OLLIER : le père de la chirurgie ostéo-articulaire et réparatrice (1830-1900)

L.P. Fischer *, M.H. Fessy *, J. Bejui *, H. Chavane *,
P. Papin *, J.C. Chatelet ** , G. Eyraud ***

* Lyon - ** Ambérieu - *** Roussillon

Un des pères pionniers de la chirurgie ostéo-articulaire, Ollier mérite le nom de "Père Fondateur de la Chirurgie Osseuse et Articulaire" car il consacra sa vie chirurgicale uniquement à la chirurgie de l'appareil locomoteur, des articulations, des membres en particulier, après ses études expérimentales sur le périoste, et à la chirurgie réparatrice des parties molles de la face, et créa même un type de greffes cutanées. Le premier, il revendiqua le bien-fondé d'une spécialisation de chirurgie osseuse ; en particulier il le répéta solennellement dans le discours du congrès français de chirurgie en 1867. Il est considéré par les spécialistes de médecine expérimentale comme le "père de la chirurgie expérimentale".


Ollier naît aux Vans (Ardèche), famille originaire de Malzieu en Lozère (nom primitif avec un seul L, au départ Olier de Verneuil) fils et petit-fils de médecin, se passionna d'abord pour la botanique à Montpellier. Pendant ses études de médecine à la célèbre Faculté, il fut nommé préparateur et chargé d'une partie du cours de botanique dans le célèbre jardin de la Faculté de Montpellier (1849). Peut-être considéra-t-il, avec beaucoup d'attention, l'écorce de certains arbres, avant de rêver au périoste...

Nommé Premier au cours de l'internat des hôpitaux de Lyon en 1851, il revint à Montpellier pour sa thèse ("Recherches anatomo-pathologiques sur la structure intime des tumeurs cancéreuses aux diverses périodes de leur développement") et eut pendant son internat lyonnais l'influence d'Amédée Bonnet (déjà "spécialisé" à 95% en chirurgie osseuse), Chirurgien Major de l'Hôtel-Dieu qui logeait, d'après le réglement, dans l'Hôtel-Dieu.
Nommé lui-même Chirurgien Major de l'Hôtel-Dieu de Lyon en 1860, Ollier succéda au point de vue scientifique dans la discipline osseuse à Amédée Bonnet qui venait de mourir, presque subitement le 1er décembre 1858, à 56 ans. Amédée Bonnet s'était passionné pour les affections articulaires, les plaies opératoires ou accidentelles suivies de complications redoutables : septicémie, érésipèle, gangrène gazeuse, etc...
Bonnet utilisait les caustiques (fer rouge, potasse ...) le redressement et l'immobilisation et réalisa des progrès considérables en regard des amputations alors souvent suivies de mort. L'idéal de la conservation des articulations devait être non pas l'ankylose mais la guérison et pour se rapprocher de cet idéal, les résections articulaires paraissaient déjà souhaitables à Amédée Bonnet.

Bien avant Ollier, Flourens, 1847, après Duhamel (1739 à 1743) avait cru fonder une chirurgie nouvelle par ses recherches sur les propriétés ostéogéniques du périoste. Ollier se souvint de l'aphorisme de Claude Bernard, à savoir que la médecine scientifique ne peut se constituer que par voie expérimentale. Il eut recours à l'expérimentation qui dirigea toute sa vie. Dans ses premières expériences à la ferme de ses parents aux Vans, dans l'Ardèche, il disséqua un lambeau de périoste sur un os long de lapin ou de coq, et l'enroula autour des muscles de la région ; il prit un lambeau de périoste du tibia d'un lapin et le transplanta sur la peau du front. Il refit ces deux expériences de départ de nombreuses fois dans le laboratoire de Chauveau (Ecole Vétérinaire de Lyon) et observa une ossification.
Dès 1858, Ollier voua sa vie à ces problèmes d'ossification par différents éléments de l'os puis par l'os entier. Il démontra peu à peu la nécessité de la conservation intégrale de la gaine capsulo-périostée, des tendons, des ligaments et des muscles pour obtenir la reformation d'articulation. Il étudia également l'accroissement des os en général, les lois de l'accroissement des os longs des membres ; l'influence de l'irritation des parties de l'os ; les greffes osseuses par le périoste, par le périoste et sa couche ostéogène, par la moelle osseuse et par l'os entier.

Si Ollier eut immédiatement des détracteurs (en particulier des concurrents comme Sédillot, Desgranges...), il eut des soutiens dans les personnes de Velpeau et surtout de Verneuil dont il resta toujours l'ami et qui le premier à Beaujon pratiqua en 1860 une résection sous capsulo-périostée du coude d'après les données expérimentales de Ollier.
Le traité de 1867 "Traité expérimental et clinique de la régénération des os et de la production artificielle du tissu osseux" 2 vol., in 8, avec 9 planches sur cuivre et 45 figures intercalées dans le texte, édité par V. Masson 1867, eut le grand prix de chirurgie avec la générosité de Napoléon III (prix partagé avec Sédillot son contradicteur avec son "Traité de l'évidement des os").
Par la suite, Ollier devint un personnage de première place non seulement à Lyon, mais aussi à Paris, et en Europe, en particulier à Berlin et Edinbourg avec son "Traité des Résections" (1867 à 1891).

