Introduction
La reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) est une intervention largement pratiquée qui s'est fiabilisée au cours du temps avec une meilleure connaissance de l'anatomie et de la biomécanique de ce ligament. En plus des apports de la chirurgie arthroscopique et de la rééducation, l'utilisation de greffes résistantes, bien positionnées, combinées avec des moyens de fixations rigides et résistants conditionnent le succès de cette chirurgie.
Il s'agit en fait d'un succès relatif. En effet, l'analyse de la littérature portant sur la reconstruction isolée du LCA par transplant libre de tendon rotulien, montre un taux de résultats insuffisants (classes C et D du système IKDC) de 11 à 30 % à long terme (1,3,7) mais, surtout, la persistance d'une ébauche de ressaut en rotation interne (grade B du système IKDC) dans plus de 15 % des cas (11), posant la question de l'efficacité de la reconstruction du LCA dans la prévention de la gonarthrose.
Les techniques utilisées actuellement ne reconstruisent pas la structure complexe du LCA. Elles reconstruisent uniquement le faisceau antéro-médial qui à lui seul ne peut reproduire la fonction du LCA sur tout le secteur de mobilité du genou (2). Si la greffe contrôle correctement la stabilité antéro-postérieure du genou près de l'extension, elle contrôle moins bien la stabilité rotatoire. Ceci est d'autant plus flagrant lors des laxités antérieures importantes avec détente périphérique. C'est dans ces cas où la ténodèse latérale au fascia lata trouve ses indications.
Pour améliorer le contrôle de la stabilité rotatoire il a été proposé depuis peu, par plusieurs auteurs (4-6,9,10,12,13) de reconstruire en plus du faisceau antéro-médial, le faisceau postéro-latéral du LCA.
Cet article fait la mise au point sur les connaissances les plus récentes concernant le rôle biomécanique respectif des deux faisceaux du LCA et décrit une technique de reconstruction à deux faisceaux utilisant les tendons de la patte d'oie initialisée par JP Franceschi (4) et que notre groupe utilise maintenant depuis plus d'un an.
Bases
biomécaniques de la
reconstruction du LCA à deux faisceaux
Historique
L'anatomie nous a montré que le LCA comportait deux faisceaux, antéro-médial (AM) et postéro-latéral (AM) (fig. 1). En fait, ces deux faisceaux sont rarement individualisés, comme sur la figure 2. Les fibres du LCA présentent en réalité un continuum et, plus que de faisceaux il vaudrait mieux parler de contingent AM et de contingent PL.
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| Figure 1 : Les deux faisceaux antéro-médial (AM) et postéro-latéral (PL) du LCA. |
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| Figure 2 : Vue arthroscopique d'un LCA dont les deux faisceaux sont clairement distincts. |
Les travaux anatomiques et biomécaniques anciens avaient montré que la variation de longueur des deux faisceaux lors de la flexion-extension du genou était distincte, que pour un même degré de flexion du genou la tension supportée par chaque faisceaux était différente et, que le faisceau PL était plus tendu vers l'extension complète tandis que le faisceau AM était plus tendu en flexion. Ceci pouvait expliquer le caractère partiel de certaines ruptures du LCA.
Les méthodes utilisées pour arriver à de telles conclusions utilisaient des jauges de contrainte fixées sur le ligament et ne permettaient pas de quantifier avec plus de précision le rôle respectif de chaque faisceau.
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| Figure 3 : Robot manipulateur à 6 degrés de liberté avec son capteur UFS avec une articulation du genou en place (laboratoire de biomécanique de Savio Woo, Pittsburgh, 1999) genou. |
Au milieu des années 90 la robotique a fait son apparition dans les laboratoires de biomécanique permettant d'animer les articulations cadavériques avec une cinématique et une mise en charge physiologique (fig. 3). Cette possibilité, couplée avec l'utilisation d'un capteur universel de mesure de moment de force (UFS), permet de mesurer les forces internes auxquelles sont soumises les articulations (14). Ainsi on peut connaître avec précision le siège, l'orientation et l'amplitude des forces appliquées à telle ou telle structure en fonction de telle ou telle condition de mise en charge. C'est ainsi que l'on a pu étudier le régime de sollicitation mécanique auquel était soumis chacun des faisceaux du LCA. Nous résumerons ainsi brièvement les résultats de l'équipe de Savio Woo à Pittsburgh dont la contribution dans ce domaine est essentielle.
Le contrôle de la laxité
antéro-postérieure
Lorsque la flexion du genou augmente, le point d'application de la force supportée par le LCA se translate dans le faisceau AM (8). Ainsi, la mise en charge du faisceau AM augmente avec la flexion et, ce phénomène est accentué quand un tiroir antérieur est appliqué au tibia (fig. 4).
