Reinhard Zeller, Jean Dubousset
Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, Paris
Malgré lavènement des principes de la réduction 3D des déformations scoliotiques, illustrée par la technique CD, le monde des scoliologues continue à mener des discussions théoriques animées autour des mêmes questions : «Quelles sont les meilleures techniques de réduction des déformations scoliotiques ? ... Lesquelles sont les plus efficientes et les moins dangereuses ?» ...etc.
Dans ces domaines, les affirmations péremptoires restent plus nombreuses que les preuves véritablement scientifiques et chaque équipe défend ainsi passionnément son point de vue spécifique. Au cours de ces discussions «fondamentales», les aspects théoriques sont privilégiés et la pratique chirurgicale est négligée car moins auréolée de nimbes «scientifiques». Or, un bon scoliologue se doit être autant un chercheur inlassable quun artisan expérimenté, prouvant par une bonne et solide pratique la véracité de ses hypothèses.
Notre propos nest donc pas de rajouter une nouvelle théorie sur le traitement des scolioses mais dexposer les aspects pratiques de la nouvelle technique CD Horizon. Cet exposé volontairement centré sur laspect «mode demploi» ne prétend évidemment pas dépuiser le sujet ou de représenter la seule technique chirurgicale à utiliser. Il sagit simplement de décrire notre manière de faire et de proposer ainsi au lecteur une technique quil pourra comparer avec ses propres habitudes.Principes du planning préoperatoire
Même si ces principes ont déjà largement été exposés ailleurs, il nous semble bon de rappeler ici quelques éléments. Tout dabord, il faut définir le but de lacte chirurgical. Il est de rétablir léquilibre tridimensionnel de la colonne vertébrale. Cela se traduit en pratique par une réduction des courbures scoliotiques de telle manière que les courbures résiduelles séquilibrent harmonieusement et que le profil sagittal soit le plus proche possible du schéma «normal». Cela exclut bien évidemment lhypercorrection dune courbure qui entraînera un déséquilibre final ou une correction dans un seul plan, parfaite sur la radiographie de face mais qui laisse persister un déséquilibre sagittal. On ne répète jamais assez la valeur de lanalyse clinique qui est souvent plus efficace pour apprécier limportance du déséquilibre 3D que lest une radiographie de face et de profil.
Obtenir une correction totale sur une radiographie de face, telle que le permet quelquefois une distraction pure, nest pas souhaitable car le plus souvent cela se fait au dépens de léquilibre sagittal. De plus, lacte chirurgical sadresse non pas à des corps vertébraux normaux quil faut réaligner mais à des corps eux-mêmes déformés par la torsion scoliotique. Létude anatomique de spécimens scoliotiques nous apprend entre autres que la ligne vertébrale antérieure est denviron un tiers plus longue que la ligne vertébrale postérieure. On imagine donc aisément la traction énorme qui sexercerait sur la moëlle épinière au cours dune tentative de correction totale.Extension du montage
On se reportera aux principes de la technique CD mais certains points de détails doivent être soulignés.
Limite supérieure
Lerreur fréquemment commise est de méconnaître une scoliose double thoracique en négligeant le caractère structurel de la courbure thoracique supérieure (fig. 1 a, b, c). Les clichés dynamiques en inflexion latérale (bending) permettent de prévoir lextension supérieure du montage. On mesurera langle formé par le plateau inférieur de la vertèbre limite supérieure et le plateau supérieur de D1 en inclinaison convexe corrigeant la courbure supérieure (fig. 1 b). Ceci nous permet dapprécier son potentiel de réductibilité. On mesurera de même langle formé par le plateau inférieur de la vertèbre apicale de la courbure principale et le plateau supérieur de la vertèbre limite supérieure de la courbure principale. Cette mesure se fera également en inclinaison convexe de correction (fig. 1 c).
Figure 1a
Figure 1b
Figure 1c
Or, pour que léquilibre des épaules soit satisfaisant, il faut que la différence de ces deux valeurs ne dépasse pas 17°. Cette règle empirique sest avérée satisfaisante dans notre expérience. Si, en revanche, la courbure supérieure savère être raide, nous utilisons alors un montage séquentiel comportant trois tiges, une première tige concave corrigeant dabord la courbure principale, une deuxième tige convexe corrigeant par rotation la concavité de la courbure supérieure et une troisième tige courte du côté convexe de la courbure supérieure reliée à la première tige par un tube de connexion (fig. 2 a, b, c, d).
Figure 2a
Figure 2b
Figure 2c
Figure 2d
La limite supérieure de linstrumentation comportera systématiquement une pince de chaque côté afin daugmenter la stabilité de lensemble. Cette pince sera composée dun crochet pédiculaire et dun crochet lombaire utilisé comme crochet transversaire si la limite supérieure ne dépasse pas D4 ou alors dun crochet supralaminaire à lame décalée utilisé comme appui supralaminaire au-dessus de D4. Cette forme de pince est particulièrement solide et préférable à la pince classique pédiculo-transversaire car au-dessus de D4 la direction très antéro-postérieure et la petite taille des apophyses transverses diminuent leurs qualités mécaniques. En revanche, la mise en place de ces crochets supralaminaires devrait seffectuer en dernier car elle suppose une ouverture du canal médullaire à un niveau où se trouvent souvent de volumineux plexus veineux épiduraux qui peuvent provoquer un saignement fort gênant pour le bon déroulement de lintervention.