Fiche Signalitique

Ollier (Louis Xavier Edouard Léopold) - Né aux Vans (Ardèche) le 2 décembre 1830 - décédé à Lyon le 25 novembre 1900.
Père et grand-père médecins - études médicales à Montpellier.
Major du concours de l'internat des Hôpitaux de Lyon en 1851 et élève d'Amédée Bonnet (décédé en 1858).
Thèse à Montpelllier en 1856.
Chirurgien Major de l'Hôtel-Dieu après le concours de 1860.
Les chirurgiens majors étaient alors nommés pour une première période expectant avant de devenir chirurgien major proprement dit. Après une activité de 18 ans, il devait normalement abandonner l'hôpital pour avoir une pratique en ville.
Pour Ollier, la chance fut la transformation de l'Ecole de médecine de Lyon en Faculté de médecine et il devint alors professeur de clinique de chirurgie, ce qui explique qu'il continua son activité dans son service de chirurgie osseuse à l'Hôtel-Dieu jusqu'à sa mort en 1900 puisque les professeurs, à l'époque, allaient précisément au moins jusqu'à 70 ans.

Un de ses élèves, Eugène Vincent, a divisé la vie scientifique d'Ollier en trois périodes :
- la première du doctorat au "Traité de la régénération des os" (travail en 2 volumes sur les expérimentations sur les animaux selon l'esprit et la méthode de Claude Bernard) de 1856 à 1867
- la deuxième du "Traité de la régénération des os" au "Traité des résections" de 1867 à 1891
- la troisième du "Traité des résections" à sa mort, de 1891 au 25/11/1900.
Ollier peut être à la fois considéré comme le père de la chirurgie expérimentale et le créateur de la chirurgie ostéo-articulaire, celle que nous nommons aujourd'hui en France "Chirurgie Orthopédique et Traumatologique", qu'il désignait souvent du terme de "Chirurgie Réparatrice et Conservatrice de l'Appareil Locomoteur", en s'intéressant également beaucoup aux tissus mous et même à la peau (greffe cutanée d'Ollier).
Un seul fils tué, hélas, en 1914 dans le Sud de l'Alsace au début de la guerre ; les descendants actuels viennent d'une de ses filles ; tombeau au cimetière de Lyon-Loyasse.

Ollier et le rôle
du périoste et de la couche sous-périostée

Dans l'histoire des résections des articulations, en général pour suppuration (et aux membres supérieurs pour certaines ankyloses), Ollier apporta la notion de l'utilité des résections sous capsulo-périostées en gardant la continuité du périoste détaché à la rugine avec la couche ostéogène sous-périostée et la capsule.

- Il prouva de 1850 à 1868 le rôle du périoste et de sa couche sous-périostée osseuse ostéogène permettant des résections sous-périostées ou sous-capsulo-périostées dans un but vital dans des arthrites articulaires graves, qui alors entraînaient la mort, ou l'amputation pour éviter la mort. Quant à "l'invention" de telles opérations réussies qui maintenaient au membre supérieur des articulations "valables", des articulations posant des problèmes difficiles au membre inférieur, il indiqua toujours la primauté des Moreau (père et fils de Bar-le-duc) et de Flourens.
Mais plus que ses prédécesseurs, il alla très loin dans la compréhension du périoste grâce aux séries d'expérimentation méthodiques animales, selon l'esprit de Claude Bernard de 1850 à 1868.
Ces recherches animales pratiquées sur le poulet, le pigeon, le rat, le lapin, le chat, le chien, lui permirent d'étendre les résections des extrémités supérieures aux parties diaphysaires et aux zones costales, etc...Méthodiquement, il tenait à avoir chaque fois l'âge, le poids, l'espèce de l'animal.
Dans les diaphyses de l'animal, l'os néoformé à partir du périoste incisé puis "en quelque sorte décortiqué par la rugine" ne ressemble en rien à l'os habituel. Ces expériences aboutissent aux deux tomes du "Traité de régénération osseuse chez l'animal".
Il faut souligner que pour soulever les copeaux osseux adhérents au périoste, Ollier inventa sa rugine, et toute une série d'instruments : écarteur, davier, etc...
Les attaques qu'Ollier eut à subir dans les années 1864-1868 montrent bien que la plupart des chirurgiens et des scientifiques ne croyaient pas à ce rôle ostéoformateur du périoste. Quand il le prouva en amenant à des congrès non seulement des communications mais aussi de magnifiques planches en bois sur lesquelles étaient plaquées, par de petits cercles de cuivre, les préparations osseuses, beaucoup lui objectèrent qu'il s'agissait d'animaux et non pas de l'homme.



