TVP sont proximales et l’EP reste
encore une cause de décès très importante dans
les études avec autopsie malgré la prophylaxie.
Pour la PTG,
la TVP se fait en pendant l’intervention, elle est surtout homolatérale
au genou opéré et seulement 21% des TVP sont proximales. Cependant
le nombre de TVP totales phlébographiques restent très
élevé malgré la prévention bien faite sous
HBPM (30 à 42% des patients) Initialement sa localisation est
surale, sous-jacente à la prothèse et est expliquée
par un dysfonctionnement de la pompe veineuse du mollet ; les traumatismes
directs comme le garrot, la luxation, le ciment ne semblent pas avoir
d’effets en raison de la faible incidence des TVP phlébographiques
fémorale et de la rareté (5 %) de TVP phlébographiques
poplitée isolées. Ensuite, l’extension poplitée
se greffe et progresse lentement puisqu’elle n’est visible à
l’échographie qu’au quatorzième jour. La maladie Thromboembolique
non spécifique est responsable des 10 à 20 % des TVP controlatérales.
La mortalité à trois mois est de 0,1 à 0,9 % ;
la part de l’EP fibrino-cruorique y est extrêmement modeste 00,2.
Les décès per- ou postopératoires immédiats
sont à attribuer à l’embolie graisseuse, conséquence
de la chirurgie endomédullaire, plus fréquente lors des
PTG qu’au décours d’une PTH (7). Les 0,8 à 3,9 % des complications
thromboemboliques cliniques s’expriment après un délai
moyen de sept jours dans deux études utilisant des moyens de
dépistage, l’image pouvant être alors une simple coïncidence.
Cependant dans une étude clinique sur plus de 24 000 PTG le risque
d’EP + TVP est de 2,1% et se manifeste surtout 7 jours après
l’intervention (6).
2.3 - Pour la PTH,
le mécanisme est double (8) : la luxation pendant l’intervention
de la hanche provoque une agression directe sur la veine fémorale
et une stase veineuse en amont, responsables des TVP homolatérales
fémorales isolées. Elles sont dues à des caillots
de taille inférieure à 2 cm, non obstructifs, logés
au creux des valvules. La stase existe déjà dans le membre
atteint avant l’intervention du fait de l’impotence partielle, elle
est maximale au cinquième jour et perdure pendant six semaines.
Cependant, dans le membre non opéré, la stase n’est que
passagère en période postopératoire immédiate.
Cette stase, associée à l’hypercoagulabilité postopératoire,
est responsable des TVP distales controlatérales (ou parfois
bilatérales) présentes dans 25 % des cas, mais ce sont
essentiellement des TVP distales. Du côté opéré,
49% des TVP sont proximales, ce qui explique l’importance du risque
d’EP. Les opérés, indemnes de TVP à la phlébographie
réalisée autour du dixième jour postopératoire
expriment de nouvelles TVP à la phlébographie pratiquée
plus d’un mois après l’intervention. Les facteurs chirurgicaux
comme la voie d’abord, le ciment, les reprises ne semblent pas avoir
d’impact.
DUREE
DE LA PREVENTION
3.1
- Les recommandations
En France,
la prévention pharmacologique est systématique pour tous
les opérés dans ce type de chirurgie, même si le
risque patient est très modéré, c’est le risque
chirurgical élevé qui domine. Cette prophylaxie doit être
poursuivie «jusqu’à déambulation active et complète»
(9). En règle générale, cette prophylaxie est prolongée
pendant 4 à 6 semaines et parfois beaucoup plus longtemps après
la fracture du col du fémur.
En Amérique du Nord, la prévention s’arrête à
la sortie du patient ou à cause des sorties de plus en plus précoces,
il est recommandé de continuer pendant les 7 premiers jours postopératoires
(10). .
3.2.
- Les études
Cinq études randomisées depuis 1996 comparent un traitement
par HBPM d’environ huit jours versus 29 jours ; elles notent toutes
un avantage phlébographique avec réduction du deuxième
pic de TVP qui apparaissent entre le 7ème et le 29ème
jour de 25 à 50% (11-13). L’ étude de Heit randomisée
sur 1200 patients compare le nombre de TVP symptomatiques selon la durée
de la prophylaxie et ne retrouve pas de différence significative,
mais si on sépare PTH et PTG, il semble qu’après PTH,
la prophylaxie prolongée soit 3 fois plus efficace, alors qu’il
ne retrouve pas d’avantage à une prophylaxie prolongée
dans le groupe PTG (14). Ceci est confirmée par l’étude
de Comp qui différencie PTH et PTG d’emblée et trouve
une réduction significative de tous les évenements thromboemboliques
phlébographiques dans le groupe PTH avec prophylaxie prolongée,
mais pas d’avantage dans le groupe PTG (15). Deux méta-analyses
sur les événements symptomatiques des études avec
TVP phlébographie ou autre retrouvent une diminution significative
des ETE de 50% sous prophylaxie prolongée (tableau 2 et 3) (16)
(17). En effet, les ETE symptomatiques sont 1.3% seulement en cas de
prophylaxie prolongée vs 3.3%. Enfin, une étude a comparé
sur plus de 13 000 fractures du col du fémur 160mg/j d’aspirine,
commencée en préopératoire à un groupe control,
étude randomisée, internationale. Cette étude est
très critiquée méthodologiquement pour plusieurs
raisons : l’objectif principal a changé en cours d’étude,
3424 patients recevaient des HBPM. Cependant, l’aspirine reconnue moins
efficace que les HBPM sur les TVP a confirmé son efficacité
sur la réduction des EP en prévenant 4 EP fatales/ 1000
patients en comparaison avec le groupe placebo (18 vs 43) (18).