Limite inférieure
Beaucoup dencre a coulé concernant cette fameuse limite inférieure. Cela concerne en particulier le cas des courbures doubles à prédominance thoracique. De nombreuses théories telle que celle de la vertébre stable de King existent. Leur valeur dans le domaine de la réduction 3D reste controversée. Cela démontre encore une fois quil est difficile détablir une règle générale dans le domaine de la scoliose et que chaque cas devrait être examiné selon son comportement spécifique. Nous nutilisons pas la règle de King car cette règle sadressait à une correction par distraction pure. En revanche, la translation curviligne décrite par la colonne vertébrale au cours de la manoeuvre de «dérotation», ne permet plus dappliquer cette règle. Ce mouvement transversal très puissant dépasse les possibilités de correction par simple distraction dans le cas des scolioses idiopathiques habituelles. Limportance de la réduction de la courbure thoracique peut dépasser la réductibilité de la courbure lombaire. Dans ce cas- la translation initiale qui en résulte se corrigera ultérieurement par une accentuation de la courbure lombaire (phénomène connu sous le nom de «décompensation»). Les cas où le montage pourra donc être limité à la seule courbure thoracique doivent être soigneusement étudiés. Cette étude incluera laspect de profil à la recherche dune cyphose jonctionelle. Celle-ci peut parfois résulter dune correction par ailleurs satisfaisante dune courbure thoracique et demandera donc par la suite une surveillance attentive compte tenu du risque de décompensation (fig. 3 a, b, c, d, e, f).
figure 3a
figure 3b
figure 3c
figure 3d
figure 3e
figure 3f
Si, en revanche la correction rétablit un équilibre satisfaisant à la fois frontal et sagittal, alors le résultat de cette fusion limitée peut être très bon et ce nest que très rarement quil peut être nécessaire dadjoindre un corset protecteur pour la courbure inférieure (fig. 4 a, b, c, d) pendant quelques mois. Souvent une légère décompensation initale se corrige en 4 à 5 semaines spontanément.
figure 4a
figure 4b
figure 4c
figure 4d
En tout cas la recherche effrénée dune limitation du montage afin déconomiser des segments «mobiles» ne doit en aucun cas se faire au détriment de léquilibre final. On sera toujours étonné des possibilités de compensation qui existent même après une fusion étendue si léquilibre vertébral a été rétabli (fig. 5 a, b, c). Dune manière générale le montage devra inclure toutes les vertèbres tournées dans le même sens et sétendre ainsi jusquà la vertèbre neutre. Le comportement de la dernière vertèbre du montage sera étudié sur des clichés en inclinaison latérale. On exigera lors de ces mouvements de chaque côté une bonne et ample ouverture de lespace discal sous-jacent afin de bâtir la fusion vertébrale au-dessus dun espace mobile équilibré.
figure 5a
figure 5b
figure 5c
Il est important de dépister une configuration anatomique que nous appellons la vertèbre «instable». Il sagit dune vertèbre cernée par des espaces discaux pincés en sens inverse (fig 6 a, b, c). Cette vertèbre sera instrumentée avec une pince dite «inversante» qui permettra dagir dans le sens dune réhorizontalisation du dernier espace fusionné. De plus, cette pince est très solide avec une action lordosante du côté de la tige réductrice ce qui est très favorable pour léquilibre sagittal. Nous préfèrerons cette pince au montage classique («un crochet souslamaire du côté de la tige réductrice») chaque fois que cela savère possible. Par ailleurs, il nous semble préférable déviter de terminer un montage sur la vertébre D12 car le comportement des niveaux mobiles sousjacents peut quelquefois être défavorable. Ce comportement nous semble être dû à la configuration anatomique particulière de cette jonction D12-L1 sans que nous puissions avancer un argument plus formel. Lors dune fusion dune seule courbure thoracique avec une courbure lombaire structurale de faible amplitude nous recommandons pour cette raison dutiliser un montage à pince inversante et lordosante convexe.