Figure 1 :
Exemple des premières expériences d'Ollier, celles qui ont été faites en partie dans la basse-cour familiale aux Vans (Ardèche). En haut : os hétérotopique obtenu par la transplantation d'un lambeau de périoste pris sur le tibia (poulet).
En bas : grains osseux obtenus par la transplantation des éléments dissociés de la couche ostéogène du périoste (mis sous la peau de lapin).


Figure 2 :
Titre du tome II de 1872 du Traité expérimental et clinique de la régénération des os et de la production artificielle du tissu osseux par L. Ollier, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Lyon. Ce livre en 2 volumes précède bien sur le fameux Traité des résections en 3 volumes.
- La deuxième partie de la vie chirurgicale d'Ollier, entre 1864 et 1875, fut réellement consacrée à appliquer strictement les résections osseuses sous-périostées à la rugine spéciale et les résections articulaires sous capsulo-périostées chez l'homme.
Au personnage serein et honnête qu'était Ollier, on opposa alors Langenbeck, célèbre chirurgien allemand, qui avait fait un nombre incroyable de résections sous-périostées mais qui n'avait pas les mêmes résultats que Ollier. Langenbeck déplorait des articulations ballantes du membre supérieur après résection sous-périostée.
En fait, Langenbeck n'appliquait pas la méthode d'Ollier : il se contentait de décoller le périoste sans détacher la fine couche osseuse sous-périostée qu'avait découvert véritablement Ollier. Cette deuxième phase de la vie d'Ollier aboutit au "Traité des résections" en trois volumes.

- Dans la troisième partie de sa vie chirurgicale, en particulier de 1890 à 1900, Ollier s'appliqua à bien définir ses indications de résections. La méthode antiseptique de Lister était née véritablement à partir de 1875, appuyée sur les idées de Pasteur. D'autre part, les idées nouvelles d'asepsie s'appliquaient déjà, y compris dans le service d'Ollier à Lyon. En même temps qu'à Paris, Terrillon, Felix Terrier appliquaient les idées d'Emile Roux, élève de Pasteur, à Lyon Poncet et Ollier pratiquaient à l'Hôtel-Dieu l'asepsie, s'appuyant sur les conseils de Mérieux élève également de Pasteur.
Ollier devint beaucoup plus économe d'indications de résections articulaires, estimant que les résections devaient être réservées aux cas extrêmes menaçant la vie et en tout cas devant être plus rares aux membres inférieurs, en particulier aux genoux. Toutes les fois qu'il était possible, les ponctions devaient suffire en particulier chez le jeune. En cas de résection de nécessité absolue chez le jeune au niveau du genou, il s'agissait de respecter si possible les cartilages de croissance avec des résections encore plus économiques (loi d'Ollier : les épiphyses fertiles près du genou, loin du coude).
Ollier savait bien en revoyant ses centaines d'opérés que les résections bien exécutées donnaient de très bons résultats au niveau du coude, avec un coude fonctionnel, des résultats acceptables quand bien faites au niveau de l'épaule. Par contre, au niveau du genou, il était préférable d'obtenir un genou ankylosé plutôt qu'un genou qui avait tendance à se disloquer après la résection. Au niveau de la hanche, tout en respectant la capsule et le périoste voisin, il insistait sur la nécessité, dans les premiers temps, de maintenir une abduction en force du fémur vers le cotyle.



Figure 3 :
Une partie des instruments inventés par Ollier : ici sont reproduits le détache-tendon convexe le plus usuel ; le détache-tendon concave ; et le détache-tendon convexe à surface dorsale. Ollier insistait beaucoup également sur les divers instruments pour décoller le périoste avec des copeaux osseux : tout ceci fut amélioré de manière géniale ensuite par Robert Judet.


Figures 4 & 4 bis :
Mme Be... Marie, photographie et radiographie de mars 1896 d'une résection du poignet réalisée 10 ans auparavant ; radiographie avec tube Destot pose 3 minutes. Mars 1896.

Ollier
et l'asepsie

A partir de 1875 surtout, Ollier s'appliqua à bien observer les résultats des méthodes de Lister et d'autres méthodes antiseptiques qu'il cherchait à perfectionner créant par exemple à un moment "le pansement occlusif sous verre" pour les plaies du membre supérieur. Il faut souligner qu'avant les idées de lister et les pulvérisations de liquide phéniqué, il avait revendiqué des locaux propres, plus aérés... et même des chambres individuelles pour les malades et ceci dès 1865, et répété dans des discours officiels lors des congrès, devant l'administration de Lyon !
A Lyon, les premières vraies mesures d'asepsie furent prises à l'Hôtel-Dieu par Antonin Poncet et Ollier.
Il est curieux de noter après coup, qu'en juin 1894, lors de l'assassinat de Sadi Carnot rue de la République à Lyon, par un poignard dans la région hépatique, le cocher et les 6 chevaux de la calèche ramenèrent le Président de la République à la Préfecture, que les Professeurs Ollier et Poncet, appelés par le maire de la ville, le Docteur Gailleton, soignèrent le Président sur le canapé d'un grand salon de 21 h à 0h15, avec tamponnements de la veine porte, alors que Poncet avait à l'Hôtel-Dieu une salle d'opération avec tous les moyens modernes d'asepsie où normalement le Président aurait dû être amené.