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| Figure 4 : déplacement du point d'application de la résultante des forces agissant sur le LCA lors de la flexion du genou avec et sans tiroir antérieur (selon réf 8). |
La figure 5 montre l'évolution de la charge supportée par le LCA et ses deux faisceaux entre 0° et 90° de flexion lors d'un tiroir antérieur de 110 N. Entre 0° et 45° c'est le faisceau PL qui est le plus en tension, avec un maximum vers 15° de flexion. A 90° de flexion il supporte encore 35 % de la charge (15). Le faisceau AM supporte un maximum de contrainte entre 60° et 90° de flexion mais, sa charge varie peu : il supporte 30 % de la charge du LCA en extension et 45 % en flexion. Cela est dû au caractère « quasi isométrique » du faisceau AM au contraire du faisceau PL beaucoup plus anisométrique.
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| Figure 5 : Amplitude de la force agissant in situ sur le ligament croisé antérieur intact (LCA) ainsi que sur ses faisceaux AM et PL pour un tiroir de 110 N entre 0° et 90° de flexion du genou (selon réf 15). |
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| Figure 6 : Orientation dans le plan sagittal (angle a) et dans le plan horizontal (angle b) des forces agissant sur les deux faisceaux du LCA (adapté d'après réf 15). |
Les mesures de l'orientation de la force agissant sur chaque faisceau lors de la flexion du genou montrent que, dans le plan sagittal, la charge supportée par le faisceau AM reste plus proche horizontale que pour le faisceau PL. Dans le plan horizontal cette force est quasiment sagittale pour le faisceau AM, tandis qu'elle diverge de plus en plus pour le faisceau PL quand la flexion du genou augmente (fig. 6).
Ainsi, le faisceau AM est orienté et contraint de telle manière à résister à la subluxation antérieure du tibia. Il reste en charge entre 0° et 90° de flexion ; c'est le faisceau « guide » du LCA, tandis que le faisceau PL, du fait de son orientation, est plus apte à résister aux sollicitations rotatoires.
Le contrôle de la stabilité rotatoire
Si les principaux travaux biomécaniques des années 90 ont porté sur l'étude du rôle du LCA et de ses greffes sur le contrôle de la stabilité antéro-postérieure du genou, il est apparu depuis-lors que l'étude de la stabilité rotatoire devenait un élément essentiel à prendre en considération.
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| Figure 7 : Laxité antéro-postérieure résiduelles en pourcentages du LCA intact, pour un tiroir de 134 N après section du LCA puis reconstruction par greffe de tendon rotulien ou de la patte d'oie à un faisceau (adapté selon réf 16). |
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| Figure 8 : Valeurs, en pourcentage du LCA intact, de la force agissant sur les greffes, à 15° de flexion du genou, soit pour un tiroir antérieur pur, soit pour un tiroir antérieur combiné avec une contrainte en valgus et en rotation interne (moyennes et écarts types, * p< 0,05) (selon réf 16). |
Toujours à l'aide de la robotique et du capteur UFS l'équipe de Savio Woo (16) a étudié le contrôle de la stabilité rotatoire et antéro-postérieure (AP) après reconstruction du LCA selon la méthode traditionnelle à un faisceau en utilisant soit une greffe de tendon rotulien, soit une greffes de tendons de la patte d'oie à 4 brins. Ils ont ainsi montré qu'après section du LCA, la reconstruction à un faisceau permettait de réduire la laxité AP seulement de 50 à 60 % environ à 30° de flexion, mais ne permettait pas de rétablir une laxité physiologique (fig. 7). Lors de la mise en contrainte du genou combinant tiroir antérieur, valgus et rotation interne, le contrôle de la laxité chute considérablement par rapport à une contrainte en tiroir antérieur seule. Cela se traduit par une moindre mise en charge de la greffe lors des sollicitations combinées (fig. 8). Il est à noter que quelque soit le type de sollicitation, il n'existe pas de différence significative de comportement entre greffes de tendon rotulien ou de la patte d'oie.
