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![]() VOIE ANTÉRIEURE DE TYPE HUETER EN DÉCUBITUS LATÉRAL SUR TABLE CONVENTIONNELLE G. Wepierre Introduction Technique opératoire Installation Résultats Discussion Conclusion
Clinique La Ligne Bleue - EPINAL
Introduction Nous allons exposer la technique opératoire, nos résultats avant de discuter des avantages et inconvénients du concept.
Technique opératoire Le massif trochantérien et la crête iliaque doivent être largement exposés lors du champage.
Un sac stérile est mis en place en arrière protégeant le membre inférieur pendant le temps fémoral. L’opérateur est en avant.
L’incision de 8 à 10 cm est en projection du col sur une ligne allant de l’épine iliaque antéro-supérieure à deux travers de doigts sous le sommet du grand trochanter (Fig. 3). Après hémostase du tissu sous-cutané, l’aponévrose du tenseur du fascia lata est directement exposée. Elle est incisée 5 mm sous le fascia lata (Fig. 4). Le corps musculaire est libéré au mayo puis au doigt afin de le contourner et d’accéder directement à la région cervicale. Un écarteur cobra est placé à la base supérieure du col, sous le petit fessier. Un second écarteur sous trochantérien refoule en dehors le corps du tenseur fascia latae. L’aponévrose superficielle du droit antérieur est incisée puis refoulée en dedans. Le cadre de Charnley modifié est mis en place afin d’exposer le col et le droit antérieur.
Après incision prudente de l’aponévrose profonde, le pédicule circonflexe antérieur est exposé et ligaturé. Sous le moignon latéral du pédicule circonflexe, le tubercule d’insertion du vaste externe est identifié, repère essentiel de l’arthrotomie. Le membre est placé en légère rotation et flexion, sans contrainte pour exposer la face antérieure de la capsule qui est ruginée. Elle est incisée du tubercule du vaste externe à l’insertion du droit antérieur. Un débridement double est réalisé : tout d’abord à la base vers le petit trochanter, le long de la ligne inter trochantérienne antérieure puis vers le haut au bord supérieur du col vers la fossette digitale en respectant le tendon du petit fessier (Fig. 5).
Un cobra est alors placé entre la capsule apicale et le bourrelet. Un écarteur de Hohmann est positionné entre la capsule antérieure et le bourrelet antérieur. La tête fémorale est ainsi largement exposée. Le bourrelet antérieur est alors réséqué au bistouri froid. Le rétracteur cervical est mis en place sous le bord inférieur du col, membre inférieur en légère flexion et rotation externe, permettant la bonne exposition cervicale. Les repères planimétriques de longueur du membre inférieur sont transposés à partir de l’axe vertical du tubercule du vaste externe. Une première cervicotomie est réalisée à l’aide d’un ciseau droit, de la base du col au tubercule. Elle est incomplète afin d’éviter un saignement postérieur. La section du col est ensuite effectuée au moteur avec une lame longue, rigide et étroite, dans le plan du bord supérieur de la râpe préalablement pré-positionnée (Fig. 6). L’impaction du ciseau droit dans la cervicotomie permet par déflexion l’exposition de la tranche cervicale.
Après insertion d’un tire bouchon au centre de la tête dans l’os sous chondral, 3 à 4 rotations céphaliques sont réalisées afin d’avulser le ligament rond. Les franges synoviales postérieures sont réséquées au bistouri froid. La tête est extraite et un calibrage de celle-ci est réalisé. Le membre inférieur est repositionné sur ses appuis. Un clou de Steinmann, impacté verticalement au toit du cotyle, récline le bord antérieur du corps musculaire proximal du tenseur du fascia latae. L’écarteur de Charnley est placé à l’horizontale, réclinant son corps musculaire en distal. Le cotyle est alors exposé par deux écarteurs de Hohmann sur les cornes antérieures et postérieures. La table est abaissée. Le ligament transverse est préservé. Les ostéophytes marginaux, le bourrelet postérieur et le ligament rond sont réséqués. Une hémostase obturatrice est systématiquement réalisée. Un alésage progressif à 45° est effectué jusqu’à obtenir la stabilité de la fraise au fond du cotyle dans l’os sous-chondral. Il est facilité par l’utilisation de l’instrumentation verticale avec une poignée angulée elle aussi à 45° (Fig. 7). Cela permet la mise en pression polaire et garantit un bon positionnement sur la médiatrice du ligament transverse acétabulaire reproduisant ainsi l’antéversion du patient (Fig. 8). Un implant d’essai apprécie la qualité du press-fit avant l’implantation de la cupule définitive. Elle est implantée à l’aide du manche impacteur décalé sur la médiatrice du ligament transverse. Son repère de verticalité sécurise le bon positionnement à 45°. Une impaction complémentaire est réalisée pour mise à quai à l’aide d’une sphère PE. Après un lavage abondant, l’insert en céramique est positionné verticalement à l’aide de la ventouse au bord du cotyle (Fig. 9) puis impacté à l’aide de la sphère PE. Le cadre de Charnley, les écarteurs de Hohmann et le clou de Steinmann sont retirés. A cette étape de l’intervention, le monitorage de la curarisation est contrôlé avant le temps fémoral. La table est relevée. La préparation fémorale est double : cervicale puis diaphysaire. Comme pour toute voie de Hueter, l’exposition du col s’effectue par luxation du membre inférieur en extension, rotation externe, et adduction. En décubitus latéral, le membre inférieur positionné en arrière est stabilisé naturellement par son seul poids à 90° de rotation externe. L’instrumentation du fémur s’effectue de face et non de profil (Fig. 10). L’exposition est obtenue par deux écarteurs. Un cobra bifide non agressif est placé entre la capsule apicale et l’insertion du petit fessier. Un rétracteur cervical prend appui sur le petit trochanter.