Ollier et les greffes
La traumatologie

Dans les vingt dernières années de sa vie, Ollier créa les greffes cutanées en longues lanières qui portent son nom ; greffes que perfectionna Thieze. Il étudia également les greffes osseuses compactes : autogreffes, homogreffes, allogreffes venant d'un autre animal. Il met en doute le succès constant des allogreffes.
En traumatologie, il fit beaucoup moins de publications : ses élèves pendant sa vie publièrent sur différents types de fractures. Quant à lui, il utilisait des poinçons vissés dans l'os dans certaines fractures obliques pour les inclure ensuite dans le plâtre. Il pratiqua quelques synthèses avec une vis ou des broches. Il s'appliqua surtout au traitement de certaines ankyloses du membre supérieur, en particulier du coude après fracture et à des ostéotomies ou ostéoclasies pour cal vicieux.

Ollier
et l'organisation
de son service de
l'Hôtel-Dieu à Lyon : Chirurgie osseuse

Il faut insister sur son service de l'Hôtel-Dieu qui était celui du chirurgien traditionnel major de l'Hôtel-Dieu (concours spécifique qui était la plus grande manifestation chirurgicale intéressant les Lyonnais) : il devint rapidement un service de chirurgie osseuse à 90% et réservé d'ailleurs aux adultes (puisque l'Hôpital de la Charité, voisin, était réservé, lui, aux femmes et aux enfants). Il soignait cependant aussi beaucoup d'enfants.
Ollier, au début de son activité, opère quelques affections abdominales mais rapidement dans son service (qui n'est jamais appelé orthopédique, le terme étant alors réservé aux bandagistes ou à des médecins redresseurs de rachis), il n'y eut qu'une chirurgie de l'appareil locomoteur essentiellement articulaire à 80% et réparatrice (greffes cutanées, opérations de chirurgie plastique : rhinophyma, hypospade, etc...)

Il eut des élèves immensément dévoués et leurs noms devraient être davantage connus : le fidèle Viennois qui lui tint lieu de secrétaire perpétuel, Mondan, Eugène Vincent, et bien d'autres. Toutes les parutions de chirurgie osseuse devaient être traduites pour le chef de service qui se contentait, lui, de lire celles en anglais et voulait obtenir en français celles écrites en allemand, espagnol, italien, russe.
Les dossiers sont pour nous, à l'heure de l'informatique, un exemple avec toute leur iconographie : dessins, aquarelles, photographies de la plupart des patients à partir de 1860, un questionnaire périodique (rédigé à la main en l'absence de photocopieuse...) et pièces osseuses des opérés récupérées à leur décès 5, 10, 20 ans plus tard par les assistants qui allaient au besoin à cheval ou en calèche, récupérer l'articulation du genou ou du coude dans un village de Haute Ardèche ou de Savoie... Ces pièces et cette iconographie contituaient le Musée Ollier du vivant d'Ollier. C'était la mode des musées, il suffit de parler en Angleterre des musées Monroë à Edinbourg, Hunter à Londres et à Paris par exemple du musée Péan, après bien sûr pour la première moitié du XIXème siècle le musée Dupuytren.
Ollier se désignait comme chirurgien, chirurgien ostéo-articulaire ou pratiquant la chirurgie réparatrice. Il suivait ainsi l'exemple d'Amédée Bonnet (mort en 1848) qui pratiqua presque uniquement de la chirurgie osseuse avec des appareils de redressement. Le terme d'Orthopédie était même avec Jules Guérin et ses ténotomies, considéré souvent comme péjoratif.
Ce terme d'orthopédie en France, jusqu'en 1860 du moins, paraissait réservé aux "non-chirurgiens" : non seulement dans le sens de bandagistes, fabricants de corsets, de sabots pour pied bot, etc... mais également de directeur de maison de redressement puisque c'était la mode de redresser les jeunes filles (dans ces gibbosités, on mélangeait aussi bien le mal de Pott et les scolioses ...). Le terme pourtant d'orthopédie avait plu énormément aux pays anglo-saxons : la création du terme et le livre de 1741 étaient dûs à un grand-père de 83 ans, le Lyonnais Nicolas Andry, Professeur en Médecine au Collège Royal, ancien Doyen de la Faculté de Paris (célèbre pour ses études sur les vers, surnommé "le Docteur Vermineux"). Le livre "L'orthopédie ou l'art de prévenir et de corriger les difformités du corps dans les enfants (sic). Le tout par des moyens à la portée des pères et mères et toutes les personnes qui ont des enfants à élever".



Figure 5 :
La scie à volant d'Ollier ; scie mécanique qui fut reproduite dans le livret du congrès de la Sofcot par Mr Postel, l'année où il fut Président de la Sofcot.