figure 6a
figure 6b
figure 6c
Voie dabord et installation générale
Lutilisation dune traction peropératoire nous semble faciliter lacte opératoire. En effet, lapplication dune traction pendant la phase de dépériostage permet non seulement de stabiliser la colonne vertébrale pendant ce temps opératoire mais surtout dassouplir le rachis en profitant de son comportment viscoélastique. De même, la mise en place des crochets et lintroduction des tiges est largement facilitée par cette traction peropératoire. Néanmoins, il est très important de relâcher cette traction au moment de la rotation de la tige correctrice sous peine de pérénniser un aplatissement des courbures sagittales provoqué par cette traction longitudinale («effet Harrington»). Dans certains cas, il est préférable dutiliser une traction très modérée afin de laisser persister une courbure frontale plus importante pendant la première phase de lintervention. Cela permet un cintrage plus accentué avec une meilleure correction de la lordose thoracique. En général, la traction ne dépassera pas 25% du poids corporel ce qui dans notre expérience na jamais provoqué de troubles neurologiques. Elle est appliquée par lintermédiaire dun collier occipito-mentonier bien feutré dans les scolioses idiopathiques ou par un halo dans les scolioses neuromusculaires. Lutilisation dun halo est par ailleurs indiqué chez des sujets qui présentent un cou court afin de faciliter le travail de lanesthésiste. Linstallation en décubitus ventral sur une table de traction (table de Cotrel) doit être très soigneuse. La paroi abdominale doit être parfaitement dégagée pour éviter toute compression. Celle-ci risque de provoquer un saignement veineux fort gênant par compression de la veine cave. Les zones dappui seront protégées par des matelas de silicone en sinspirant de la disposition des appuis du cadre de Hall. On évitera une hyperabduction des bras qui peut entraîner un étirement plexique. Les membres inférieurs sont dans la majorité des cas installés dans lalignement du tronc afin de préserver la lordose lombaire. On peut même préférer une installation en extension des hanches afin de faciliter la correction dune hypolordose ou cyphose lombaire.
Lincision cutanée sera rectiligne. Elle peut être prolongée vers le bas en cas de fusion jusquà L2 ou L3 afin de prélever la greffe cortico-spongieuse iliaque par voie sous-cutanée pour éviter un deuxième abord au niveau de la crête iliaque.
La préparation des arc postérieurs sera soigneuse en excisant tous les tissus fibreux qui les recouvrent. Dans un premier temps, nous utilisons uniquement la rugine de Cobb afin de préserver la qualité ostéogénique du périoste et de limiter les pertes sanguines par une dissection souspériostée méticuleuse. Lexcision des capsules articulaires se fera souvent au bistouri éléctrique, de même que le dégagement des apophyses transverses. En fin de préparation, lensemble de larc postérieur doit être parfaitement dépouillé de tout tissu fibreux dune apophyse transverse à lautre car la qualité de la fusion et donc la qualité du résultat final à long terme en dépend.Implantation des crochets généralités
La stratégie dimplantation des crochets est la même que celle de la technique CD classique. On utilisera deux crochets en configuration de distraction du côté concave thoracique afin dobtenir un effet cyphosant lors de la rotation de la tige cintrée.
La limite inférieure du montage
Comme cela a déjà été dit plus haut, il est bon dutiliser à chaque fois que cela savère possible une configuration appellée «pince inversante». Cette fixation très solide comporte du côté de la tige correctrice un crochet souslamaire inférieur et un crochet suslamaire afin dexercer lors de la rotation un effet lordosant. Cela permet de lutter contre une cyphose jonctionelle sous le montage (fig 7 a, b, c, d).
figure 7a
figure 7b
figure 7c
figure 7d
Limplantation du crochet sous-lamaire est très facile. Il suffit de décoller le ligament jaune sous la lame à laide de la rugine sous-lamaire. Dans certains cas, essentiellement au niveau lombaire, la lame peut être très verticale ce qui risque de faire déraper le crochet lamaire ordinaire. Il est préférable dans ce cas dutiliser un crochet à lame oblique.
Du côté opposé, on utilisera au niveau du dernier espace instrumenté deux crochets qui seront implantés «tête bêche», lun sera sus-lamaire, lautre sous-lamaire au niveau du même espace. En raison du décalage des lames vertébrales, il peut savérer nécessaire dutiliser un crochet à corps allongé pour que les deux crochets salignent plus facilement. On peut également désépaissir la lame susjacente à la pince gouge pour obtenir un meilleur alignement des crochets. En ce qui concerne la résection lamaire, celle-ci doit être généreuse pour permettre une manipulation aisée de ces crochets lors de lintroduction de la tige.