Le membre inférieur luxé reste auto-stable sans aide. La cervico-plastie se réalise en 3 étapes : 1. La préparation cervico-trochantérienne est réalisée in situ à l’emporte-pièce décalé. L’os spongieux est préservé (Fig. 11). 2. Le canalisateur est introduit au contact de la corticale externe puis tourné à 120° avant descente et compaction du spongieux sur le calcar. L’aspirateur est descendu en butée. 3. Un starter est inséré en extension pour épargner la face antérieure du col. Une descente sur 30 mm permet le pré-positionnement de la première râpe. Préparation diaphysaire : La préparation fémorale est réalisée in situ, à l’aide des râpes à double offset avec repère d’antéversion. Pour chaque introduction puis retrait de râpe, l’aide imprime au membre inférieur 20° d’adduction et d’extension. La jambe est maintenue en rotation externe en position verticale à 90° lors de la descente des râpes (Fig. 12). La première râpe est descendue à la main facilement dans la métaphyse préparée, en valgisation optimale respectant un triangle d’os spongieux au niveau du calcar. Les râpes suivantes sont impactées au marteau jusqu’à obtenir une stabilité rotatoire.
L’impaction de la tige définitive s’effectue à l’aide du porte- implant spécifique (Fig. 13). Une tête d’essai est mise en place sur l’implant définitif et permet tout test de longueur et de stabilité dans les secteurs extrêmes de flexion / extension / rotations. Il est préférable d’effectuer l’essai sur l’implant plutôt que sur une dernière râpe dont le positionnement est parfois légèrement différent. La tête céramique choisie est alors mise en place sur le cône morse asséché puis impactée après une petite rotation de sécurité (Fig. 14).
Le cotyle est abondamment lavé puis la hanche réduite, le membre inférieur est repositionné sur ses deux appuis. L’observation d’un piston est habituelle mais peu fiable compte tenu de la curarisation du patient. Son absence en revanche témoigne d’un allongement. Après un lavage abondant, le cobra est repositionné extra articulaire permettant une fermeture spontanée de la capsule (Fig. 15). Le vaste lambeau antérieur comprenant le ligament de Bertin reprend sa place. Il est suturé à la capsule apicale en rotation indifférente. Sa remise en tension peut nécessiter une plastie en paletot lors d’une coxa magna. En l’absence de modification de longueur requise, la base de la capsule désinsérée retrouve la ligne inter trochantérienne. Un drain de Redon est mis en place 24 h devant la capsule.
La fermeture des plans superficiels s’effectue par deux surjets au Vicryl* 1 sur l’aponévrose fine du TFL de bas en haut et sur le derme profond de haut en bas, puis Agrafes ou Vicryl* rapide cutané (Fig. 16).
La marche débute dès le lendemain en appui complet immédiat. Elle s’effectue habituellement sans canne avant retour à domicile, au 5° jour compte tenu de bornes basses d’hospitalisation. 2 cannes anglaises sont conseillées pour tout déplacement extérieur pendant 10 jours, avant le port d’une simple canne opposée jusqu’à J 21. Une anticoagulation de 4 semaines reste systématique.
Il faut choisir le plus petit cotyle disponible, compte tenu de la préservation du plan capsulaire antérieur. La préparation fémorale in situ nécessite moins de contrainte d’exposition compte tenu des râpes à double offset mais il faut un monitorage de curarisation, c’est le temps délicat au début. La cervicoplastie doit être rigoureuse avant descente des premières râpes.
Un évidement latéral en jonction cervicotrochatérienne est essentiel, la canulation douce et complète de la diaphyse également. Un pivot plus petit que celui prévu en planimétrie doit faire évoquer une malposition en varus, une trop grande taille, une possible fausse route postérieure. Les lésions fémorales proximales, au début de notre expérience pour la plupart, témoignent d’une insuffisance de release capsulaire vers la fossette notamment en cas de col long en varus ou d’ostéoporose marquée. L’indication de Coxa vara, des cols courts et une ostéoporose supra physiologique doivent rendre vigilant. Une release capsulaire postérieure respectant le pyramidal peut dans certains cas être alors évoquée si le fémur reste trop profond. Le plan capsulaire antérieur a toujours été préservé. Cette série comporte 10 % de tige anatomique courte à courbure sagittale particulièrement adaptée à cet abord. - L’affranchissement de la table orthopédique offre une complète liberté du membre inférieur pendant toute l’intervention, l’absence de stress fixé et une possibilité de réaliser tous les tests de stabilité prothétique. - Le décubitus latéral permet une incision antérieure latéralisée et convertible à distance du risque fémoro-cutané, une arthrotomie apicale préservant le plan capsulaire antérieur et une préparation verticale du cotyle. Les râpes fémorales monobloc 3D à double off-set autorisent une instrumentation fémorale in situ. Il s’agit d’une technique fiable et reproductible après une raisonnable courbe d’apprentissage.
Maîtrise Orthopédique n°208 - novembre 2011
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