Figure 6 :
Schéma de G. Mondan, un des élèves les plus brillants d'Ollier qui travaillait toujours en silence à l'ombre du Maître et en ayant exceptionnellement son nom inscrit sur les publications : l'incision arciforme avec ou non le relèvement du grand trochanter (schéma de 1880).
A Lyon au XIXème siècle, l'institut orthopédique et pneumatique (sur l'actuel quai Jean-Jacques Rousseau) était dirigé par le célèbre Docteur Pravaz de Lyon, ancien polytechnicien, médecin orthopédiste qui obtint grâce à ses chariots et appareils d'extension des réductions de luxation de hanche. A Lyon également au XIXème siècle, le père du célèbre architecte Hector Guimard (art nouveau) était orthopédiste avenue de Saxe...
En 1860, de Saint-Germain, chirurgien des Enfants Malades, dans son livre de "Chirurgie Orthopédique", réserve ce terme pour la chirurgie ostéo-articulaire de l'enfant, tout en regrettant beaucoup que le terme orthopédique ait été galvaudé mais quant à lui, il ne veut le réserver, d'après l'étymologie, principalement aux enfants et d'ailleurs en gardant un peu son sens d'éducation. (pédie : pour St Germain, serait mieux dans le sens éducation, comme dans Encyclopédie, plutôt que dans le sens enfant comme dans pédiatrie).
Ce ne sera précisément qu'après la mort d'Ollier, en 1914, que Calot, chirurgien à Berck (entre autres charges), créa le terme de "Chirurgie Orthopédique de Guerre" avec un livre fameux où il applique les recettes chirurgicales conservatrices de drainage des articulations d'enfants pour les blessés de guerre. Par la suite, même si la Société de Chirurgie Orthopédique fut créée avec Kirmisson par des chirurgiens d'enfants, on parla résolument de chirurgie orthopédique adulte et de chirurgie orthopédique infantile (maintenant pédiatrique)...

Ollier et les
greffes osseuses

La greffe osseuse proprement dite, transplantation à distance d'un os ou d'un fragment d'os, à l'époque d'Ollier, n'avait pas donné en chirurgie humaine les résultats obtenus par les expériences sur les animaux.
Ollier peut établir que les greffes autoplastiques (sur le même
sujet) et homoplastiques (entre 2 hommes) sont durables ; mais les greffes hétéroplastiques se montrent éphémères à l'époque antérieure à l'antisepsie et sont rejetées chez l'homme.
Ollier, vers 1885, voulut refaire des expériences sur des greffes hétéroplastiques afin de se rendre compte de l'influence de l'asepsie sur leur résultat, l'asepsie ayant été introduite à l'Hôtel-Dieu de Lyon par Poncet et Ollier sous l'influence de Mérieux, élève de Pasteur. Ollier établit que les transplantations entre mammifères et oiseaux (lapin ou du chat au poulet) ont échoué. Au contraire, quelques transplantations de poulet au lapin ont réussi. La greffe réussit mieux d'un animal donné (poulet) à un animal supérieur (lapin ou chat) que du supérieur à un inférieur. Entre mammifères, en greffant des os de lapin sur le chat, on obtient une adhérence solide du lambeau osseux mais souvent le transplant n'est qu'un soutien temporaire destiné à disparaître.
Rien ne permet d'espérer une greffe définitive et stable chez l'homme, conclut-il même en choisissant "un animal très rapproché de lui, le singe par exemple". Les chevilles d'os mort ou vivant sont utilisées dans le traitement de pseudarthrose chez l'homme, en particulier 6 pseudarthroses de tibia par des chevilles d'os frais pris sur le lapin, le veau, le mouton et l'homme en même temps que l'utilisation de clou métallique et de clou en ivoire. Toujours les transplants osseux se résorbent : le seul avantage observé par Ollier est celui de réveiller les propriétés ostéogéniques des tissus voisins.
En conclusion, Ollier écrit : "c'est surtout dans les greffes inter-humaines, c'est-à-dire autoplastiques et homoplastiques, que nous trouvons le moyen de réparer certains déficits osseux. La transplantation inter-animale hétéroplastique ne donne que des greffes incomplètes et temporaires."

Ollier
et les greffes
cutanées

Ollier s'intéressa à plusieurs problèmes de chirurgie plastique : nous pouvons citer quelques publications :
- "des sutures métalliques de leur utilité et de leur supériorité sur les sutures ordinaires" 1862, gazette hebdomadaire et thèse de Muguet, Montpelllier 1862
- "de la rhinoplastie : procédés divers pour restaurer le nez" Bulletin de la Société de Chirurgie, 1862
- "de l'éléphantiasis du nez et de son traitement par décortication de cet organe" Académie de Médecine 16/8/1876
- "de la réfection de la lèvre inférieure par le pont sucio-ilien avec ilodarrhée pour empêcher le lambeau de se retirer progressivement au dessous du menton" Lavis, thèse Lyon 1883.



Figure 9 :
En haut : nerf radial comprimé dans un cal et dégagé par une opération chirurgicale. En bas : rhinoplastie périostique : à droite le nez est détruit par un lupus ; à gauche résultat de l'opération. (Photographie d'après un moule en plâtre).