Associé à la pince lordosante de lautre côté, cette configuration «tête bêche» permet de réhorizontaliser le plus possible le dernier espace.Les crochets suslamaires
Limplantation dun crochet suslamaire doit être réalisée avec beaucoup de précautions en raison de louverture canalaire que cela impose. On commencera dabord avec lexcision de larticulaire concernée, tout simplement pour pouvoir réaliser ce geste à canal médullaire fermé. De plus, surtout du côté concave au niveau thoracique, ce geste réalisé avec un ciseau de Capener permet dexposer plus largement le ligament jaune et de faciliter ainsi son excision. On résèquera ensuite, parcimonieusement pour ne pas affaiblir la résistance de larc postérieur, la portion de lépineuse supérieure qui surplombe lespace intervertébral. Lexcision du ligament jaune peut être réalisée entièrement au bistouri avec évidemment un risque de brèche dure-mèrienne. Il est plus aisé dutiliser une pince gouge pour ouvrir lespace péridural au niveau de la ligne médiane. La protection de la graisse péridurale à ce niveau permet de réaliser ce geste généralement en toute sécurité. Ensuite, on introduira une petite spatule «décolle dure-mère» pour vérifier labsence dacollement du fourreau dural. Protégé par cette spatule, on incisera le ligament jaune suffisamment pour pouvoir ensuite introduire une pince de Kerrison qui achèvera lexcision du ligament jaune. On continuera par exciser le rebord supérieur de la lame, juste ce quil faut pour avoir un appui régulier rectangulaire. Il est bon de continuer cette excision le plus latéralement possible en raison du dessin du crochet. Lespace ainsi libéré doit correspondre au minimum à la largeur de la lame du crochet. Au besoin on sélargira aux dépens de la lame susjacente. Obtenir ainsi une ouverture large est rassurant en cas de blessure accidentelle dune veine épidurale : le saignement peut ainsi sévacuer librement hors du canal ce qui permet déviter la constitution dun hématome compressif. En revanche, une ouverture trop généreuse laissera trop de jeu au crochet tant quil ne sera pas solidarisé à la tige. Cela peut savérer gênant et même potentiellement dangereux obligeant à contrôler étroitement ce crochet avec un porte-crochet pendant les étapes suivantes de lintervention. De plus, une excision trop généreuse des lames risque daffaiblir leur résistance mécanique.
Lintroduction du crochet suslamaire doit se faire sans aucune manoeuvre de force. Le mouvement peut être comparé à une clé qui tourne dans une serrure : Le crochet est présenté avec sa lame perpendiculaire à lespace concerné, lextrêmité de la lame se trouvant au niveau du rebord supérieur de la lame inférieure. Le geste fondamental est une légère rotation qui amène la lame du crochet sous le rebord lamaire.
Dans certains cas, la déformation de la gouttière vertébrale peut être telle quil est malaisé dutiliser un porte-crochet. Il est alors plus aisé dutiliser une pince de Halsted ou tout autre instrument similaire pour manipuler le crochet. De plus, cela diminue automatiquement le risque de voir lopérateur appliquer une force excessive lors de ce geste. Cela est particulièrement vrai lors de lutilisation de crochets suslamaires au niveau thoracique haut.Les crochets pédiculaires
Limplantation de ces crochets nécessite dans un premier temps lexcision du rebord inférieur de larticulaire inférieure. Il faut avoir bien repéré le changement de courbure du rebord lamaire inférieur qui signale le bord interne de larticulaire. Avec un ciseau à os de taille 8 ou 10, on pratique dabord une coupe longitudinale le long du bord interne sur quelques millimètres puis une autre coupe parallèle à laxe transversal du corps vertébral. Cette coupe doit être franche pour sectionner complètement larticulaire sous peine daboutir à une implantation intralamaire du crochet. Mais dautre part leffort doit être bien contrôlé afin de ne pas sectionner larticulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente. Par ailleurs, il est à noter quil faut être économe dans la résection osseuse, en particulier dans les appuis dorsaux hauts, en raison de leffort en arrachement qui sexercera sur les crochets à ce niveau. Le trajet de la lame du crochet sera préparé avec la rugine pédiculaire qui doit glisser sans contrainte dans lespace articulaire. Autrement, on aboutira à une fausse route intralamaire. On identifiera cet instrument avec soin car pour un opérateur inexpérimenté, il est très facile de confondre rugine pédiculaire et pousse-tige, instrument nettement plus volumineux qui risque dentrer en contact avec le fourreau dural. Ensuite, on introduira le crochet pédiculaire qui peut être manipulé avec le porte-vis. On présente le crochet légèrement incliné par rapport à lespace articulaire pour le faire pénétrer. Puis on laissera le crochet se redresser et pénétrer dans lespace articulaire qui est sensiblement parallèle à linclinaison générale du corps vertébral. Cela doit se faire sans effort pour ne pas risquer de casser larticulaire inférieure. Si lespace articulaire est très serré, il faut utiliser un porte-crochet avec un pousse-crochet pour impacter le crochet sur le pédicule avec quelques coups de marteau. Quelquefois il peut être difficile, dimplanter un crochet pédiculaire dans la région dorsale haute en raison dune saillie de la base de la transverse juste sous lespace articulaire concerné : quelques coups de pince gouge ou de ciseau de Capener lèveront cet obstacle en sachant quil faut là aussi être économe dans la résection osseuse pour ne pas perdre complètement le bénéfice stabilisant de cette butée qui sappuie sur le dos du crochet. Quel crochet faut-il choisir comme crochet supralaminaire ? Le choix dépend du rôle qui sera ultérieurement confié à ce crochet. Le crochet supralaminaire thoracique inférieur du dispositif thoracique en distraction exercera une forte traction en arrière sur son segment rachidien. Il est donc préférable de choisir un crochet laminaire à large lame. En revanche, tout crochet qui sera poussé vers le canal au moment de la rotation de la tige (p. ex. le crochet supralaminaire dun dispositif lombaire en compression) devra être un crochet thoracique car la géométrie de la gorge du crochet soppose à sa pénétration intracanalaire.