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| Figure 9 : Translation tibiale antérieure pour un tiroir de 134 N pour le LCA intact, sectionné puis reconstruit par une greffe à un ou deux faisceaux (moyennes et écarts types) (selon réf 17).e. |
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| Figure 10 : Forces mesurées in situ pour les faisceaux AM et PL lors de la reconstruction à deux faisceaux pour un tiroir antérieur de 134 N (selon réf 17). Comparer avec la figure 5. |
Enfin, dans un travail biomécanique très récent (17) le contrôle de la stabilité AP et rotatoire a été comparée après reconstruction à un faisceau 4 brins ou deux faisceaux 2 brins utilisant les tendons de la patte d'oie. Les greffes à un faisceau ont été tendues et fixées à 30° de flexion. Pour les greffes à deux faisceaux la fixation du faisceau AM s'est faite à 60° de flexion et celle du faisceau PL à 15°. Les résultats ont montré que pour un tiroir antérieur pur, la laxité AP était significativement diminuée en extension et à 30° de flexion (fig. 9) avec les reconstructions à deux faisceaux par rapport au mono-faisceau. Ce résultat s'explique par le rôle du faisceau PL en début de flexion. Cela se traduit par une mise en charge plus élevée des greffes à deux faisceaux entre 0° et 60°. L'évolution de la charge supportée par chaque faisceau lors de la flexion du genou montre que celle-ci augmente régulièrement pour le faisceau AM et diminue régulièrement pour le faisceau PL (fig. 10). Ceci confirme que les faisceaux ont un rôle distinct, avec un transfert de charge progressif de l'un vers l'autre au cours de la flexion. Par contre si ce comportement biomécanique est plus proche de celui du LCA intact il ne correspond pas exactement à celui qui est illustré sur la figure 5.
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| Figure 11 : Translation tibiale antérieure combinée avec une sollicitation en rotation interne et valgus à 15° et 30° de flexion du genou (*p< 0,05). C'est la reconstruction à deux faisceaux qui contrôle le mieux la translation antérieure (selon réf 17). |
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| Figure 12 : Forces mesurées in situ dans le LCA et ses greffes lors de la reconstruction à un ou deux faisceaux pour un tiroir antérieur combiné avec de la rotation interne et du valgus. La charge supportée par la greffe à deux faisceaux est beaucoup plus proche de celle du LCA normal que pour la greffe à un faisceau (selon réf 17). |
Lors des sollicitations combinées en tiroir antérieur, valgus et rotation interne, le contrôle de la laxité AP à 15° et 30° de flexion est significativement amélioré avec la greffe à deux faisceaux, par rapport à la reconstruction traditionnelle à un faisceau (fig. 11), sans toutefois restaurer la stabilité d'un LCA intact. Parallèlement, dans ces conditions de mise en charge combinée, la force supportée par la greffe à deux faisceaux augmente significativement, traduisant la résistance à la sollicitation rotatoire (fig. 12).
Conclusions biomécaniques
Bien que l'on pensait avoir appréhendé l'essentiel du rôle biomécanique du LCA sur la fonction du genou, les connaissances du rôle respectif des deux faisceaux du LCA ont considérablement progressées depuis cinq ans. Jusqu'à une époque récente, la plupart des travaux biomécaniques étaient focalisés sur le rôle du LCA et de ces greffes sur le contrôle de la laxité antéro-postérieure mais, il est apparu de plus en plus que celui de la laxité rotatoire est lui aussi essentiel. Les travaux expérimentaux actuels démontrent clairement que les reconstructions du LCA à un faisceau présentent des performances significativement inférieures à celles des reconstructions à deux faisceaux, tant sur le plan de la stabilité rotatoire, qu'antéro-postérieure. Cette performance se traduira-t-elle dans les faits par une amélioration des résultats cliniques à long terme ? Seules des études prospectives, comparatives et randomisées permettront de répondre à cette question.
Technique chirurgicale
Installation du patient
Le patient est installé en décubitus dorsal ; le garrot est placé au sommet de la cuisse pour permettre de faire un champ opératoire large permettant de libérer le haut de la face externe de la cuisse pour la sortie des fils de traction. La colonne d'arthroscopie est située face à l'opérateur dans l'axe de sa position de travail. Nous préférons la position du membre à opérer sur une table à plat avec le pied sur un appui en bout de table permettant la flexion et l'extension à volonté, la cuisse étant maintenue par un appui latéral.
Prélèvement et préparation des greffons
Le prélèvement des tendons de la patte d'oie (gracilis et semi-tendineux) représente un temps capital (fig. 13). Il conditionne la bonne qualité des greffons. Ce temps est analogue à une plastie monofaisceau aux ischio-jambiers.