Mais il faut surtout retenir le nom d'Ollier dans les greffes autoplastiques avec transplantation de lambeau comprenant toute l'épaisseur du derme et destiné à recouvrir de larges surfaces granulées ou cruentées "ces greffes que j'ai fait connaître dès 1872 dans 2 communications à l'Académie des Sciences et à l'Académie de Médecine diffèrent complètement des greffes épidermiques de Reverdin. Celles-ci n'avaient pour but que d'accélérer la cicatrisation de la plaie en créant des centres d'épidermisation ; les miennes ont pour résultat de recouvrir la plaie d'une véritable peau qui reste souple et stable et changent complètement par cela même les processus cicatriciels. Je taille dans ce but sur la peau saine du même sujet ou même sur les membres sains, amputés pour traumatisme, des lambeaux larges et carrés, de la dimension de 8, 12 et 15 cm2 et je les applique sur une plaie récente ou une plaie déjà granuleuse. Autrefois, avant la méthode antiseptique, je n'avais réussi qu'exceptionnellement par le premier procédé et je ne recommandais que le second. Mais aujourd'hui, la question est changée et l'on fait prendre facilement les greffes autoplastiques sur des plaies récentes. Quelques chirurgiens venus après moi (Thiersch de Leipzig) ont même proposé de gratter les granulations, de les faire saigner, considérant le sang aseptique comme un moyen d'union plus efficace entre le transplant et son support. Pour moi, je ne vois pas d'avantage à cette modification.
J'ai constaté après 15 et 16 ans la persistance de la coloration, du volume et de l'épaisseur des lambeaux transplantés. Ils avaient conservé leurs poils... J'ai repris à la même époque (1873) les autoplasties par la méthode italienne (Tagliacozzi) qui fournit les lambeaux plus épais, plus stables et plus résistants, par conséquent aux pressions et aux frottements de ceux des greffes autoplastiques, malheureusement cette greffe par approche inflige au patient une immobilité prolongée, dans des attitudes parfois intolérables. Suivant les régions, on doit recourir à l'une ou l'autre méthode..."

Ollier
et les interventions chirurgicales

Ollier aimait passionnément la chirurgie, c'était sa vocation.
Eugène Vincent écrit "il était intéressant et magnifique lorsqu'il opérait ! il n'était, comme tout chirurgien de race, jamais plus beau qu'en face du danger".
"Impassible, maître de lui, il avait la décision aussi prompte qu'énergique et perspicace". "La génération présente (1900) ne l'a connu que sous le jour du Professeur solennel qui opère lentement, méthodiquement, pour la démonstration publique. Mais, lorsqu'il était chirurgien major (20 ans auparavant), il opérait avec une rapidité, une prestesse et une sûreté de main que peu de nous peuvent égaler. On n'a pas idée de son activité durant cette période de sa vie. Après avoir opéré toute une matinée à l'Hôtel Dieu, il courait opérer encore dans une maison de santé ou dans un hôtel de la ville. Il semblait avoir le don d'ubiquité, lorsqu'il menait presque de front plusieurs opérations en des lieux différents. Aux soins d'une énorme clientèle... après avoir passé la journée à opérer ou à donner des consultations et avoir pris des repas sommaires à des heures quelconques, il passait souvent une partie de la nuit à lire, à écrire dans ce style clair et magistral qui ne trahit aucune fatigue..." (E. Vincent).

Ollier et
la chirurgie du pied

A partir de 1890 jusqu'à 1900, c'est-à-dire de 60 à 70 ans, les travaux de Ollier sur la chirurgie du pied se multiplient :
- valeur comparée de l'amputation et de diverses opérations conservatrices dans la tuberculose du tarse,
- les traitements consécutifs à l'ablation de l'astragale,
- résultats éloignés de l'astragalectomie chez les enfants,
- manuel des amputations du pied, préface pour le livre du Docteur Roux de Brignoles, Professeur à l'Ecole de Marseille, etc...



Figure 7 :
Mme BO... Augustine : ablation de l'astragale et de la plus grande partie de la face inférieure du tibia en 1889. Radiographie en mai 1897 : le pied repose sur sa face externe ; tube Destot pose 15 minutes.


Figure 8 :
Ollier : ostéosynthèse par 2 broches de fracture de l'extrémité inférieure du fémur 1896. Radiographie de mai 1896.
"Le pied se passe si facilement de l'astragale, dit Monsieur Ollier dans son petit aide mémoire sur les résections des membres, sa forme et ses fonctions se rétablissent si bien quand l'opération a été faite avec le soin désirable, qu'on ne doit pas hésiter à enlever cet os dans le cas de tumeur fongueuse à marche progressive avec fistule ou abcès."
Le professeur Ollier se garde toutefois de tomber dans une proscription aveugle de l'astragale et il est contre sa suppression systématique dans la cure des pieds bots congénitaux, qui se pratiquait beaucoup à Lyon.
Robert Judet, venant à Lyon chez mon Maître Georges de Mourgues, m'a raconté plusieurs fois avoir passé de longs moments dans la lecture de l'odyssée d'Homère, mais de plus longues méditations encore avec l'oeuvre écrite d'Ollier, sur la préoccupation d'Ollier de recherche du mouvement d'une articulation infectée...