 |
| |
 |
| Tableau 3 : Résultats sur les TVP symptomatiques
d’après A.T Cohen (Thromb Haemost 2001; 85: 940-1) |
3.3 - En résumé quelle est la
durée optimale de prophylaxie :
Il semble qu’après PTH, une prophylaxie de 4 à 6 semaines
est souhaitable, alors que pour une PTG : 2 à 3 semaines semblent
suffisantes. L’aspirine est active dans la prévention de la thrombose
artérielle et, de plus, elle serait capable de réduire
le nombre d’EP fatales. Ceci pourrait nous inciter à faire un
relais par l’aspirine après les 4 premières semaines d’HBPM
chez beaucoup de patients opérés de fracture du col du
fémur qui ne sont pas autonome après l’intervention et
chez les patients ayant un risque thromboembolique très élevé.
Il faut préciser que cette approche n’est validée par
aucune étude, cependant, elle paraît logique pour améliorer
le bénéfice/risque/coût.
DEBAT ACTUEL : QUELLE VALIDITE
FAUT-IL ACCORDER AUX TVP PHLEBOGRAPHIQUES ?
Quand on fait une phlébographie systématique après
PTH ou PTG, on retrouve un nombre très important de TVP (18 à
40% des patients) alors que les TVP symptomatiques ne sont que de 1,5%
à 3,2%. Il est donc licite de penser que la grande majorité
de ces thrombus phlébographiques vont se lyser spontanément
grâce à la fibrinolyse physiologique. Cependant, malgré
une prophylaxie bien faite et le traitement de toute TVP symptomatique,
il reste 0,7% d’EP après chirurgie prothétique de hanche
et de genou. Il est donc certain que des TVP, sans aucun signe clinique,
se sont développées pour donner des EP.
Il existe actuellement 3 méta-analyses dont une après
chirurgie générale (19) et 2 en orthopédie qui
concluent toutes les 3 que la diminution des événements
phlébographiques est corrélée à la diminution
des événements symptomatiques et des EP. Ceci tend à
prouver que les évènements symptomatiques ne peuvent se
mesurer que sur des études avec des échantillons très
importants, car ils représenteraient la partie visible seulement
d’un l’iceberg, dont la partie immergée serait les TVP phlébographiques.
Cependant tout traitement anticoagulant comporte aussi des risques de
saignement, de thrombopénie induites…, il est donc
important d’évaluer le rapport bénéfice/risque
de ces traitements en fonction du patient.
INTERET DE LA DOSE PREOPERATOIRE
L’Europe commence les HBPM en orthopédie 12 heures avant l’intervention
selon l’AMM Européenne et l’Amérique du Nord 12 à
24 heures après. Cependant les doses sont supérieures
en Amérique du Nord (30mgx2 /j vs 40mg/j d’enoxaparine). L’étude
NAFT a permis une comparaison entre 3 groupes : HBPM préopératoire,
HBPM postopératoire et warfarine postopératoire (20).
Elle démontre la supériorité des HBPM sur la warfarine,
mais ne trouve pas de différence significative entre le schéma
pré et postopératoire d’HBPM. Cependant dans cette
étude, on compare 2 schémas qui ne se font pas habituellement
en orthopédie car il s’agit de 2500 UI de Dalteparine 2 heures
avant l’intervention et 2500 UI 6 heures après l’intervention.
Une synthèse sur ce sujet a montré que le risque de TVP
diminue quand l’injection d’HBPM se rapproche de l’acte chirurgical
(cf schema de Hull) mais dans cette publication, il n’est pas clairement
question du risque de saignement (21). Il semble actuellement que
chaque molécule a son propre schéma thérapeutique.
Les études avec le mélagatran et le ximélagatran
ont montré que l’efficacité augmentait quand le délai
entre acte chirurgical et injection d’anticoagulant diminuait. De même,
les études avec le pentasaccharide (Arixtra®), dont la première
injection était toujours 6 heures après l’intervention,
ont montré une réduction du risque de TVP phlébographiques
> 50% en comparaison avec l’énoxaparine commencée 12
heures avant
ou après l’intervention. Cependant, le risque de saignement
majeur, en réunissant toutes les études passe de 1.7%
sous énoxaparine à 2,7% sous Arixtra® (22). Ceci tend
à confirmer que plus le délai entre l’incision et l’anticoagulation
est court, plus l’efficacité du produit augmente, plus le risque
de saignement majeur chez les patients fragiles (sujets >75 ans,
clearance de la créatinine < 40, ou de faible poids) augmente.