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| Figure 13 : Le prélèvement des tendons de la patte d'oie (gracilis et semi-tendineux) représente un temps capital. Ce prélèvement doit être minutieux pour obtenir des tendons suffisamment longs. |
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| Figure 14 : Le tendon du gracilis est passé dans la boucle d'un Endobutton CL de 15 mm avec un agencement en deux faisceaux. Le tendon du demi tendineux est préparé sur un Endobutton CL de 20 mm étant donné le trajet plus long du tunnel fémoral antéro-médial. |
Les tendons prélevés sont préparés. La préparation débarrasse les tendons des fibres musculaires restantes. Les extrémités sont retaillées et leur agencement se fait en deux faisceaux pour le gracilis (boucle) et deux faisceaux pour le semi-tendineux. La longueur initiale du greffon doit être suffisante pour pouvoir produire deux greffons finaux avec une longueur minimale de 7 cm. Cette préparation est séparée pour chaque greffon (fig. 14).
Le tendon du gracilis (futur faisceau postéro-latéral) est passé dans la boucle d'un Endobutton CL® de 15 mm avec un agencement en deux faisceaux. Le tendon du semi-tendineux (futur faisceau antéro-médial) est préparé sur un Endobutton CL® de 20 mm étant donné le trajet plus long du tunnel fémoral antéro-médial.
Temps arthroscopique
Nous réalisons une voie d'abord antéro-latérale pour l'introduction de l'optique et une voie d'abord antéro-médiale instrumentale. Après préparation arthroscopique de l'articulation et traitement des éventuelles lésions méniscales et cartilagineuses, le forage des tunnels commence sur le versant fémoral.
La préparation de l'échancrure permet le nettoyage de la face axiale du condyle latéral ; il est capital de bien visualiser la région « over the top » et de délimiter le cadran 9h12h pour un genou droit (ou 12h15h pour un genou gauche).
Temps fémoral
Sous contrôle arthroscopique le viseur fémoral est introduit par la voie arthroscopique antéro-médiale, genou fléchi au moins à 120°. Le même viseur sera utilisé pour la réalisation successive des différents tunnels fémoraux et tibiaux. Le point fémoral du tunnel antéro-médial est proche du toit de l'échancrure inter-condylienne, 5 à 10 mm en avant du bord postérieur du condyle latéral (fig. 15). Il se situe à 13h pour un genou gauche et à 11h pour un genou droit.
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| Figure 15 : Le point fémoral du tunnel antéro-médial est proche du toit de l'échancrure inter-condylienne, 5 à 10 mm en avant du bord postérieur du condyle latéral. Il se situe à 13h pour un genou gauche et à 11h pour un genou droit. |
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| Figure 16 : Le point fémoral du tunnel postéro-latéral est situé en dehors du précèdent ; à 14h30 pour le genou gauche et à 9h30 pour le genou droit. Les deux tunnels fémoraux sont ainsi percés formant une image en double-canons divergents. |
Le point fémoral du tunnel postéro-latéral est situé en dehors du précèdent ; à 14h30 pour le genou gauche et à 9h30 pour le genou droit (fig. 16). Le tunnel AM est plus vertical que le tunnel PL de manière à assurer une divergence avec un pont osseux épais.
Le repérage effectué il convient de réaliser d'abord un premier fraisage de petit calibre (4,5 mm) pour assurer un forage distinct des deux tunnels fémoraux, corticale externe inclue. On peut ensuite terminer le forage définitif avec la fraise de diamètre adaptée (entre 6mm et 8mm pour le tunnel antéro-médial destiné à recevoir le semi-tendineux plus épais et 5mm et 7 mm pour le tunnel postéro-latéral destiné au gracilis). Les deux tunnels fémoraux sont ainsi percés formant une image en double-canons divergents (fig. 16).
Temps tibial
Sous contrôle arthroscopique le viseur tibial est introduit par la voie arthroscopique antéro-médiale. Le point tibial du tunnel postéro-latéral est situé juste en regard de l'épine tibiale antéro-latérale à environ 7 mm du ligament croisé postérieur. L'angle de visée est de 55° à 60° (fig. 17).
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| Figure 17 : Le point tibial du tunnel postéro-latéral est situé juste en regard de l'épine tibiale antéro-latérale. L'angle de visée est de 55° à 60°. |
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| Figure 18 : La broche guide est introduite à partir de la face antéro-médiale du tibia. Il est important de réaliser en premier le repérage du tunnel postéro-latéral car ce dernier conditionne le positionnement du tunnel antéro-médial. |
La broche guide est introduite à partir de la face antéro-médiale du tibia. Il est important de réaliser en premier le repérage du tunnel postéro-latéral car ce dernier conditionne le positionnement du tunnel antéro-médial (fig. 18).
Le point tibial du tunnel antéro-médial est situé en avant du sommet des deux épines tibiales a mi distance entre l'épine antéro-médiale et antéro-latérale et en moyenne 8mm en avant du point de sortie du la broche postéro-latérale (fig. 19).