La limite supérieure du montage
Pour des raisons de stabilité nous préférons terminer le montage avec une pince supérieure bilatérale. Jusquà T4 nous utilisons une pince pédiculo-lamaire sur la même vertèbre. La préparation de lemplacement du crochet transversaire (qui est en fait un crochet lombaire à large lame) se fera à laide de la rugine sous-lamaire qui sera glissée sous la transverse concerné. Ce geste peut-être réalisé à laveuglette à condition davoir bien repéré la base de la transverse et de sassurer par une traction quon est bien sous la transverse. Au-delà, nous préférons une pince pédiculo-lamaire plus solide réalisée sur deux vertèbres adjacentes. Les crochets suslamaires thoraciques droits et gauches sadaptent parfaitement aux dispositions anatomiques particulières de cette région. Lors de louverture du ligament jaune, il faut particulièrement veiller à ne pas blesser les réseaux veineux épiduraux qui sont particulièrement volumineux à ces niveaux. Pour cette raison, il est souvent préférable de terminer limplantation des crochets avec ces crochets afin de ne pas être incommodé par une hémorragie souvent abondante.
Excision des articulaires et greffe
Le temps opératoire suivant est celui de lexcision des articulaires, geste fondamental car il faut toujours se souvenir que le but est dobtenir une fusion solide, garant dun rachis indolore. Au niveau thoracique, le ciseau de Capener attaquera au niveau du changement de courbure du rebord lamaire inférieur avec une coupe curviligne dirigée vers la base de la transverse. Tous les résidus capsulaires seront soigneusement excisés. Puis des copeaux dos spongieux seront appliqués sur les surfaces articulaires avivées. Cela a entre autre pour effet de diminuer le saignement provoqué par lavivement des articulaires. Au niveau lombaire, les surfaces articulaires seront excisées par une coupe en V au ciseau à os de taille 10 ou avec une pince gouge. Au niveau apical lombaire, la résection articulaire peut être totale.
Cintrage de la tige
Ce geste est fondamental. Il doit être guidé par le profil vertébral quon veut obtenir. Il est tout à fait erroné de vouloir se conformer uniquement à la courbure frontale dans le but de faciliter lintroduction de la tige. Le geste fondamental dans la réduction reste pour nous la manoeuvre de rotation. Elle est le garant dune correction harmonieuse agissant sur le rachis dans son ensemble : ce geste répond pour nous à la fois aux exigences de sécurité (absence totale de distraction nocive) et defficacité dans le but de rétablir un équilibre vertébral harmonieux (cette notion ne se traduit pas uniquement et entièrement dans la variation de langle de Cobb). Il faut lors du cintrage repérer constamment laxe de la tige (par exemple avec un anneau en C) pour ne pas gauchir la tige. Compte tenu dune légère diminution de la résistance de la tige (environ 15%) par rapport à la tige du CD classique, il sera nécessaire daccentuer un peu plus le cintrage par rapport aux habitudes prises par rapport au système classique car lors de la rotation une légère perte de cintrage surviendra en fonction de la raideur de la courbure. Cette perte de cintrage reste néanmoins aussi un facteur de sécurité contre toute correction excessive et ses risques neurologiques inhérents.