Ollier,
père de la chirurgie
expérimentale

Le doyen René Mornex, médecin des Hôpitaux de Lyon écrit : "la chirurgie expérimentale obéit aux règles essentielles édictées par Claude Bernard pour la médecine scientifique dite médecine expérimentale : partir de l'observation clinique, imaginer et réaliser des expériences, c'est-à-dire créer des situations nouvelles, parfois réductionnistes, dont on maîtrise les paramètres pour les faire varier à volonté et observer les conséquences de ces modifications.
Enfin, surtout l'objectif final poursuivi doit être l'établissement des lois, résolvant l'énigme biologique abordée et dans la mesure du possible, débouchant sur des applications cliniques, en terme de compréhension d'une maladie, d'élaboration d'un outil d'exploration, enfin et surtout de solutions thérapeutiques.
Lorsque cette activité intellectuelle part d'un problème chirurgical, engage des modèles animaux opératoires et aboutit à des techniques chirurgicales, il s'agit réellement de la chirurgie expérimentale, c'est-à-dire de la recherche en chirurgie."
R. Mornex écrit également : "l'oeuvre d'Ollier s'est accomplie dans la deuxième moitié du XIXè siècle, peu après la publication du traité princeps de Claude Bernard dont l'enseignement l'a indiscutablement marqué. Il a commencé selon l'histoire, son activité opératoire sur des animaux de la ferme familiale. C'est dans le laboratoire de l'Ecole vétérinaire de Lyon, dirigée par Chauveau, qu'a débuté réellement l'expérimentation qu'il poursuivra jusqu'à la fin de sa carrière, avec une continuité thématique et un scrupule expérimental en tout point remarquable. Lorsqu'il commence son travail, Duhamel, Flourens, avaient déjà montré le rôle du périoste dans la formation du tissu osseux, mais en dehors de quelques précurseurs dont Velpeau, aucune application systématique n'en avait été faite à l'homme...



Figure 10 : Le Professeur L. Ollier en 1895.

"Ollier mène une large expérimentation veillant à tenir compte du choix de l'animal, de son âge, des conditions de survie. Il multiplie les interventions et prend en considération l'os contro-latéral comme témoin. Il décompose méticuleusement le phénomène et démontre que c'est la couche sous-périostée qui est ostéoformatrice et qu'en la préservant, on laisse la possibilité de reconstruction, non seulement de pièce osseuse mais aussi d'articulation "(R. Mornex).
..."Entré en fonction comme chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon, je fus amené à verifier sur l'homme les faits que j'avais étudié chez les animaux..." (Ollier). A ce titre, Ollier est le premier à appliquer pleinement l'esprit de la médecine expérimentale, c'est-à-dire le transfert à la clinique des résultats, ce que Claude Bernard, faute de moyen d'exercice, n'avait pu faire.
"Ainsi Ollier, en 40 ans, réalise 827 résections articulaires, recueille plus de 1000 dossiers admirablement détaillés, comme il est encore possible de le vérifier actuellement (Musée d'Histoire de la Médecine à Lyon). Il s'intéresse non seulement à l'acte opératoire, mais aussi au suivi du malade, à très longs termes parfois, mettant en jeu les procédés les plus modernes pour l'époque, photographie, et surtout grâce à la collaboration de Destot radiographie à partir de 1896. Ses élèves sillonnent la compagne pour récupérer les pièces anatomiques dans la collection impressionnante et toujours visible à Lyon" (Mornex).
Mornex, dans son histoire de la chirurgie expérimentale (1986) donne trois exemples pour expliquer ce qu'est la vraie chirurgie expérimentale :
- Olllier qu'il qualifie de "Père de la chirurgie expérimentale"
- Cushing de Baltimore, collaborateur de Halsted et en parallèle Kocher de Berne
- Alexis Carrel, chirurgien et novateur dans la chirurgie vasculaire et cardiaque.
(Sci Techn. Anim. Lab. 1987 - Volume 12 - N* 2, 103-108)
Monsieur le Doyen Mornex, homme d'immense culture, a souvent parlé avec admiration d'Ollier et aurait aimé obtenir des P.T.T. l'émission d'un ou plusieurs timbres sur Ollier et son oeuvre. 1994 correspond au centenaire de l'assassinat de Sadi Carnot à Lyon ; Ollier et Poncet, entre d'autres, furent immédiatement mandés, impuissants devant les blessures des veines hépatiques. 2000 sera le centenaire de la mort d'Ollier...