ANESTHESIE LOCO-REGIONALE ET
PREVENTION THROMBOEMBOLIQUE
L’anesthésie locorégionale (ALR) périmédullaire
a un effet protecteur vis-à-vis de la maladie thromboembolique,
limité dans le temps par la durée du bloc sympathique
et limité en puissance par rapport aux HBPM. En effet, chez 147
PTH bénéficiant d’une ALR axiale et portant des bas, l’incidence
des TVP phlébographiques est à l’avantage du groupe traité
versus placebo (14 % versus 37 %) avec cependant une seule TVP clinique
dans chaque groupe lors du suivi (23). Cette action bénéfique
de l’ALR est quand même capable d’apparaître comme facteur
indépendant chez des opérés recevant de l’énoxaparine
ou de l’hirudine recombinante (4). Le danger d’hématome périduremérien
a été souligné par le consensus de 1991, qui a
interdit l’usage préopératoire des HBPM (24). Cette mise
en garde a vraisemblabement été entendue puisqu’une enquête
française, fondée sur le volontariat, ne rapporte aucun
hématome au cours de 71 053 ALR axiales. Cette complication vient
d’être découverte par les Américains qui commencent
les HBPM en postopératoire, mais à des doses supérieures
(énoxaparine 30 mg deux fois par jour) ; les hématomes
rapportés surviennent à 80 % chez des femmes âgées
avec un cathéter péridural pour analgésie après
chirurgie orthopédique. Ils se manifestent cliniquement dans
un délai de 2 à 3 (0-12) jours après l’initiation
des HBPM, le cathéter étant encore en place ou déjà
retiré. Les facteurs favorisants connus sont des ponctions multiples
et/ou hémorragiques, des échecs de ponction et/ou de cathétérisme,
un usage concomitant d’antiagrégeants (25, 26).
QUEL ANTICOAGULANT SI PROPHYLAXIE
PROLONGEE ?
Les recommandations de l’AP-HP (9) sur ce sujet sont : «Si la
durée du traitement préventif est supérieure à
10 jours, un relais précoce par AVK, devrait, en l’abscence de
contre-indication être préféré à la
poursuite de l’héparinothérapie. Cette attitude thérapeutique
permet de diminuer le risque d’apparition de Thrombopénies
Induites par l’Héparine (TIH) et le coût de la prophylaxie».
En fait, le risque de TIH est évalué à 3% sous
Héparine Standard et seulement 0,1% sous HBPM. Ce risque est
donc très faible depuis l’utilisation systématique des
HBPM en prophylaxie prolongée et surtout cette TIH est très
rare après les 10 premiers jours de traitement. Cette recommandation,
ne reposant que sur les études nord américaines qui utilisent
beaucoup les AVK en prophylaxie, a eu pour origine une grande étude
multicentrique française comparant HBPM pendant 6 semaines à
HBPM et relais AVK après chirurgie pour PTH. Cette étude
a retrouvé le même nombre de TVP symptomatiques dans les
2 groupes, mais un nombre d’accidents hémorragiques 3 fois supérieur
dans le groupe AVK (cf tableau 4). Ceci permet de conclure que le maniement
et la surveillance d’un traitement par AVK, sur des périodes
courtes de 6 semaines, est très difficile en France. Le bénéfice
de ce relais aux AVK est actuellement inférieur au risque. Les
HBPM sont actuellement le traitement présentant le meilleur rapport
bénéfice/ risque dans cette prophylaxie prolongée.
CONCLUSION
Les anticoagulants ont tous des effets secondaires à prendre
en compte dans le rapport bénéfice/ risque établi
pour chaque patient. La mortalité après cette chirurgie
fonctionnelle a beaucoup diminué, bien que les patients opérés
sont de plus en plus âgés. L’embolie pulmonaire et l’infarctus
du myocarde restent les premières causes de mortalité
après ce type de chirurgie. Cependant, les schémas thérapeutiques
actuels paraissent trop univoques. En effet, la PTH et la PTG sont perçues
de la même façon, alors que la durée du risque n’est
pas la même. La première injection d’anticoagulant devrait
se faire en fonction du type d’anesthésie générale
ou loco-régionale médullaire, de la molécule choisie,
du risque thromboembolique, du risque hémorragique et enfin en
fonction de la clearance rénale. Les modalités du traitement
préventif, ainsi que le choix de nouvelles molécules,
adaptés au risque individuel thrombotique et/ou hémorragique
sont les défis à venir.
| Bibliographie |
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Maîtrise
Orthopédique n°117 - Octobre 2002 |