Introduction de la tige concave
Cette introduction est largement facilitée par louverture postérieure des crochets ce qui permet de changer de stratégie et commencer lintroduction de la tige au niveau qui semble le plus approprié à la séquence de correction. Les crochets extrêmes peuvent être utilisés en tant que crochets fermés ce qui les stabilise un peu lors de la manipulation de la tige ou comme crochets ouverts si les conditions anatomiques locales lexigent. Lintroduction de la tige concave fait partie des manoeuvres de correction qui se composent dune traction initiale améliorant lalignement global du rachis, puis la mise en place de la tige ce qui correspond à une réduction séquentielle du rachis qui sera amené sur la tige puis finalement la rotation qui harmonisera le résultat. Faut-il immobiliser les crochets pendant cette manoeuvre avec des porte-implants ? Cela augmenterait sensiblement lencombrement du champ opératoire et finirait par rendre les manoeuvres dintroduction très malaisées. Dans notre expérience, il faut avant tout insister sur le fait quil faut manipuler la tige avec une grande douceur évitant tout mouvement brusque risquant de heurter un crochet intracanalaire. Dans la technique standard, lintroduction de la tige commencera au niveau thoracique supérieur. La tige pénètre dabord la gorge du crochet pédiculaire puis elle glisse dans le crochet complémentaire de la pince supérieure. Il nest pas nécessaire de tenir ce crochet avec un porte-implant. Il suffit tout simplement de le diriger avec une petite pince ce qui a pour avantage de ne pas bloquer la position de ce crochet lui permettant de sadapter à la poussée de la tige ce qui facilite sa pénétration. ll est bon de contrôler la position du crochet pédiculaire supérieur avec un porte implant pour éviter que ce crochet ne perde son appui pédiculaire et menace le fourreau dural lors dun mouvement latéral de la tige. Cest pourquoi lutilisation systématique dune pince pédiculo-transversaire ou pédiculo-lamaire à ce niveau protège largement dune telle translation médiale du crochet pédiculaire supérieur. Ensuite ce porte-implant sera confié à un aide qui contrôlera ce crochet pédiculaire pendant toute lintervention surtout au moment de la rotation de la tige. Les vis autocassantes de blocage seront légèrement serrées afin dimmobiliser les deux crochets de la pince supérieure sur la tige. Ensuite, on procèdera à lintroduction de la tige dans les crochets les plus distaux. Lors de cette manoeuvre, on évitera tout appui intempestif sur les crochets intermédiaires. On essayera si possible dintroduire progressivement de proche en proche la tige dans les crochets intermédiaires ou si cela savère impossible de positionner la tige de telle manière que lintroduction ultérieure dans les crochets ne soit pas gênée. A cette fin, il est très utile de solidariser les crochets intermédiaires et la tige à laide dun porte-implant qui chevauchera la tige avant de saisir le crochet. Ainsi on sassure que lintroduction ultérieure de la tige peut se faire sans obstacle. Létape suivante est la mise en place des bouchons de blocage. La qualité de cette mise en place conditionnera ultérieurement la solidité du montage car tout blocage insuffisant se traduira par une micromobilité de la tige qui en additionnant tous les crochets défectueux risque de diminuer la stabilité du montage. Lintroducteur de base est le «translateur». Dans un premier temps le porte-implant du translateur sera aligné avec le bord latéral du crochet (fig. 8 a). Une fois le crochet solidement pris par le porte-implant du translateur, le translateur sera fixé sur le porte-implant (fig. 8 b) après avoir posé lextrêmité du translateur sur la tige. Lanneau de blocage sera légèrment descendu afin de ne pas trop gèner le mouvement de translation. Ensuite, on ramenera la tige ; puis on la poussera lentement au fond de la gorge du crochet en vissant le poussoir central sur la tige (fig. 8 c). Cette manoeuvre permet dintroduire la tige complètement au fond du crochet. Le bouchon sera ensuite tout simplement introduit dans le crochet par lintermédiaire du canal central du translateur. Cela se fait très aisément sans quun contrôle visuel soit nécessaire.
figure 8a
figure 8b
figure 8c
figure 8d
On effectuera ensuite un quart de tour en arrière afin que le bouchon soit bien centré sur le pas de vis ; puis on vissera le bouchon sur la tige avec le nombre de tours nécessaires pour avoir une prise solide laissant une petite mobilité pour la rotation (fig. 8 d). Cette manoeuvre est très simple et relativement rapide. En revanche, la poussée de cet instrument est insuffisante quand il sagit de ramener la tige dans un crochet relativement éloigné ou ancré dans une zone très rigide. On utilisera alors le guide bouchon quadripode (fig. 9 a) avec ses introducteurs de tige. Cet instrument très puissant permet en outre de pallier à certains défauts de cintrage de tige en particulier lors de lutilisation de vis pédiculaires qui nont pas le pouvoir dadaptation des crochets. Les mors du guide bouchon prennent appui sur le crochet (fig. 9 b) et lanneau de fixation sera serré jusquà ce que les deux repères de serrage coïncident. Ensuite les introducteurs de tige seront glissés sur les anneaux du guide bouchon et lentement vissés sur la tige (fig. 9 c). On veillera à poser ces introducteurs le plus près possible des mors du guide bouchon. Avec les deux introducteurs, on pourra alors exercer une importante poussée qui peut être parfaitement ajustée pour que la tige se trouve très exactement au fond du crochet. Cette manoeuvre réalise en fait une forte traction sur limplant pour lamener à la tige ce qui provoque une correction segmentaire de la déformation. Cela realisé, lintroduction du bouchon se fera comme dans le cas du translateur (fig. 9 d).
figure 9a
figure 9b
figure 9c
figure 9d
On recommande vivement lutilisation de ces deux instruments ancillaires fondamentaux car le vissage direct après manipulation avec un porte-implant peut être trompeur par une fausse sensation de serrage alors que la tige est encore loin du fond du crochet. De plus, on risque dintroduire le bouchon obliquement dans le pas de vis du crochet ce qui bloque très rapidement sa progression sans que la tige elle-même ne soit bloquée.