Sur Ollier
et les congrès
internationaux
<<Le traité des résections>>

Dans la revue médicale de la Suisse romande de 1885, Auguste Reverdin (de Genève) dans "Voyage chirurgical à Copenhague et en Allemagne" établit une relation du Congrès International de Chirurgie de Copenhague. Sa déception est grande de ne pas entendre Lister parler de la forme actuelle de son pansement antiseptique, ni Paul Bert parler du traitement à l'eau oxygénée, mais écoute avec intérêt Mikulicz de Cracovie soutenir l'iodoforme et tenter de se blanchir de l'accusation d'empoisonneur qu'on lui lance si souvent. Il déclare que le clou de la journée est la statistique de Schede avec l'utilisation du sublimé par le vieil hôpital encombré de Hambourg avec par exemple sur 74 fractures compliquées opérées, 69 guérisons et 5 morts seulement.
Reverdin considère le Professeur Sayre de New-York dans une séance pratique destinée à suspendre des patients auxquels il va placer ses fameux corsets plâtrés : "Ce grand et gros homme fortement charpenté, le front bas, nez aquilin, lèvres minces, bref le type d'un homme fort et énergique, installe son grand trépied composé de 3 perches réunies à leur sommet, destiné à suspendre les patients ..."
Après les confrères en gynécologie (Hegar, Koeberle...), le Professeur Ollier de Lyon retient son attention. "Le prof. Ollier de Lyon a parlé" de l'arthrotomie et de la résection dans les ostéoarthrites fongueuses (tuberculeuses) ; il a donné le résultat de son expérience et combattu en faveur de l'arthrotomie ; il estime qu'on a été trop loin dans la voie des résections chez les enfants et qu'on a conservé de la sorte des membres pour ainsi dire inutiles par le fait que l'arrêt de développement imputable à la résection était fatalement trop considérable (en touchant les cartilages de croissance). Sans vouloir jeter la pierre à ceux que l'enthousiasme des succès fournis par la méthode antiseptique a poussé trop loin, il faut cependant connaître que les résections du membre inférieur, du genou en particulier, ne doivent pas être pratiquées sur de très jeunes sujets ; l'arthrotomie en pareil cas est plutôt indiquée à condition qu'elle soit faite de bonne heure, et qu'elle intéresse non seulement la synoviale malade mais aussi les surfaces cartilagineuses ou osseuses altérées.
"On peut évider, racler, nettoyer largement sans cependant en arriver à retrancher absolument, comme par la résection, les éléments d'accroissement des os en longueur, soit les cartilages de conjugaison. En pareil cas, en effet, la question se pose de savoir si le malade ne se serait pas mieux trouvé d'une amputation. Après les résections pour ostéoarthrites fongueuses, M. Ollier ne désire pas la réunion par première intention, il veut pouvoir modifier pendant la guérison les surfaces osseuses et les parties molles ; il combat la fongosité qui a tendance à renaître, soit avec le fer rouge, soit avec l'iodoforme ; en un mot, il arrive de la sorte à diriger le travail réparateur, à prévenir l'apparition des fongosités et à obtenir des guérisons stables...".
Le chirurgien de Lyon "a donc conclu à la supériorité des arthrotomies, des abrasions articulaires chez les enfants et à la supériorité des résections typiques chez l'adulte, surtout pour les articulations où l'on veut rétablir les mouvements."
En fait, en 1885, Ollier était victime de son succès et voyait sa méthode de résection capsulo-sous-périostée qu'il avait inventée, trop largement employée. A l'Hôtel-Dieu de Lyon, il avait obtenu en 1860 la direction d'un important service de chirurgie osseuse d'adultes. Cependant, il suivait avec attention les travaux de son élève Eugène Vincent, chirurgien major de l'Hôpital d'enfants voisin, l'hôpital de la Charité et avait donc nuancé ses indications.
A la date de 1885 de ce Congrès de Copenhague, en dehors de la traumatologie osseuse, la chirurgie ostéo-articulaire corrigeait les grandes attitudes vicieuses (soit par ostéoclasie, soit par ostéotomie), soit les ankyloses (et Ollier n'hésitait pas dans certaines ankyloses du membre supérieur à faire des résections pour établir une certaine mobilité), surtout les arthrites tuberculeuses dont certaines avaient à l'évidence un pronostic vital.
Dans ces arthrites tuberculeuses, l'attitude pouvait être timorée comme au début du XIXè siècle avec Amédée Bonnet et n'entraîner que des ponctions, des injections d'iodoforme... avec confection de gouttière pour empêcher les attitudes vicieuses. On n'hésitait pas, dans les cas où l'arthrite semblait devoir entraîner la mort, à pratiquer l'amputation. Ollier fut alors véritablement le promoteur de la chirurgie conservatrice en établissant une véritable méthode des résections des articulations.



Figure 12 & 12 bis :
Menu du repas anniversaire de la mort de Ollier avec 5 vins dont le Beaujolais Fleurie en carafe. A noter que Lyon fit de grandes manifestations en 1930 pour l'anniversaire de sa naissance avec de nombreuses thèses portant sur les différentes opérations et les présentations de malades en vie. Bientôt va arriver le centenaire de sa mort qui, je l'espère, donnera lieu à d'importants travaux scientifiques et manifestations.


Figure 11 :
La statue de Léopold Ollier sur la place Ollier, sur le quai du Rhône, enlevée par les Allemands pour fabriquer du matériel de guerre ; celle des Vans se dresse au bout d'une place sympathique près de platanes du Midi.