L'angle de visée est de 45° à 50°. La broche guide est introduite à partir de la face antérieure du tibia proche du bord médial de la tubérosité tibiale antérieure.
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| Figure 19 : Le point tibial du tunnel antéro-médial est situé en avant du sommet des deux épines tibiales a mi distance entre l'épine antéro-médiale et antéro-latérale et en moyenne 8mm en avant du point de sortie du la broche postéro-latérale. |
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| Figure 20 : Le positionnement des deux broches effectué, le tunnel postéro-latéral est foré en premier (entre 5 et 7 mm en fonction du diamètre du greffon). Nous terminons ensuite le forage du tunnel antéro-médial (entre 6mm et 8mm). |
La direction de ce tunnel est légèrement plus horizontale et permet d'obtenir deux tunnels tibiaux distincts, divergents dans les 3 plans de l'espace. Ceci permet de conserver un pont osseux épais entre les tunnels afin d'assurer une fixation indépendante et résistante pour chaque faisceau de la greffe. Nous contrôlons le positionnement des tunnels en flexion et surtout en extension afin de vérifier l'absence de conflit avec l'échancrure inter-condylienne.
Le positionnement des deux broches effectué, le tunnel postéro-latéral est foré en premier (entre 5 et 7 mm en fonction du diamètre du greffon). Nous terminons ensuite le forage du tunnel antéro-médial (entre 6mm et 8mm) (fig. 20).
Passage et fixation des transplants
Après mise en place des différents fils de traction pour positionner les greffes, le greffon postéro-latéral (gracilis) est passé en premier à travers les tunnels tibiaux et fémoraux (fig. 21). La fixation fémorale est corticale, assurée par l'Endobutton CL®.
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| Figure 21 : Après mise en place des différents fils de traction pour positionner les greffes, le greffon postéro-latéral (gracilis) est passé en premier à travers les tunnels tibiaux et fémoraux. |
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| Figure 22 : Le faisceau antéro-médial (semi-tendineux qui est plus épais) est passé en second. |
Le faisceau antéro-médial (semi-tendineux qui est plus épais) est passé en second (fig. 22) et sa fixation est identique à celle du faisceau précédent.
Il est important de réaliser un cyclage séparé des deux faisceaux et de mesurer l'isométrie de chaque faisceau avec un crayon dermographique : le faisceau AM présente généralement une variation de longueur, entre 0° et 90° de flexion, proche de 0 mm, tandis que le faisceau PL est plus anisométrique avec des variations de longueur pouvant atteinte 5 à 6 mm. La fixation tibiale se fait sous traction de 50 N mesurée au dynamomètre. Elle débute par le faisceau postéro-latéral sur un genou généralement fléchi vers 15°, angle vers lequel le faisceau PL est le plus tendu, en utilisant une vis d'interférence de 30 à 35 mm de longueur.
On procède ensuite à la fixation du faisceau antéro-médial, genou fléchi entre 60° et 90°.
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| Figure 23 : Le contrôle arthroscopique final permet de visualiser la position définitive des greffons et l'absence de conflit avec l'échancrure en extension du genou. |
Le contrôle arthroscopique final (fig. 23) permet de visualiser la position définitive des greffons et l'absence de conflit avec l'échancrure en extension du genou.
L'intervention se termine par la mise en place d'un drain aspiratif dans l'articulation ce qui nous paraît légitime afin de diminuer l'épanchement intra-articulaire compte tenu du perçage de 4 tunnels.
Nous préconisons la mise en place post-opératoire d'une attelle baleinée pendant 1 mois avec un appui partiel à 50%. Une mobilisation immédiate passive est débutée. La reprise des sports dans l'axe est possible à partir du troisième mois et les sports pivot contact à partir de six mois.
Conclusion
Devant l'anatomie multifasciculaire du LCA et le contrôle souvent insuffisant de la laxité rotatoire résiduelle des techniques classiques à un faisceau nous proposons une réparation plus proche de l'anatomie de façon à tenter de mieux contrôler à la fois la stabilité antéro-postérieure et rotatoire.
A la suite de ce qui a été exposé dans la partie biomécanique de cet article, l'idée est de se rapprocher le plus de la physiologie normale afin de reconstituer les 2 faisceaux du LCA. Cette technique chirurgicale est logique sur le plan biomécanique. La reconstruction du faisceau postéro-latéral, qui contrôle la rotation interne du plateau tibial latéral, en plus du faisceau antéro-médial, qui contrôle la subluxation antérieure du tibia, devrait permettre d'obtenir une correction de la laxité beaucoup plus complète qu'avec une plastie à un seul faisceau.
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Maîtrise Orthopédique n° 128 - Novembre 2003