Rotation de la tige
La rotation est précédée dune mise en charge des crochets. La mise en place danneau en C permet de sassurer dune légère poussée en distraction (au niveau thoracique) ou en compression (au niveau lombaire) lors de la rotation. Cela permet de sassurer de la bonne tenue des crochets qui ont tendance à séloigner de leurs points dappui lors de cette manoeuvre. De plus, cela permet daméliorer lefficacité de la rotation. Ces anneaux en C sont avantageusement remplacés au niveau thoracique par une pince décartement spéciale qui permet un contrôle encore plus précis de leffet de distraction et qui est dune mise en place très facile. Au niveau lombaire leffet de compression peut être exercé autour de lapex par une pince de rapprochement classique mais qui doit être contrôlé par un aide. Enfin, lors de la mise en place des anneaux en C on se souviendra du sens de la rotation pour ne pas se retrouver après cette manoeuvre avec des vis de serrage se trouvant dans une position difficilement accessible sous la tige. On noubliera jamais de relâcher toute traction longitudinale lors de cette manoeuvre. La rotation elle-même sera réalisée avec deux fortes pinces-étau «porte-tige» par petits à-coups, en revenant de temps à autre en arrière. Cette rotation très progressive utilise au mieux leffet de viscoélasticité dans la réduction de la déformation. Le rétablissement progressif dun meilleur équilibre sagittal sexprime dailleurs dans notre expérience par une amélioration constante des potentiels évoqués sensitifs au décours de la rotation (fig. 10 a,b,c,d).
figure 10a
figure 10b
figure 10c
figure 10d
Il faut dailleurs noter que ces potentiels ont pu saltérer dans une certaine mesure au cours de la mise en place des crochets (encombrement) et de lintroduction de la tige (correction segmentaire). Cet effet bénéfique peut être interprété comme un autre argument en faveur du caractère «physiologique» de cette manoeuvre de correction. Laide maintiendra plus spécialement deux crochets au cours de cette manoeuvre : le crochet pédiculaire de la pince pédiculo-transversaire (ou lamaire) supérieure (risque de décrochage avec rotation intracanalaire de la lame du crochet) et le crochet terminal inférieur qui sera le plus souvent souslamaire (risque de dérapage postérieur). Lors de la rotation, on observera plus particulièrement le crochet thoracique supralamaire inférieur qui exerce une très forte traction sur la lame. Cette traction sallie à la dérotation qui pousse ce crochet contre la lame opposée. Cest à ce niveau là quune fissure risque dapparaître, signe avant-coureur dune rupture de la lame vertébrale. Une fois la rotation effectuée, on serre très fortement les bouchons de blocage pour stabiliser la correction obtenue. Lorsque les bouchons sont en bonne position et correctement serrés, on ne doit plus y voir le moindre filet hors des berges du crochet. Lancrage des crochets sera vérifié, en particulier la lame de ce crochet supralamaire thoracique inférieur qui peut se déchausser partiellement de son appui. On resserrera les pinces vertébrales supérieures et les crochets apicaux lombaires. Quen est-il du cintrage in situ ? Dans notre expérience, il peut être utile dans la région lombaire lorsque, après toutes ces manoeuvres de correction, la lordose reste insuffisante. Alors une accentuation du cintrage par une manoeuvre in situ peut être réalisée pour parfaire la correction. Cette manoeuvre comprend au niveau lombaire un risque essentiellement mécanique avec arrachage du crochet infralamaire inférieur lors dun cintrage trop poussé ; le risque neurologique est moindre car cette manoeuvre nentraîne en principe aucune mise en tension du fourreau dural. En revanche, au niveau thoracique, le risque neurologique est important, de même que le risque mécanique. En conséquence, ce geste ne nous paraît pas être recommandable de manière systématique au niveau thoracique.
Introduction de la tige controlatérale
Cette tige a pour but daugmenter la stabilité du montage. Lamélioration de la correction par un cintrage moins important de la région thoracique afin dagir sur la saillie convexe de la courbure est très modérée. En ce qui concerne lintroduction de la tige, aucune particularité nest à noter par rapport au côté opposé. On remarquera néanmoins encore une fois les avantages dune tige lisse par rapport à la tige classique «en pointe de diamants» : la progression est nettement plus facile par la diminution de la friction. De même, lintroduction est largement facilitée par louverture et la fermeture postérieure directe de tous les implants.
Mise en charge des crochets
La mise en charge des crochets a pour seul but dassurer un ancrage solide des crochets. Son rôle dans la correction de la déformation doit toujours rester mineur. Il faut surtout se garder dutiliser une trop forte distraction.
Mise en place des DTT
Les Dispositifs de Traction transversale (DTT) sont employés avant tout dans le sens dune distraction entre les deux tiges. Cette distraction améliore la tenue mécanique des crochets lamaires en les calant le plus latéralement possible sous les lames. Néanmoins, il faut se garder dune trop forte distraction qui risque de provoquer un dérapage latéral des crochets pédiculaires. La mise en place des DTT du CD Horizon est nettement plus facile et rapide que des DTT classiques. En fonction de la longueur du montage 2 ou 3 DTT seront utilisés. Pour couper la barre dunion à la bonne longueur, on placera provisoirement le DTT sur la tige opposée et lon marquera le niveau de coupe avec une petite pince coupante. La coupe finale sera réalisée avec les deux bloqueurs placés sur la barre pour éviter que lécrasement de la barre lors de sa section ne rende cette mise en place du deuxième bloqueur impossible. La mise en charge du DTT peut se faire avec une pince décartement.
On peut également utiliser une autre forme de DTT avec plusieurs modèles de taille différente prédéterminée. Ce DTT ne demande plus dajustement et de réglage. La mise en tension adéquate se fera en utilisant une pince décartement entre les tiges pour permettre limplantation du DTT de taille adaptée.Serrage final et rupture des vis autocassantes
Ce geste est réalisé avec le tournevis rupteur, le crochet étant imobilisé avec le contre-couple tenu par laide. Cela permet déviter une sollicitation excessive du crochet lors de cette manoeuvre. Quelquefois la mise en place du contre-couple est impossible en raison de la proximité dun DTT. Pour cette raison, il est souvent préférable de casser le bouchon de serrage avant la mise en place des DTT. Si nécessaire les bouchons peuvent toujours être enlevés pour permettre une modification du montage. Néanmoins après cette modification, il est très important de changer ce bouchon contre une nouvelle vis autocassante pour assurer un serrage suffisant. En ce qui concerne le problème dune révision du montage, il faut se souvenir que le CD Horizon permet certes très facilement de réaliser ce geste lors dune révision précoce. En revanche, une modification tardive par exemple motivée par une extension du montage se heurtera toujours, comme dans le CD classique, à la présence de la masse de fusion osseuse qui englobera les tiges et les crochets.
Avivement complémentaire
Toute surface osseuse accessible sera avivée. Ce geste est fondamental. Au lieu de réséquer les apophyses épineuses, il sera plus utile de réaliser une décortication au ciseau de Capener, ce qui a pour effet daugmenter la surface de fusion. De plus, labsence de résection des épineuses conservera un galbe meilleur pour la région thoracique et particulier en éloignant ainsi le matériel de la région souscutanée.
Fermeture
La fermeture de la voie dabord sera fait avec des points séparés sur les masses musculaires pour permettre lévacuation du sang. Un drainage souscutané sera utilisé surtout sil y eu un décollement souscutané pour la prise de greffons iliaques : Le drain sera non aspiratif pendant 24 heures pour diminuer les pertes sanguines puis aspiratif pendant quelques jours. La fermeture cutanée sera faite avec un surjet intradermique. Un pansement légèrement compressif sera appliqué.
Suites postopératoires
La verticalisation sera rapide : en général au 3ème jour postopératoire. Une kinésithérapie respiratoire sera entreprise très rapidement et poursuivie jusquà la récupération de létat préopératoire. De même, le patient apprendra à contrôler sa posture érigée devant un miroir afin de faire sa rééducation proprioceptive. Il est à noter que presque tous les patients ont la sensation «dêtre de travers» en postopératoire. Ils ont donc tendance à vouloir retrouver leur position préopératoire. Des postures devant un miroir sont donc très utiles pour que le patient puisse sadapter à cette nouvelle position dans lespace. On peut ainsi observer un rééquilibrage clinique qui peut pour certains patients durer plusieurs semaines.
Conclusions
Cette description peut donner limpression quil sagit dun acte chirurgical très complexe. En fait, la technique est relativement simple et surtout a été simplifiée par rapport au CD «classique». Ceux qui ont eu loccasion dutiliser ce système se souviennent certainement des difficultés multiples : faire coïncider les ouvertures des crochets transversaires et pédiculaires au niveau des pinces vertébrales supérieures, faire avancer la tige à pointe de diamant, lencombrement du matériel chez les patients maigres (surtout dans les indications neuromusculaires) (fig. 11 a, b, c, d), réintervenir pour une modification ou une extension du montage etc.
figure 11a
figure 11b
figure 11c
figure 11d
Tout cela a été largement simplifié dans la technique CD Horizon. En particulier, le profil réduit du matériel diminue très nettement la gêne provoquée par le matériel et augmente la stabilité du montage par un contact plus direct avec larc vertébral postérieur. Limpression initiale que la diminution de 15% de la résistance de la tige aurait des conséquences fâcheuses sur son pouvoir de réduction ne sest pas confirmée dans notre expérience. Une autre caractéristique essentielle est que le matériel ancillaire dintroduction des bouchons autocassants de fermeture permet un serrage sûr et facile du système. Enfin, si ce système peut être très facilement utilisé par un chirurgien scoliologue expérimenté, il faut néanmoins recommander une certaine prudence aux chirurgiens qui nopèrent que très exceptionnellement des déformations scoliotiques de ladolescent. Dans ce cas, il est très utile dassister à quelques interventions ou de se faire aider dans un premier temps par un collègue habitué à ce matériel dostéosynthèse.